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AMON AMARTH – (27/08/26)

Depuis près de trois décennies, Amon Amarth fait résonner les légendes nordiques à travers un death metal mélodique aussi puissant que reconnaissable. Avec leur treizième album, The Allfather Awakens, les Suédois poursuivent leur exploration de la mythologie viking en plaçant cette fois Odin au cœur de leur univers. Entre riffs dévastateurs, mélodies épiques et quelques surprises, le groupe prouve qu’il a encore de quoi surprendre sans renier son identité.

À l’occasion de cette nouvelle sortie, nous avons échangé avec Johan Söderberg, guitariste du groupe depuis 1998. L’occasion de revenir sur une approche différente de l’enregistrement, leurs expérimentations acoustiques et cette signature sonore immédiatement identifiable. Mais aussi de parler de la scène, de ces milliers de fans qui rament en plein concert et de découvrir ce qui se cache derrière le Viking une fois les guitares rangées. Le tout dans une ambiance détendue, entre anecdotes, humour et quelques éclats de rire.

On va parler de votre nouvel album, The Allfather Awakens, qui sort bientôt. C’est votre treizième album et Amon Amarth existe depuis presque trois décennies maintenant. Quand vous avez terminé cet album, avez-vous eu le sentiment d’avoir créé quelque chose de nouveau, ou est-ce que terminer un album procure aujourd’hui une sensation complètement différente ?

Johan Söderberg (guitare) : Non, nous sommes vraiment super enthousiastes à propos de cet album, parce que nous pensons qu’il est vraiment bon. Ce n’est pas que nos précédents albums étaient mauvais, loin de là, mais nous avons le sentiment que c’est probablement l’un des meilleurs albums que nous ayons sortis ces dix dernières années. (rires) Oui, c’était vraiment une belle expérience.

Oui, il est bon ! Vous avez changé votre processus d’écriture pour cet album. Vous écriviez pendant les tournées, puis vous terminiez entièrement une chanson avant de passer à la suivante. Du point de vue d’un guitariste, qu’est-ce que cela a changé sur le plan créatif ?

Johan : Oui, il y a un petit malentendu. Ce que nous avons fait, c’est que nous avons traité chaque chanson comme si elle devait être un single. Nous écrivions plusieurs morceaux en même temps, mais nous voulions que tout le monde travaille sur chacun d’eux jusqu’à avoir vraiment le sentiment qu’il était impossible de les améliorer davantage. Ensuite, au moment de l’enregistrement, nous enregistrions une chanson entière à la fois. Nous terminions complètement un morceau avant de passer au suivant. Mais pendant l’écriture, nous travaillions bien sur plusieurs chansons simultanément.

D’accord. Et est-ce que cette manière de travailler vous a rendus plus obsessionnels sur certaines parties de guitare, ou pas vraiment ?

Johan : (rires) Ce qui est bien quand on enregistre entièrement une chanson en studio, c’est que personne n’a besoin d’attendre que toutes les batteries de tous les morceaux soient enregistrées, puis toutes les guitares. Tout le groupe est présent en studio pendant toute la durée de l’enregistrement. Chacun peut apporter ses idées créatives et enregistrer sa partie avant que nous passions au morceau suivant. Nous avons également fait quelque chose de différent sur cet album : nous avons enregistré la batterie en dernier. Cela nous donnait la possibilité, par exemple, si le chant proposait quelque chose de vraiment intéressant rythmiquement, de faire suivre ce rythme par la batterie et de souligner certains éléments du chant, plutôt que d’avoir une batterie plus statique. Dans un processus d’enregistrement classique, on commence généralement par la batterie, puis les guitares et la basse, et enfin le chant.

Et puisque vous avez traité chaque chanson comme un petit projet à part entière, avez-vous le sentiment que cet album possède davantage de personnalité d’un morceau à l’autre ?

Johan : Je ne dirais pas ça. Toutes les chansons ont aussi quelque chose en commun sur cet album : elles racontent toutes des histoires liées à Odin. Même si elles ne sont pas directement reliées entre elles, elles partagent toutes ce thème commun.

Vous avez enregistré cet album en deux sessions espacées de plusieurs mois. Lorsque vous êtes revenus pour la deuxième session, est-ce que vous entendiez les premiers morceaux différemment ?

Johan : Oui. C’était aussi une approche différente. Nous avions enregistré les six premiers morceaux et j’ai eu l’occasion de les écouter pendant une année entière. Cela nous a permis d’y revenir et d’apporter de petites modifications ici et là, si nous estimions que c’était nécessaire.


Amon Amarth possède une signature sonore à la guitare qu’on reconnaît en quelques secondes. Après autant d’albums, comment faites-vous pour écrire quelque chose qui sonne aussi immédiatement comme du Amon Amarth ?

Johan : Je pense que c’est simplement notre manière de sonner. C’est le son que nous produisons lorsque nous jouons ensemble, en tant que groupe. (rires) Et nous aimons ça. Nous voulons conserver cette identité. Dès que quelqu’un lance un album d’Amon Amarth, il doit pouvoir reconnaître que c’est Amon Amarth après seulement quelques secondes. C’est aussi pour cette raison que, lorsque nous avons annoncé l’album, nous avons décidé de sortir le morceau acoustique comme premier single, histoire de surprendre un peu les gens.

Et ça a fonctionné ! Qu’est-ce qui vous a donné envie d’intégrer un morceau acoustique à cet album ?

Johan : Nous en parlions depuis de nombreuses années. Nous voulions avoir une chanson acoustique que nous pourrions intégrer à nos concerts, pour qu’il se passe quelque chose de différent pendant le spectacle. Nous pourrions, par exemple, installer de petits kits de percussions dans une autre partie de la scène, ou quelque chose dans ce genre. Et Olle avait cette idée de mélodie depuis probablement 1998.

Oh, wow !

Johan : C’est une très vieille idée. Il avait réalisé une démo en l’enregistrant d’une manière très complexe. Au lieu d’avoir des accords et une mélodie, il avait enregistré toutes les notes une par une, sur de très nombreuses couches. Quand nous sommes arrivés en studio, nous nous sommes dit : “Ça va prendre une éternité de réenregistrer tout ça de cette manière.” Nous avons donc essayé de simplifier les choses : je joue les accords sur une guitare, il joue les mélodies sur l’autre, puis nous ajoutons d’autres instruments, comme des parties orchestrales et des chœurs, pour construire quelque chose de plus ample. Et lorsque nous avons commencé à enregistrer ces pistes, nous nous sommes rendu compte que ça fonctionnait vraiment. Ça a été une véritable surprise. (rires)


Il y a toujours eu un équilibre entre la brutalité et les parties de guitare très mélodiques dans votre musique. Est-ce que trouver cet équilibre est instinctif, ou est-ce quelque chose auquel vous réfléchissez consciemment ?

Johan : Tu veux dire l’équilibre entre la mélodie et le rythme ?

Oui.

Johan : Ça dépend complètement. Généralement, le processus d’écriture commence par une mélodie ou un riff. Si le morceau est davantage construit autour d’un riff, il sera probablement moins mélodique. Et s’il commence par une mélodie, j’imagine qu’il deviendra naturellement plus mélodique.

Y a-t-il un riff en particulier sur cet album dont tu es vraiment fier ?

Johan : Peut-être pas un riff en particulier, mais plutôt des chansons dans leur ensemble. J’aime beaucoup “Eight Lakes Of Thunder”, j’en suis fier. Et “Die With The War Cry” est vraiment cool.

“Gjalarnhorn“ donne immédiatement l’impression d’être un classique d’Amon Amarth, mais il contient aussi de petits détails surprenants. Pourquoi avoir choisi de le placer en ouverture de l’album ?

Johan : Nous avons simplement eu le sentiment que c’était un véritable morceau qui envoie, une excellente chanson d’ouverture. C’est le genre de morceau qui devrait très bien fonctionner en concert et permettre une bonne interaction avec le public. Je pense qu’on veut toujours avoir une chanson forte pour ouvrir un album. Et celle-ci est vraiment bonne.


Mais tout l’album est vraiment bon ! Pour cet album, vous avez également changé d’amplificateurs, passant des 5150 aux Marshall. Qu’est-ce qui vous a poussés à faire ce changement ?

Johan : Je pense que nous voulions simplement obtenir un son un peu plus organique, davantage dans l’esprit du heavy metal old school, plutôt qu’un son de guitare extrêmement saturé, avec des médiums très creusés.

Ça se comprend ! En parlant d’Odin, il a évidemment été présent tout au long de l’histoire du groupe. Mais cette fois, il est véritablement au centre de l’album. Pourquoi était-ce le bon moment pour lui donner une place aussi importante ?

Johan : Je pense que c’est plutôt une question pour notre chanteur. Mais je crois qu’il aime écrire des paroles lorsqu’il a un thème précis à suivre. Plutôt que de faire de chaque chanson quelque chose de complètement différent, c’est probablement plus facile pour lui de travailler autour d’un thème commun. C’est ce que nous avions fait avec l’album Jomsviking, qui était un album thématique, ou conceptuel, avec une histoire qui se déroulait tout au long des chansons. Mais sur cet album, les chansons ne sont pas reliées entre elles par une seule histoire. Elles ont simplement toutes quelque chose à voir avec Odin.

Tu fais partie d’Amon Amarth depuis 1998. Quelle est la chose qui t’enthousiasme encore autant aujourd’hui dans le fait d’être musicien qu’à tes débuts ?

Johan : Je pense que c’est jouer en live. C’est vraiment ce que je trouve de mieux et de plus amusant. J’aime aussi être en studio, mais je préfère largement partir en tournée, monter sur scène et voir la réaction du public. C’est vraiment le meilleur moment de la journée pour moi.

Et tu es encore nerveux avant de monter sur scène ?

Johan : Non, je ne suis jamais vraiment nerveux avant de monter sur scène, parce que dans notre groupe, tout le monde sait exactement ce qu’il doit faire et nous savons jouer nos morceaux. Nous avons les chansons dans la peau. Nous n’avons même plus vraiment besoin de réfléchir à ce que font nos mains. (rires) Sauf lorsqu’il s’agit de nouveaux morceaux. C’est toujours un petit défi de jouer pour la première fois en live des chansons d’un nouvel album. Mais c’est aussi ce qui rend les choses plus amusantes. Je ne ressens jamais vraiment de nervosité avant de monter sur scène.


Est-ce qu’il y a quelque chose dans les tournées ou dans la vie de groupe que le toi de 20 ans adorait, mais que tu ne supportes plus aujourd’hui ?

Johan : Je dirais que ce sont simplement les déplacements pour rejoindre les tournées. Quand je dois prendre l’avion depuis chez moi pour rejoindre le début d’une tournée, je n’aime pas cette partie du voyage. Mais une fois en tournée, les déplacements ne me dérangent absolument pas. J’aime voyager dans le tour bus et nous avons de beaux hôtels pendant les jours de repos. Aujourd’hui, partir en tournée est vraiment confortable comparé au début de notre carrière, lorsque nous devions prendre l’avion pour chaque festival, voyager dans un petit van et conduire nous-mêmes sans pouvoir dormir.

Le bus est quand même plus confortable ! (rires)

Johan : Oui. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus confortable et ça ne me dérange plus du tout d’être sur la route.

Vous avez joué sur d’immenses scènes partout dans le monde, avec des productions incroyables et des milliers de personnes qui rament au sol. (rires) Est-ce que ça arrive encore à vous surprendre ?

Johan : Oui. Nous avons vraiment été surpris la première fois que nous avons vu ça. (rires) Nous nous sommes demandé : “Mais qu’est-ce qui se passe ?“

Oui, genre : “Mais c’est quoi ce bordel ? ” (rires)

Johan : (rires) Oui. Et puis nous avons commencé à voir ça se produire dans de plus en plus d’endroits. C’est à ce moment-là que nous avons décidé qu’il fallait créer une chanson pour intégrer ce mouvement et en faire quelque chose qui nous appartienne. C’est comme ça que nous avons créé “Put Your Back Into The Oar”. Et maintenant, ça s’est répandu partout. Les gens le font même pendant les concerts d’autres groupes, et jusqu’aux supporters de football qui commencent à le faire.

Oui, maintenant les gens font ça partout dans le monde ! (rires)

Johan : Oui, c’est complètement fou. Et c’est vraiment amusant pour nous de regarder ça depuis la scène. (rires)

Ça fait des décennies que vous écrivez des chansons sur les Vikings, les dieux, les batailles et la mort. Quelle est la chose la moins viking que tu aies faite cette semaine ?

Johan : La chose la moins viking que j’ai faite cette semaine ? Je dirais faire le ménage, passer l’aspirateur ou quelque chose comme ça. (rires) Ce n’est pas très viking. Mais bon, tout le monde doit le faire. (rires)

Dernière question : nous sommes RockUrLife, alors qu’est-ce qui rock ta life, Johan ?

Johan : Qu’est-ce que tu veux dire par “qu’est-ce qui rock ta life” ? (rires)

C’est une question que nous posons à chaque fois, mais c’est plutôt pour savoir ce qui te fait vibrer dans la vie.

Johan : Ah, tu veux dire ce qui fait vibrer ma vie ?

Oui ! (rires)

Johan : Eh bien, je vais me marier dans une semaine. Ça va énormément changer ma vie !

Oh, félicitations ! (rires)

Johan : Oui ! (rires) Merci beaucoup. Et puis, il y a aussi énormément de choses à préparer. (rires)


Site web : amonamarth.com

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