
Ce dimanche 18 octobre, les Américains de The Devil Wears Prada sont venus défendre leur dernier album Flowers devant le public chaud bouillant de l’Elysée Montmartre.
Oversize
C’est devant une salle encore plutôt dispersée que la soirée débute avec OVERSIZE. Le quintette britannique évolue dans un registre flirtant entre métal alternatif et nu-gaze, et déploie une identité sonore riche et captivante.
Le set trouve un équilibre parfait entre musiciens et voix : les riffs saturés et massifs viennent envelopper, sans jamais l’écraser, un chant personnel et vibrant d’émotion. Visiblement touché par l’accueil chaleureux des premiers arrivants, le frontman prend le temps de remercier le public à plusieurs reprises. Une entame tout en nuance et en intensité, qui méritait assurément une audience plus dense.
156/Silence
Changement d’ambiance pour la seconde première partie. Le calme relatif de l’entracte laisse place à une véritable onde de choc avec l’arrivée des américains de 156/SILENCE.
Porté par l’énergie du chanteur Jack Murray, le combo assène un set d’une brutalité sans concession. Les screams ravageurs et le martèlement de la double pédale déclenchent les premiers pogos dans la soirée. Le chanteur scande un “I need bodies!” pour finir d’embraser la fosse. Si la densité des compositions rend l’accroche parfois difficile pour les néophytes, le public répond présent et est particulièrement réceptif à cette décharge d’énergie.
The Devil Wears Prada
Place au groupe de la soirée. C’est avec le titre “Where The Flowers Never Grow” que THE DEVIL WEARS PRADA ouvre son set, acclamé par l’auditoire et accueilli par un bouquet de fleurs au premier rang, à l’image du Flowers Tour.
Force est de constater que le dernier disque du groupe passe largement l’épreuve du live, les nouveaux morceaux fonctionnent à merveille sur scène (“So Low”, “Everybody Knows”, “For You”).
Le groupe sait alterner habilement les nouveaux titres avec des brûlots plus anciens et plus énervés, comme “Danger: Wildman” ou “Outnumbered”, qui relancent les pogos dans le pit. L’album Color Decay est également représenté (“Salt”, “Watchtower”). Sur le plus mélancolique “Broken”, le chanteur Jeremy DePoyster invite le public à crowdsurfer pour porter cette parenthèse d’émotion.
Une interlude instrumentale portée par Jonathan Gering aux claviers, met en avant la section rythmique avant que le morceau phare “Ritual” n’éclate dans toute sa puissance. Placé stratégiquement au milieu du set, il relance le show exactement quand il le faut.
La setlist continue ensuite de piocher dans les titres plus anciens, et c’est dans ces instants que la double pédale du batteur Giuseppe Capolupo se montre redoutablement efficace. “Dez Moines”, vieux de vingt ans, n’a pas pris une ride. Puis, “Sacrifice” clôt le set principal sur un beau wall of death.
Côté mise en scène, pas d’artifices : un light show efficace et un écran circulaire en fond de scène qui diffuse le logo du groupe à travers différents visuels. Une scénographie sobre, qui repose les yeux face à certaines superproductions du metal moderne. Car l’essentiel est ailleurs, dans la prestance partagée des deux chanteurs. Mike Hranica s’occupe des screams, et Jeremy DePoyster des refrains en voix claire, à la guitare rythmique. Leur interaction construit toute la sonorité du groupe, et l’alchimie qui en résulte fonctionne aussi bien sur scène qu’en studio.
Pour le rappel, quoi de mieux que le provocateur “Play The Old Shit”, accompagné du sample d’intro : “ils ne jouent jamais les vieux sons“. Les fans de la première heure seront servis, la soirée se termine sur le plus énervé “Hey John, What’s Your Name Again?” pour satisfaire les puristes.
The Devil Wears Prada prouve qu’il n’a pas oublié d’où il vient, et offre un metalcore qui assume tout son héritage. Entre nouveautés convaincantes, classiques brutaux et complicité sur scène, le groupe signe un concert équilibré, généreux et sans fausse note.










































