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GRETA VAN FLEET (08/10/26)

À la veille de la sortie de Palace For The People, nous avons retrouvé Sam Kiszka, bassiste et claviériste de Greta Van Fleet, pour parler de ce nouvel album. Des morceaux construits à quatre aux instruments venus élargir leur univers, en passant par les compromis en studio avec Mike Elizondo, la conversation nous emmène derrière les chansons. Avec beaucoup d’humour, Sam revient aussi sur ce qui anime toujours le groupe : faire de la musique un endroit où les gens peuvent se retrouver.

Votre album Palace For The People sort demain, alors comment tu te sens ce soir ?

Sam Kiszka (basse/piano) : Oh mon Dieu, comment est-ce qu’on va fêter ça ? On va tous devoir se retrouver. On en a parlé pendant un live hier soir, et l’une des questions des fans était : “Hé, comment vous allez fêter ça ?” Mais on a été complètement dedans. J’imagine qu’on fête ça en faisant ces trois concerts ici, à Nashville. C’est un peu une prise de contrôle de Nashville pendant trois semaines, donc la semaine dernière était vraiment fun. (rires) Bon sang, comment je me sens ? Je veux dire, j’ai écouté le disque mille fois, alors je suis impatient de le partager enfin avec le monde et, comment dire ? Peut-être d’en perdre la propriété. Il n’est plus à nous. Il appartient un peu… à l’esprit du temps. Il appartient à l’univers et à l’éther. Je pense que les gens vont l’aimer, j’espère que ce sera le cas. (rires)


Et pour quelle chanson es-tu le plus curieux de découvrir les réactions des gens ?

Sam : Oh, là là. Je crois que “Lost In The Golden” est une chanson que j’aime vraiment, et c’est une chanson un peu étrange. Je ne dirais pas que c’était forcément difficile pour Josh d’écrire dessus, mais si on rentre un peu dans les détails de nerd, le couplet monte d’un demi-ton. Il passe simplement de la fondamentale à un demi-ton au-dessus, et c’est un peu difficile d’écrire une mélodie là-dessus, tu vois. Alors il est passé par peut-être trois lignes vocales ou inspirations différentes avant qu’on arrive à assembler la chanson. Donc je suis vraiment impatient que les gens écoutent “Lost In The Golden” aussi. “Born Into This”, c’est un super morceau, et j’ai l’impression que Greta Van Fleet ne s’est pas vraiment aventuré sur ce terrain. Ça se rapproche peut-être davantage de celui de “Age Of Machine”, mais je suis vraiment impatient de voir comment les gens vont réagir à ce morceau aussi. Mais la chanson dont on ne s’attend jamais à ce qu’elle devienne la préférée des fans, c’est celle qui devient leur préférée. (rires) Chaque fois que les gens du label disent : “Oh, ça, c’est le tube. Ça, c’est le single“, personne ne sait ce qu’il en est. (rires) Une fois qu’il est sorti dans le monde, les gens en font ce qu’ils veulent, c’est pour ça que je dis qu’on l’abandonne un peu après l’avoir enregistré.


Et tu penses qu’une chanson en particulier pourrait peut-être surprendre les gens ?

Sam : Je vais ouvrir la liste des titres. (rires) Je ne sais pas. Peut-être que “Into The Beginning” serait un peu surprenant, parce qu’on n’a jamais eu de véritable morceau d’introduction. Alors certains auditeurs vont peut-être mettre l’album, tu vois, poser le vinyle et le lancer depuis le début, avec “Into The Beginning”. Et ils s’attendent à ce qu’une chanson traditionnelle, avec des paroles et une structure, arrive. Mais c’est un peu un mantra, ça monte et ça monte, et puis, bam, ça s’arrête. C’est le morceau d’introduction. C’est comme un vieux film où le générique passe au début. (rires) Ou comme une comédie musicale d’ABBA qui reprend les thèmes de ce que tu vas entendre. C’est un peu : “Hé, voilà dans quoi tu vas entrer” Alors je pense que celui-là pourrait être un peu surprenant. Aussi, “Saw You Stand” est évidemment déjà sorti, mais j’ai l’impression que c’est un terrain un peu nouveau pour Greta Van Fleet, parce que c’est davantage du point de vue de Josh, plutôt que de raconter ces histoires. C’est vraiment du point de vue du “moi“, ce “moi” étant Josh, bien sûr. Donc c’est une chanson intéressante de Greta Van Fleet. On n’a pas vraiment exploré ce terrain. Et “Boughten Bliss” aussi. Parce qu’elle est très douce. (rires)


Quand vous avez commencé à travailler sur cet album, qu’est-ce que vous vouliez explorer que vous n’aviez pas exploré sur Starcatcher ?

Sam : Oui, j’imagine que ça s’est passé un peu comme ça : le premier album, Anthem Of The Peaceful Army, c’était le point de départ. C’était très dépouillé. Il n’y avait pas beaucoup d’effets ou quoi que ce soit, et c’était assez live en studio. Et on n’était pas aussi impliqués dans tous les détails de cet album qu’on l’est maintenant. Ensuite, on est passés à The Battle At Garden’s Gate, qui est vraiment l’album qu’on a toujours voulu faire. Même quand on jouait dans le garage, on voulait faire ce grand album, un peu en écran large, et c’est ce que c’est devenu. Ensuite, on s’est dit : “D’accord, on a fait l’album qu’on a toujours voulu faire. Revenons un peu à nos racines et passons complètement en mode garage.” Alors Dave Cobb nous a aidés sur cet album, et on a simplement fait des prises live. Il ne nous disait même pas qu’on enregistrait. Il disait : “Oui, répétez encore celle-là. Rejouez-la avant qu’on enregistre.” Et ensuite : “Non, c’est bon, on l’a.” Donc c’était plus garage. Mais celui-ci, c’est un peu un mélange de toutes nos influences, proches et lointaines, de toutes ces cultures et régions différentes, qu’on essaie de réunir. Donc je pense qu’on est forcément allés ailleurs avec cet album, parce qu’il y a des instruments dessus qu’on ne sait pas jouer. Par exemple, les sections de cuivres ou de cordes, et ce sont des choses que je ne pourrais même pas arranger sur partition, parce que ce sont des modes et des gammes qui viennent d’endroits et de cultures que je ne connais même pas vraiment. Donc oui, je pense qu’on a exploré d’autres territoires, surtout en faisant entrer d’autres personnes dans l’équation, d’autres musiciens, comme le percussionniste Abe Rounds avec qui on a fait des prises live. Il jouait de toutes ces percussions spécialisées. Et il faisait un peu partie du groupe à ce moment-là. Les musiciens aux cordes, aux cuivres. Il y a un shehnai, un instrument indien qui sonne un peu comme un hautbois. Je l’ai toujours adoré parce qu’on l’entend sur un morceau des Beatles. Je crois que c’est “The Inner Light”, qui est un morceau vraiment cool, alors j’ai toujours voulu en mettre sur un album de Greta Van Fleet.

© Lewis Evans

Le titre évoque un endroit où tout le monde a sa place. Comment cette idée a-t-elle concrètement façonné les chansons ?

Sam : C’est une bonne question. C’est une très bonne question. Tu vois, tu m’as un peu pris de court. (rires) Je me demande si ça a guidé les chansons. Je pense que ça les a surtout guidées dans l’éventail de sons qu’on voulait obtenir. Mais je pense que Palace For The People, c’est vraiment la célébration de la vie à travers la musique. Ça n’a pas besoin d’être seulement notre musique. Ça peut être celle de n’importe qui. Mais Greta Van Fleet en tournée, avec les gens qui viennent aux concerts pour célébrer la vie, c’est ce que je vis. J’ai l’impression que si j’avais une quelconque maladie dans le corps, que je montais sur scène pour jouer un concert, que je recevais tout l’amour des gens et que j’essayais d’envoyer de l’amour dans le public, je serais guéri de n’importe quoi après cette expérience. C’est profondément beau, et c’est hilarant qu’on puisse faire ça comme boulot, parce que ce n’est pas du tout un boulot. Mais oui, pour ce qui est de l’idée de Palace For The People qui influence la musique, je devrais dire qu’on a eu l’idée de faire de Palace For The People le prochain album avant de l’enregistrer. D’habitude, on donne un nom à l’album à la fin. D’accord. [rires] On voit tous les thèmes et toutes les idées qui s’y trouvent. Mais cette fois, c’était : “Voilà le concept.” On a pris une année de pause, puis on est entrés en studio. Donc on a imaginé toutes les idées. Je pense que le concept a guidé l’album dans le sens où on allait utiliser ce style de musique différent. Des signatures rythmiques étranges, des gammes différentes et tout ça.

Et quelle chanson de cet album a le plus changé entre le premier enregistrement et la version finale ?

Sam : Je rouvre la liste des titres. (rires) “Tear It Down”, c’est une chanson que Josh a un peu assemblée tout seul. C’était très pop, tu vois ? “Build it up, then you tear it down.” Il y avait pas mal de synthés, avec une ambiance pop des années 80, et c’était très cool. Je l’aimais beaucoup. Mais il la chantait dans le couloir, et Mike Elizondo, le producteur, est arrivé et a dit : “C’est quoi, ça ? Il faut qu’on l’enregistre.” Et je ne crois pas que Jake en avait vraiment envie, parce que c’était tellement pop et qu’il n’y avait pas de guitare dessus. Alors Jake a écrit des parties de guitare qui lui plaisaient. Ensuite, on a changé le rythme pour lui donner beaucoup plus un côté “dou, dou, katow, dou, dou, katow“. Et là, tout le monde était à fond. C’était un bon exemple de notre façon de faire des compromis. (rires) Parce que Josh veut préserver l’intégrité de la chanson qu’il a écrite, et c’est la première qu’il a écrite sur ses propres accords. On l’a un peu adaptée et “Greta-ifiée“. Donc c’est probablement celle qui a le plus changé.


Quelle autre ? Je dirais aussi “Saw You Stand”. Parce que c’est une de celles qui ont évolué très naturellement. C’était simplement une suite d’accords que j’avais assemblés il y a des années, quand on enregistrait The Battle at Garden’s Gate. Je vivais à Los Angeles à l’époque. Ça devait être en 2019. Donc ces accords avaient huit ans. Je les aimais vraiment, et on improvisait dessus de temps en temps, mais on n’en avait jamais fait une chanson. Alors je les ai apportés quand on enregistrait Palace For The People, ou plutôt quand on écrivait pour Palace For The People. Ensuite, Jake a écrit une partie de guitare, une partie de refrain. Je crois que Daniel a contribué avec quelques accords, peut-être dans le pré-refrain. Et Josh a évidemment écrit toutes les paroles et tout ça, et il adorait chanter dessus parce que c’était très dynamique. Il pouvait chanter très doucement parce que c’était très calme par moments. Mais oui, ces contrastes sont vraiment importants. Donc c’est une de ces chansons de Greta Van Fleet qui a grandi et grandi, sur laquelle tout le monde a mis les mains et qu’on a sculptée ensemble.


Quels morceaux de l’album donnent, selon toi, l’idée la plus claire de la direction que Greta Van Fleet pourrait prendre ensuite ?

Sam : La direction qu’on pourrait prendre ensuite ? Oh, c’est intéressant. J’ai l’impression que “Born Into This” explore un terrain un peu nouveau sur cet album. On n’avait simplement jamais fait exactement cette ambiance. Donc c’était quelque chose de nouveau, et c’était vraiment excitant. C’est parti de moi qui jouais de la basse avec un médiator, un riff de basse très hypnotique. Et Jake est entré dans la pièce, parce qu’on était en coulisses à un concert, dans la salle où on improvisait. Il a dit : “Quoi ? C’est quoi, ça ?” J’ai répondu : “Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que c’est. Je viens juste de commencer à le jouer.” Ça me rappelait un peu Jose Gonzalez, que j’aime vraiment beaucoup. C’était un peu cette ambiance. Ensuite, ça a pris une direction très différente, et c’est très obsédant et sombre, avec un harmonica qui hurle. On s’est tous retrouvés dans notre cabane à Nashville et on a écrit la chanson autour de ce riff. Parce que je savais qu’il y avait quelque chose, mais je ne pouvais pas écrire la chanson tout seul, vu que je jouais simplement ce riff en boucle. (rires) Je n’arrivais pas à faire ce truc du flux de conscience où je joue, puis je passe à un autre accord qui semble juste. Donc, encore une fois, c’est une de ces chansons de Greta Van Fleet que tout le monde a sculptée et fait grandir. C’est une représentation très authentique de ce qu’est Greta Van Fleet au complet. Il y a quatre parties. Quatre personnes écrivent la chanson. Même si trois d’entre nous, Jake, Daniel et moi, écrivons une chanson, et que Josh a l’impression que son potentiel mélodique ne fonctionnera pas sur certains passages, on la réarrange. On change les accords. On change les riffs. Donc on la construit vraiment au fur et à mesure. Et il y a aussi “Lost In The Golden”… Bon, j’ai l’impression de simplement citer à nouveau les mêmes chansons. (rires) “Lost In The Golden” aussi est un bon exemple. C’est un morceau un peu plus expérimental, et on n’a pas l’impression d’être déjà allés exactement à cet endroit-là. Mais il y a aussi des chansons sur cet album, comme “Heart And The Beat”, qui font très chanson classique de Greta Van Fleet. Batterie, basse, guitare, voix principale. C’est un morceau de rock n’roll, et c’est notre boussole. C’est comme ça qu’on a commencé à jouer. On jouait du Cream. On jouait du Led Zeppelin. On jouait du Jimi Hendrix. Et c’est un peu là qu’on a appris à maîtriser nos instruments et à être un groupe. Donc ce côté rock n’roll, c’est vraiment l’essence de ce qu’on fait, c’est dans notre ADN. “Highway Tune”, “When The Curtain Falls”, “Safari Song”. Ces trucs-là feront toujours partie de notre ADN.

Et c’est très cool. Vous avez coproduit cet album avec Mike Elizondo. Est-ce qu’il vous a encouragés à essayer des choses que vous n’auriez probablement pas tentées tout seuls ?

Sam : Carrément. Mais je vais commencer par quelque chose de personnel. Le fait qu’il soit bassiste m’a vraiment aidé à construire mes parties de basse. Sur tous les autres albums, si je joue du piano ou de l’orgue sur un morceau, on fait une prise live. On veut obtenir cette prise live. Une fois qu’on l’a, c’est : “Hé, Sam, va jouer la basse.” Je m’assieds, je fais deux passages. Je dis : “Oui, prenez cette première moitié et cette deuxième moitié. Voilà la basse“. Sur cet album, on s’y est vraiment plongés, surtout avec les différents rythmes sur lesquels on travaillait. Parfois, je ne savais pas vraiment. Il y avait des anticipations et des décalages, des choses avec des signatures rythmiques différentes, des strophes incomplètes, si tu veux, ou des mesures. Et parfois, je ne savais même pas quoi jouer. Mike et moi, on était assis face à face, un peu comme dans Spinal Tap, basse contre basse, à travailler différentes idées. Et c’est l’un des meilleurs bassistes de tous les temps. Donc c’était génial de travailler avec lui là-dessus. Il m’a suggéré beaucoup de choses que je ne ferais jamais, et ça a fini par être un peu mes passages préférés sur l’album, parce que ça sonnait simplement un peu différemment. Ça semblait nouveau et excitant. Donc oui, sur le plan personnel, Mike et moi avons beaucoup collaboré pour construire certaines de ces lignes de basse. Mais en tant que groupe…
Je devrais dire qu’on n’en a pas toujours besoin, mais qu’on a toujours fait appel à un excellent producteur talentueux sur tous nos albums, comme à ce cinquième membre du groupe, parce qu’on est quatre. Si deux d’entre nous ne sont pas d’accord avec les deux autres… Oui, on est dans l’impasse. Donc on essaie toujours de trouver un compromis, et Mike était vraiment bon pour ça. Il disait : “Si on retirait ce pré-refrain et que tu faisais un solo après ça, tout le monde aurait ce qu’il veut.” Et on disait tous : “Ah oui.C’est un bon compromis. Pourquoi pas ?” Oui, parce que parfois, on se met juste à se hurler dessus. (rires) Oui, et rien n’avance. Alors Mike arrive et fait : “Les gars, les gars, les gars, allez.“

Donc c’est un diplomate ? (rires)

Sam : Oui. J’imagine qu’il faut l’être quand tu travailles avec des connards comme nous. (rires)

© Lewis Evans

Pour finir, nous sommes RockUrLife, alors, qu’est-ce qui rock ta life, Sam ?

Sam : Rock ta life ? Qu’est-ce qui rock ta life ? (rires)

Je ne sais pas. Pour toi, peut-être jouer de la musique ? Ou faire des concerts, partir en tournée, voyager à travers le monde.

Sam : Je dirais qu’on a la meilleure situation qui soit. On peut voyager à travers le monde. On peut rencontrer tous ces gens intéressants. On peut réunir les gens, et je pense que c’est ça, la vie : se rassembler, comprendre les histoires des autres et découvrir d’où chacun vient. Je pense que le plus important de tout, c’est le lien humain.

Oui, complètement. Et la musique.

Sam : Oui. La musique est un excellent moyen pour ça. Oui. Parce que j’y ai réfléchi. Une fois, on était en interview, au début, et on parlait de l’album. On était tous les quatre, alors je me suis mis à réfléchir : “Bon, Josh ou Jake ou Daniel étaient juste en train de bavarder, bla-bla-bla.” Et je me demandais : “Comment les gens se rassemblaient et célébraient la vie avant les concerts et tout ça ? Est-ce qu’ils se retrouvaient ? Qu’est-ce qu’ils faisaient, du tricot ou quelque chose comme ça ?” Et non, je me suis dit : “Ah non. C’est la religion.” Les gens se retrouvent, ils vont à l’église, ils vont au temple…Et c’est à partir de là qu’ils construisent leur communauté. Mais à notre époque, on a des façons un peu plus non confessionnelles de se retrouver et de célébrer la vie. C’est la musique. C’est l’art. Je vais le redire, désolé, mais c’est la célébration de la vie, du fait de vivre, de l’expérience d’être humain et de créer des liens avec d’autres humains grâce à des intérêts similaires, j’imagine, à des façons de penser similaires, même avec des gens qui ont des idéaux opposés, même avec des gens qui ne sont pas d’accord sur tout. Que ce soit en matière de politique, de religion, de quoi que ce soit, les gens se retrouvent quand même, échangent des idées et en parlent. C’est pour ça qu’on est là. (rires) Donc la musique est un moyen puissant de rassembler les gens et, sans aucun doute, c’est la meilleure partie de ce qu’on fait.

Oui. C’est quelque chose de très puissant. Ça peut guérir, et déclencher des guerres aussi, mais…

Sam : Oui, exactement. Mon Dieu, j’aimerais que ça puisse faire encore plus, aussi. Crois-moi. (rires)

Donc c’était ma dernière question, parce que visiblement il ne nous reste pas beaucoup de temps, alors c’était vraiment cool.

Sam : Pose-m’en une de plus. Donne-m’en une.

Une de plus ? Oh. D’accord. (rires) Alors, quelle importance avait l’ordre des chansons, la liste des titres ? Qu’est-ce que vous vouliez faire vivre à quelqu’un qui écoute l’album du début à la fin ?

Sam : Oh, là là. Oui. (rires) Pour chaque album, on imagine une douzaine de listes de titres différentes. Et c’est censé… Mon Dieu, ça fait cliché, mais c’est censé t’emmener dans un voyage. C’est une histoire. C’est un film. C’est du début à la fin. Je suis quelqu’un qui écoute des albums. Je les écoute de la première chanson à la dernière, et j’apprécie vraiment ça. J’ai l’impression que c’est un art qui se perd un peu. Souvent, maintenant, ce sont juste des singles. Des singles pop qui sortent de temps en temps. Mais tu as le single pop, tu l’écoutes, et moi, je me demande toujours : “Sur quel album est-ce qu’il est ?” Et j’écoute l’album du début à la fin. Ensuite, la chanson que j’aimais le moins devient ma préférée à la fin. Le single, c’est un peu un cheval de Troie. (rires) Tu vois ce que je veux dire ?

Oui, je vois. C’est une vraie expérience d’écouter l’album du début à la fin.

Sam : Oui, exactement. Donc, bien sûr, je pense que ça fait un peu partie de notre démarche : on veut que les gens l’écoutent du début à la fin, parce qu’il y a “Into The Beginning”, qui est le générique, et ensuite tu passes à quelque chose de plus rapide et plus énergique, “Tear It Down”, “Heart And The Beat”. C’est un peu comme une setlist. Oui. Ensuite, tu fais redescendre avec “Boughten Bliss”. Ensuite, tu redescends vers autre chose… Donc c’est vraiment une expérience, et je pense qu’on a conçu l’album comme ça de façon très intentionnelle. On a tout essayé, et c’est cette version qui nous a vraiment plu, parce qu’elle est censée raconter une histoire, une histoire sur les gens, sur l’humanité et sur les idées qu’on partage.

Oui, et c’est un super album.

Sam : Merci. J’apprécie.

© Lewis Evans

Site web : gretavanfleet.com


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