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WHILE SHE SLEEPS / CANCER BATS @ Petit Bain (20/04/15)

(Spoiler alert – ne seront traités ici que Hundredth et While She Sleeps : le planning des interviews et surtout, notre grand manque d’omniscience nous a empêché de voir l’intégralité de tous les sets)

Première affiche véritablement excitante de ce printemps 2015, le Petit Bain accueille la co-headline des Anglais de While She Sleeps et des Canadiens de Cancer Bats. Plus de deux ans d’absence pour les deux groupes sur nos terres (si l’on ne compte pas l’opening de WSS pour In Flames en novembre dernier), deux très bons albums récemment sortis (“Brainwashed” / “Searching For Zero“) donc autant dire que l’attente était grande. Pour ajouter du piment, privilégiez l’ajout d’un groupe attirant nos chers utilisateurs de Tumblr (Hundredth) et l’ovni hardcore/crust Oathbreaker.

Ce sont les derniers cités OATHBREAKER qui ouvrent les hostilités. Dégustant de délicieuses québécoiseries en compagnie de notre cher Liam Cormier, on ne peut assister qu’au dernier morceau du groupe sur scène. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ambiance dénote clairement du reste de la soirée : c’est sombre, c’est glauque, les hurlements de la frontwoman glacent le sang et l’instrumentale épileptique de cette dernière chanson progressive trouve peu d’écho chez nos compères over-tatoués de la fosse. Dommage. Pour avoir déjà vu Oathbreaker il y a deux ans à l’OTB Fest (une affiche bien plus à leur image), on sait que le groupe est excellent et mérite un accueil bien plus chaleureux qu’il fut lundi dernier. Et par chaleureux, on entend autre chose que les 50°c régnant dans la salle.

A HUNDREDTH de foutre le bordel dans la salle. Celle-ci est déjà bien plus remplie et plus enthousiaste à l’idée de profiter du set des Américains. La formation distille un melodic hardcore extrêmement en vogue ces deux dernières années et le fait bien, c’est indéniable. Rythmique hautement soutenue, break dévastateurs et punchlines par centaines, le public en a pour son argent. Le frontman n’est pas avare en compliments et en sollicitations et la salle apprécie. Les paroles de certaines chansons sont mêmes scandées par les premiers rangs d’une fosse qui commence à suer sévèrement. La bande ne s’économise pas et que l’on soit fan du style ou pas, il faut reconnaître la qualité de la formation. Le groupe termine le set par une chanson de son album à venir et laisse une audienc décidément bien chaude pour cette douce soirée d’avril.

Malheureusement, du set de CANCER BATS on n’aura pu voir que les trois derniers titres, soit “Sabotage”, “Hail Destroyer” et “True Zero”. Soit trois tubes en puissance. Le combo est toujours aussi enthousiaste et communicatif sur scène, Liam use de son aisance et de son humour pour motiver encore plus la fosse à se démener et musicalement parlant, ces trois chansons font terriblement mouche. Dommage de n’avoir pas vraiment pu profiter de l’intégralité du set des Bats.

Mais ce serait mentir que de nier que la véritable attente se trouvait du coté des Anglais de WHILE SHE SLEEPS. Deux ans et demi après une prestation en demi teinte lors de la première édition du Damage Festival, une opération de la gorge et un deuxième album réussi entre temps, While She Sleeps revient en tête d’affiche à Paris. Un backdrop rouge comme la cover de “Brainwashed”, les britanniques débarquent sur un “New World Torture” déjà connu de tous. Le combo n’utilise pas de bandes pour les gangs vocaux qui accompagnent les chansons et c’est une véritable progression ainsi qu’une véritable preuve de son succès grandissant : l’assemblée se charge des choeurs. Ainsi, le refrain du premier single issu du dernier opus prend des airs d’hymne lors que vient le dernier de la chanson. C’est d’ailleurs la chanson-titre de ce deuxième effort qui s’ensuit. Véritable brulot metal, le dernier break absolument ravageur termine la fosse qui n’en revient pas de la décharge de puissance qu’elle vient de se prendre en moins de dix minutes. Si “This Is The Six” est apprecié, que dire de “Seven Hills” ? Véritable hymne à l’amitié, ce morceau provoque pour une fois l’unité dans la fosse. Ca danse, ça chante, ça hurle et ça transpire. On tombe enfin dans le vrai et le quintette s’en réjouit fortement. Loz ne manque pas de faire remarquer que c’est leur meilleure date en terre parisienne depuis le début de leur jeune carrière. “Death Toll” est d’une puissance incroyable une fois de plus. WSS a son un massif et un jeu de scène hyper efficace et spontané. On sent vraiment que les musiciens cultivent cette démarcation qui les tient éloignés des autres formations hyper stéréotypés de la même scène. C’est à la fois plus metal, mais aussi plus punk. Par ailleurs, l’opération de Loz lui a vraiment été bénéfique. Le chanteur maîtrise parfaitement ses cris pourtant extrêmement éraillés et ne faiblit pas une seule seconde durant cette heure de set. Ce qui a pour conséquence de mettre Mat un peu en retrait. Le guitariste-chanteur assurant ses parties avec justesse, mais en laissant le clou du spectacle à son longiligne frontman. “Our Courage Our Cancer” est définitivement la meilleure composition écrite par le groupe et l’auditoire ne s’y trompe pas. Quelle intensité ! Quelle puissance ! Quelle union lorsque, bras tournés vers le ciel, la foule supplée le groupe sur “the best parts of you still live in me”. L’interlude “We’re Alive At Night” introduit le dernier tiers du set des Anglais avec la bro-song “Our Legacy”. Moins efficace qu’un “Seven Hills”, le titre permet cependant aux fans de la dernière heure de s’époumoner sur son refrain si catchy. Lorsque vient “Crows”, ce sont les fans de la première heure qui jouissent. “Give me your hand” est scandé par une partie de la fosse et l’on s’en va tranquillement vers un “Four Walls” d’anthologie qui terminera cette soirée brûlante.

Excellente prestation des While She Sleeps ce soir. On ne s’attarde volontairement pas sur ce public toujours plus caricatural dans la capitale car, à défaut d’être authentique, il fut enjoué le temps d’un soir. Quant à WSS, ils sont définitivement partis pour être the next big thing dans la sphère metal.

Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN