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MARCUS KING (09/07/22)

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Le Marcus King nouveau est arrivé ! Le talentueux guitariste américain a su faire face et rebondir face à ses démons pour accoucher d’un nouvel album très énergique !

Salut Marcus, comment se passe ta petite tournée en Europe ?

Marcus King : Cela se passe bien. On ne s’arrête jamais vraiment donc cela commence à peser après un mois sur les routes. Le programme était chargé.

Nous avez notamment joué avec Great Van Fleet au Royaume-Uni.

Marcus : Oui, c’est toujours très plaisant d’être avec eux. Et hier soir nous étions au North Sea Jazz Festival et nous avons passé du temps avec George Benson, et nous avons pu voir Diana Ross jouer.

Ton nouvel album, Young Blood, sort fin août. Et beaucoup de points ont attiré notre attention. Tout d’abord, tu l’as enregistré en live. Pourquoi ce choix ? Était-ce ton idée ou celle de Dan (ndlr : Auerbach de The Black Keys) peut-être ? Ou les deux.

Marcus : Cela allait de pair avec le thème que Dan et moi voulions faire passer. Nous voulions faire un album dans un registre arena rock, un peu comme lors des années 60, juste du riff, du hard rock et son enregistrement. Mais nous voulions que les paroles soient plus profondes. Donc de le faire en se prêtait à ce son. Cette décision a été prise très tôt. Et donc c’est la meilleure façon de capturer l’essence d’un groupe de rock n’roll, à mon avis, et d’en profiter.


Avez-vous enregistré sur bandes ou en digital comme il est le plus courant aujourd’hui ?

Marcus : Il y avait une machine à bande impliquée dans l’histoire. Nous avons effectué l’enregistrement sur ProTools et nous avons tout fait passer sur bande pour obtenir ce son et ce grain particulier. Mais nous avons fait l’album en six jours et avec des bandes, cela aurait ralenti le processus. Nous voulions travailler assez rapidement simplement parce que tout s’est passé de manière très naturelle.

L’album et le mix sont également très bruts, très authentiques. Cherchiez-vous une énergie différente ? Vis-à-vis d’Eldorado.

Marcus : Ce n’était pas intentionnel d’être à l’opposé d’Eldorado, mais le résultat est là. Nous avons fait l’album en vue de proposer un disque de rock n’roll. Il y est question de rupture, de substances illicites et d’abus. C’était une période vraiment sombre pour moi et j’ai pu faire passer ce message. Mais cette fois-ci, j’avais besoin d’un peu plus d’overdrive. Il y avait plus de rage derrière mes textes.

Les principales sources d’inspiration et les sujets abordés ici sont tes expériences personnelles récentes. Ce sont des sujets sérieux et graves. Certains artistes les auraient transformés en ballades ou morceaux mélancoliques, mais tu as pris le chemin opposé avec un rock très direct et énergique. Comment expliques-tu ces différences entre les thématiques et cette œuvre finale très rock n’roll ?

Marcus : C’est justement cette juxtaposition que j’apprécie, quand je dois me sortir d’un trou, c’est généralement comme : “d’accord faisons-le“, quand je me réveille le matin, j’ai besoin de rock n’roll. Je ne veux pas écouter du smooth jazz le matin, alors j’ai besoin de quelque chose pour me lever et me booster. Et cette musique m’a en quelque sorte donné un coup de pied dans le cul et m’a relancé. C’était une libération cathartique.

Comment s’est déroulé ton processus créatif et comment as-tu collaboré avec Dan ?

Marcus : Dan et moi travaillons très bien ensemble. Nous sommes de bons amis et collaborateurs depuis trois ou quatre ans maintenant, et avec ce disque, c’était encore plus confortable et plus authentique. L’écriture a pris environ deux semaines, et n’impliquait que Dan et moi. J’apportais mes chansons et nous faisions venir de nombreux compositeurs exceptionnels tels que Desmond Child et Andrew Gabbert. C’était simplement une association prolifique d’excellents compositeurs de rock n’roll et la session d’écriture démarrait telle une séance de thérapie presque. Et je leur disais simplement ce que je traversais et ensuite nous commencions à composer et jouer.

Tu as passé six jours dans les studios. Était-ce le plan initial ? Et as-tu été surpris par le résultat de seulement six jours en studio pour un disque ?

Marcus : Nous avions l’intention d’être là aussi longtemps que nous le devions. Et après six jours, nous nous sommes dit : “Je pense que nous venons de terminer le disque“. Nous n’avons donc pas forcément été choqués parce que les musiciens sur le disque sont si professionnels et si talentueux que nous n’avons jamais rien fait plus d’une ou deux fois par prise.

Je veux dire, juste à l’exception d’Eldorado, nous avons fait Eldorado en quatre ou cinq jours. En ce qui concerne l’enregistrement, lorsque vous êtes entourés d’excellents musiciens à quoi bon se prendre la tête et réfléchir de trop ? Si les deux premières prises sont parfaites, pourquoi en faire davantage ? Évidemment chaque producteur travaille différemment, mais si la première prise sonne bien, gardes-la. Et je pense que Dan ressent la même chose.


Que t’as apporté cette collaboration avec Dan ?

Marcus : Dan sait très bien écrire une accroche. Il a un si bon esprit pour l’écriture et son style de production que cela m’a permis d’avoir un peu plus de liberté en tant qu’interprète. Et c’était vraiment plus comme une performance live pour moi.

Quelle a été la chose la plus difficile à réaliser avec ce nouvel album ?

Marcus : La chose la plus difficile. Le travail en lui-même était mon évasion au quotidien. Chaque jour était une épreuve à traverser. J’étais donc heureux d’entrer en studio et de travailler car autrement je ne me portais pas bien. Les épreuves que je vivais étaient compliquées et il y a eu beaucoup d’excès. Je suis donc content d’avoir eu un travail à faire durant cette période.

Comment t’es-tu senti après ces six jours ? C’était le premier pas vers un avenir meilleur ?

Marcus : A vrai dire, nous sommes partis en tournée et les choses se sont aggravées. Et puis j’ai rencontré ma fiancée au deuxième show, et tout a changé.

De quoi es-tu le plus fier avec ce disque ?

Marcus : J’étais fier de l’honnêteté que nous avons pu transmettre à travers les chansons et l’histoire que j’ai pu raconter.

Comment te décrirais-tu en tant qu’artiste ? Il y a, par exemple, le morceau intitulé “Hard Working Man”. C’est ce qui te définit ou en partie peut-être ?

Marcus : Oui. Si je peux me permettre de le dire humblement, je n’aurais jamais écrit une chanson intitulée “Hard Working Man” si je ne pensais pas que c’était le cas. Et j’ai été élevé autour de gens qui travaillent très dur et tout le monde travaillait très dur pour tout ce qu’ils avaient. Et je crois que j’ai fait la même chose.

J’ai toujours eu l’état d’esprit que si vous aimez assez quelque chose, vous devriez travailler à fond pour cela. Et c’est ce que je ressens à propos de la musique. J’adore cela et j’y travaille très dur. Et quand je me décris comme artiste, je fais de mon mieux pour véhiculer la musique qui circule en moi et me permettre d’être juste une amplification de celle-ci afin d’essayer de ne pas y mettre trop de mon ego.

De ne pas essayer d’y réfléchir de trop et surtout laisser ton cœur et ton âme prendre le relai. Et je ne veux pas dire cela pour paraître prétentieux. Je viens de le faire. Prendre du recul, se détacher et simplement jouer, c’est à cela que vous ferez face si vous venez à l’un de mes shows.


Peut-on considérer ce disque comme un nouveau départ sur le plan sonore ? Même si le prochain album n’est pas encore là, mais vis à vis à d’Eldorado.

Marcus : Le secret étant que le prochain disque est déjà à moitié terminé.

Je suis accro à mon travail. Je l’aime. J’aime ce que je fais. Et j’avais beaucoup de choses à dire. Le prochain album est vraiment un préquel à cet album parce que c’était toutes des chansons de rupture tout en étant en couple et j’en ai déjà trop dit (rires) mais c’est toujours quelque chose sur lequel je travaille. Je ne peux pas vraiment définir le genre d’album que cela va être, mais je veux juste laisser les gens deviner et j’aimerais qu’ils soient fans de moi et pas un style de moi. J’aime tous les types de musique.

Quelques singles sont d’ores et déjà sortis, mais plus globalement : à quoi peuvent s’attendre les fans de Young Blood?

Marcus : C’est simplement un disque de rock n’roll. Mais creusez un peu plus profondément et vous trouverez le message que j’essayais de faire passer, qui est presque à l’opposé d’Eldorado. Le message était un peu plus clair parce que c’était plus dans un style ballade, mais nous voulions faire un disque de rock n’roll avec plus de profondeur dans les paroles.

Enfin, dernière question : nous sommes RockUrLife, donc qu’est-ce qui te rock Marcus King ?

Marcus : Oh, ma fiancée, Riley. Elle est mon roc. Et donc littéralement, elle est mon roc. Elle me pousse à être un homme meilleur, un meilleur humain, et me rappelle pour quoi je travaille si dur.

Et as-tu une passion cachée peut-être ?

Marcus : L’haltérophilie. J’aime beaucoup pêcher aussi. J’adore l’haltérophilie. Oui. Et j’aime tout à ce sujet. Et je suis vraiment dans tout ce qui touche à la nutrition et au bien-être. Cela n’est pas encore tout à fait visible, mais j’y travaille.

C’est un excellent hobby pour se relancer dans une activité physique et faire attention à ma santé mais, vous savez, la pêche aussi et j’aime bien la bonne mode. Je suis toujours fan d’une belle paire de bottes. (rires)

Merci beaucoup.

Marcus : Merci à vous.

Site web : MarcusKingOfficial.com