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WILCO @ Le Trianon (22/09/19)

Avec un nouvel album en approche, les Américains de Wilco sont venus faire un tour en Europe pour nous offrir un bon aperçu de ce qui nous attend le 4 octobre.

Une première partie de circonstance

En ouverture, on retrouve le duo chicagolais OHMME, projet de Sima Cunningham et Macie Stewart. Les deux guitaristes, qui encadrent un batteur sur scène, sont des proches de Jeff Tweedy pour avoir déjà assuré des premières parties de ses concerts en solo. Elles se présentent dans un français irréprochable, puis s’appliquent à jouer des titres plutôt accrocheurs de leur premier album, “Parts”.

Leurs belles voix s’accordent parfaitement, et les recherches dans les mélodies et les rythmiques atypiques rappellent Dirty Projectors ou Talking Heads. Passage réussi pour Ohmme, qui quitte la scène sous les vifs applaudissements des spectateurs.

“What was I thinking when I said bonjour”

WILCO fête ses vingt-cinq ans de carrière cette année avec “Ode To Joy”, un onzième titre d’album qui est synonyme de santé de fer et d’inspiration intarissable pour les Américains. Si tous leurs disques ne se sont pas toujours révélés révolutionnaires, à commencer par les plus récents, ils ont systématiquement été réalisés avec un sens de la composition et de l’interprétation constant et irréprochable. C’est probablement la plus grande qualité du groupe. A cet égard, le live en apporte la preuve vivante. Les cinq musiciens entament le set doucement par deux nouveaux morceaux, “Bright Leaves et “Before Us”. Puis le classique “I Am Trying To Break Your Heart” vient emporter l’adhésion du public pour la soirée sans difficulté.

La classe américaine

Pas de blabla pour Jeff Tweedy. Flegmatique, il est venu pour jouer avec sa troupe et il n’a pas le temps de répondre aux questions qui fusent parmi l’auditoire. Un concert peut paraître long quand il n’y a strictement que la musique entre la scène et le public, sans échanges ou presque. Heureusement, c’est ici tout l’inverse, grâce au dosage idéal entre des moments purement électriques et d’autres qui viennent apaiser l’atmosphère.

“Hummingbird” et “Reservations” s’enchaînent bien avec des titres plus rentre-dedans comme “Random Name Generator” et “Bull Black Nova”. Sur “Via Chicago”, Glenn Kotche surprend l’assemblée avec des parties apocalyptiques à la batterie. Plus tard, Nels Cline se lance dans un solo monumental pour la dernière ligne droite de “Impossible Germany”. C’est probablement le moment le plus absorbant du concert, en témoignent les longs applaudissements de l’audience. Même Tweedy s’incline.

Le temps passe sans qu’on s’en rende compte et les morceaux se succèdent les uns aux autres au compteur, au point de dépasser la vingtaine. Par rapport à leur passage parisien de 2016, les Américains peuvent se vanter d’être toujours aussi rodés et increvables. Ils ont monté une setlist presque aussi longue que leur carrière, en livrant la quasi totalité du prochain disque. On connaissait déjà l’excellent premier single “Love Is Everywhere (Beware)”, le reste paraît aussi bon. Comme tour de chauffe, le groupe a réussi son coup. Une fois hors de la salle, on n’en est que plus pressé de voir arriver le mois d’octobre.

Rien ne semble forcé dans un concert de Wilco. Le décor, les prises de parole, les attitudes des musiciens, tout est limité au minimum vital pour laisser la musique saisir artistes et spectateurs. Mission largement accomplie en deux bonnes heures de show orchestrées avec grande classe et consistance.

Wilco Setlist Le Trianon, Paris, France 2019, Ode to Joy

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Gabrielle de Saint Leger
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