
Pour cette rentrée 2026, l’Accor Arena accueille Evanescence sur sa tournée Sanctuary World Tour. Venus défendre leur dernier album, Amy Lee et sa bande ne font pas les choses à moitié. Pour sublimer ce rendez-vous, le groupe s’est entouré d’une affiche audacieuse et 100% féminine : la phénomène pop metal Poppy en invitée spéciale, et une première partie assurée par le duo Nova Twins.
Nova Twins
Habitué des premières parties, NOVA TWINS semble être le groupe parfait pour chauffer Bercy. Le duo londonien livre un set de 30 minutes toujours aussi énergique que créatif, et même si son style musical tranche avec le lyrisme gothique de la tête d’affiche, le public est plutôt réceptif au mélange détonant de hip hop/punk.
Sur scène, Amy Love (chant, guitare) mène la danse avec une énergie contagieuse, épaulée par la bassiste Georgia South. Véritable reine du pedalboard, cette dernière joue l’intégralité du paysage sonore sans aucune backing track ou synthétiseur. Côté setlist, l’efficace “N.O.V.A” fait participer l’auditoire, tandis que “Hummingbird” s’impose comme une belle surprise en live, démontrant toutes les capacités techniques des deux musiciennes. Après ce passage éclair, on espère revoir rapidement les Nova Twins en headliner sur une date plus intimiste.
Poppy
La fosse est déjà bien remplie pour accueillir l’invitée d’honneur de la soirée. Vêtue de son emblématique robe blanche et armée de son micro pailleté, POPPY s’approprie sans problème la grande scène de l’Arena pour y déverser son métal moderne et avant-gardiste. Si les brefs temps morts entre les morceaux trahissent un show peut-être trop calibré, la setlist sait équilibrer avec soin les nuances de sa discographie (“Bruised Sky”, “Scary Mask”). Le titre “crystallised” immortalise le moment le plus dansant de la soirée; tandis que l’hypnotique “V.A.N” (originalement enregistré avec Bad Omens) met en lumière l’étendue de sa palette vocale, tout en laissant s’exprimer la puissance de ses musiciens.
Sur “new way out”, Poppy formule une dernière requête : fendre la fosse en deux pour un wall of death, digne selon elle de la vraie “expérience live“. Malgré une fosse divisée en deux (carré or oblige), le public s’exécute aux ordres de la princesse, pour finir le set en beauté.
Evanescence
C’est avec le puissant “Sanctuary” que EVANESCENCE entre en scène. Le morceau éponyme s’impose comme une évidence pour ouvrir le show. Nous voilà plongés dans l’univers fusionnel d’Evanescence, accueillis au cœur d’un sanctuaire de réconfort émotionnel, porté par la voix magistrale d’Amy Lee.
Pour cette tournée, le dernier album du groupe est majoritairement représenté. Une dizaine de morceaux y sont joués, du puissant “Afterlife” au plus intimiste “Forever Without You”. Toute la signature d’Evanescence est là : une fusion unique entre metal et piano symphonique. Le groupe sait ainsi alterner subtilement les riffs métal lourds avec les morceaux piano-voix, sans jamais briser l’élan du spectacle.
Lorsque le guitariste Troy McLawhorn s’avance sur le devant de la scène auprès de Amy Lee pour lancer les premiers riffs du tant attendu “Going Under”, toute l’arena jubile. Une communion parfaitement orchestrée par la chanteuse dont la puissance vocale ne faiblit jamais.
Pour autant, la frontwoman ne fait jamais d’ombre à ses acolytes. La bassiste Emma Anzai, membre depuis 2022, est clairement devenue le second pilier du groupe, en assurant également les chants secondaires. De leur côté, les deux guitaristes Troy McLawhorn et Tim McCord s’imposent à coup de headbang, et profitent même d’une mise en lumière scénographique sur une plateforme élévatrice lors du bridge instrumental de “Calm Down”.
Sans surprise, le mythique “Bring Me To Life” suscite l’élan collectif de la soirée. Placé au cœur de la setlist plutôt qu’en rappel, cet hymne du rock alternatif des années 2000 est toujours aussi efficace et repris à l’unisson par l’assistance. L’autre moment fort est sans aucun doute l’interprétation du featuring “End Of You”, qui voit revenir Poppy sur scène pour accompagner Amy Lee au chant. L’union des deux reines du metal est symbolique. Il ne manquait plus que Courtney LaPlante pour compléter le triptyque.
Enfin, un grand drapé blanc s’abat devant la scène. Seule à son piano, Amy Lee entonne les premières notes de “My Immortal”, qui annonce la fin du set. Un véritable instant de catharsis collective.
Cette date aura su confirmer le statut de Evanescence comme l’un des groupes les plus influents du metal alternatif. Toujours en capacité de remplir une arena sans pour autant surfer uniquement sur ces acquis, la formation continue de se renouveler et d’offrir une vraie modernité à son public.
















































































