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Imminence – Axis Mundi

Avec Axis Mundi, Imminence conserve ce qui fait son identité – le violon d’Eddie Berg, les montées en tension et ce mélange de violence et de mélancolie – tout en ouvrant clairement de nouvelles portes. Plus expérimental, parfois surprenant, ce sixième album donne surtout l’impression d’un groupe qui refuse de tourner en rond.

Plusieurs visages, une même identité

“Twisting In The Wind” ouvre le disque progressivement, presque comme une mise en condition avant que les choses sérieuses commencent. Puis avec “The Sword That Never Bends” Imminence fait rapidement monter la pression. Le violon se mêle aux guitares beaucoup plus lourdes et accompagne un morceau qui joue constamment sur les contrastes, entre passages plus retenus et explosions brutales. Les paroles sont, elles, bien plus amères : une ancienne amitié devenue toxique, le poison qu’elle laisse derrière elle et cette envie de réussir enfin à sortir quelqu’un de sa tête.

Avec “Crestfallen”, l’ambiance devient plus vulnérable. Eddie Berg se demande s’il a déçu, si l’image laissée derrière lui est désormais ternie et surtout comment on se souviendra de lui. Quelques morceaux plus loin, “False Light” repart au contraire dans quelque chose de beaucoup plus agressif. Il faut couper le mal avant qu’il ne s’installe, reprendre ce qui nous appartient et laisser la vérité sortir. Musicalement, c’est aussi Imminence dans l’une de ses versions les plus brutales.

“If Not Now, When” marque une nouvelle rupture. Structure inhabituelle, changements de tonalité et une question répétée presque comme une évidence : si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Une manière assez simple de parler du temps qui passe et de ce qu’on choisit réellement d’en faire.

Quand les blessures remontent

Puis arrive “Didn’t Think About You (Lately)”, probablement le moment le plus difficile du disque. Eddie Berg l’a écrit après avoir perdu un ami par suicide, un sujet pour lequel il explique avoir longtemps cherché les bons mots. Derrière une production vocale volontairement inhabituelle se cache quelque chose de beaucoup plus intime : l’absence, le regret de ne pas avoir pensé davantage à quelqu’un avant qu’il ne soit trop tard et cette vulnérabilité qu’on essaie malgré tout de cacher.

“Leviathan” poursuit cette descente avec l’envie d’en finir confrontée immédiatement à la peur des conséquences, tandis que “Power Divine” laisse exploser une anxiété beaucoup plus brute. Les illusions s’installent, l’esprit devient lui-même un endroit où se cacher et tout ressemble progressivement à un enfer intérieur.

“Exodus” referme finalement Axis Mundi en rassemblant une bonne partie de ce qui fait l’identité de Imminence. Le morceau prend progressivement de l’ampleur jusqu’à une dernière envolée aussi mélodique qu’émotionnelle, qui offre au disque une conclusion particulièrement marquante.

Entre beauté et violence

Imminence ne cherche clairement pas à refaire The Black. Axis Mundi demande peut-être quelques écoutes supplémentaires pour réellement se dévoiler, mais c’est justement ce qui fait sa force. Le groupe expérimente, prend des risques et prouve surtout qu’il lui reste encore beaucoup de choses à explorer.

Informations

Label : Sumerian Records
Date de sortie : 02/10/2026
Site web : imminenceswe.com

Notre sélection

  • The Sword That Never Bends
  • False Light
  • Power Divine

Note RUL

 4/5

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