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WE LOVE GREEN 2019 : on y était !

L’été avant l’heure, les Parisiens ont pu profiter d’un week-end ensoleillé arrosé de musique et de bière (avec modération bien entendu) avec le We Love Green. Entre nouveautés musicales, conférences sur le climat et artistes confirmés des différents genres, l’affiche du festival se déroulant au Bois de Vincennes avait de quoi combler les plus exigeants. Récit d’un week-end chaud, humide et musical !

Samedi 1er juin

YAK (La Canopée) – Après un set remarqué à La Maroquinerie et en première partie de Foals, c’est toujours un plaisir de retrouver la formation britannique. Foulant la scène de la Canopée, c’est avec son éternel pantalon blanc (devenant de plus en plus gris au fur et à mesure des prestations) qu’Oliver Burslem arrive sur scène.

Lunettes de soleil sur le nez et clope au bec, le chanteur n’est pas en terrain conquis. Le set s’effectue devant une fosse clairsemée et massée contre la scène pour profiter de l’ombre. Un concert sans surprise mais bien exécuté.

AYA NAKAMURA (La Prairie) – Du côté de la grande scène de We Love Green, la fosse est noire de monde. Que ça plaise ou non, la rappeuse est devenue la tête de proue de la pop urbaine. Au départ gênée par la grandeur de cette scène elle prend confiance en elle et propose un set rythmé.

Très vite, on va rencontrer un problème qui sera récurrent ce week-end : le son. Celui ci est plus ou moins bon. Malgré cela, le pari est réussi pour Aya Nakamura.

IDLES (La Clairière) – Revenons sur nos pas pour rejoindre le set d’Idles. Et on n’a pas été déçu du voyage. Idles est un groupe avec lequel ça passe ou ça casse. Et vu l’ambiance de la fosse sous la Clairière, ça a l’air de passer. Les titres “I’m Scum” et le final “Rottweiler” recueillent les applaudissements parmi les plus nourris.

Chaque membre du groupe vit le set à sa manière : les mouvements sont complètement imprévisibles. Entre les demandes pour voir des filles dans le pit et le guitariste qui joue en sous vêtements, les Anglais de Bristol proposent un concert désordonné et plein de surprises.

REX ORANGE COUNTY (La Prairie) – La scène semble beaucoup trop grande pour le jeune homme à la voix chaude et soul en diable. Le son du micro est quasiment inaudible. Problème vite corrigé mais qui laisse un certain flottement pour tout le reste de la performance.

S’y ajoute un certain temps de latence entre deux chansons parfois long. La fosse est très clairsemée, plutôt en train de dîner que de se trémousser. Une performance qui n’en est pas vraiment une, et un set peu mémorable pour l’Anglais.

METRONOMY (La Prairie) – Metronomy c’est le genre de groupe qu’on a l’impression de ne voir qu’en festival. Beaucoup de spectateurs ont convergé vers la Prairie pour le set de la formation. Les musiciens entrent en scène tous vêtus de bleu et de blanc. L’ambiance est hyper chaleureuse dans la foule (merci les températures qui baissent), et c’est un véritable dancefloor qui se crée.

La setlist est consacrée en grande partie à de nouveaux morceaux plus puissants que les anciens titres. Un concert qui n’est pas forcément renversant mais qui respire la bonne humeur et le plaisir.

REQUIN CHAGRIN (Think Tank) – On manque le début du set pour cause d’esquisses de pas de danse sur ” You Could Easily Have Me” de Metronomy. Signé sur le label d’Indochine, Requin Chagrin propose une pop rêveuse agrémentée de synthétiseurs. La voix grave de Marion Brunetto se fait douce comme langoureuse.

Le morceau “Sémaphore” rassemble tous les suffrages et les quelques fans présents devant la scène en sont ravis. Un set très agréable, proposant un voyage éthéré et reposant pour cette fin de soirée.

SLEAFORD MODS (La Canopée) – Quittons la bulle paisible du Think Tank et passons à l’énergie punk. Place à l’une des formations britanniques les plus énervées de ces dernières années. Le duo originaire de Nottingham ne sera pas dans une configuration idéale avec juste une console et un micro sur pied. On profite mieux de son rap punk agressif en salle.

Malgré tout, le set est ébouriffant. Les morceaux mêlent textes vindicatifs sur un mode parlé-hurlé avec danses épileptiques. Une véritable expérience pleine de sueur, de morgue et d’euphorie.

Dimanche 2 juin

ALTIN GÜN (La Prairie) – Direction la Turquie ! Dès le départ, les problèmes de son de la veille sont présents : mal calibré, trop bas, trop haut. Bref, toujours aussi désagréable. Le groupe fait face à un double défi : jouer devant un public clairsemé et à une heure relativement matinale. Sans compter sur la chaleur qui s’est de nouveau invité. Mais dès les premières notes, les spectateurs accrochent au funk rock oriental des Néerlandais. Un agréable moment quelque peu répétitif qui convenait bien à une après midi ensoleillée.

POND (La Canopée) – Du monde pour le groupe prêt à endurer le soleil brûlant de 15h30. Public emballé ou beaucoup de fans ? Sûrement un peu des deux. Nick Allbrook offre un spectacle halluciné à grands coups de jeu de scène flamboyant.

Le son est bon et la musique aussi. Les titres sont accrocheurs, inspirés et les quelques extraits du nouvel album “Tasmania” ont du succès. Festif et bien mené, le concert des Australiens est un excellent moment.

COURTNEY BARNETT (La Clairière) – Au vu du monde débordant de la tente, le set de l’Australienne est très attendu. La setlist est différente de celle du Casino De Paris et propose un bon équilibre entre les titres des deux albums. Le son est violent, la voix parfois criarde et fausse, mais cela fait tout le charme rock de la chanteuse.

Une fin de concert en forme de feu d’artifice avec l’enchaînement des deux titres phares “Nobody Really Cares If You Don’t Go To The Party” et “Pedestrian At Best”. Une belle dose de rock and roll dispensée à une audience nombreuse et enthousiaste. L’une des artistes féminines qu’il fallait voir ce week-end.

VALD (La Prairie) – En plein cagnard devant la grande scène de la Prairie, le concert de Vald s’annonce éprouvant. Malgré la chaleur torride, le public est au rendez-vous et se dandine allègrement sur les morceaux de l’artiste. On peut rester de glace devant le rap de Vald mais pas insensible devant l’ambiance qui se dégage de la fosse.

We Love Green oblige, Vald se doit de glisser quelques mots sur la sauvegarde de notre chère planète bleue et verte. Celui-ci a en tout cas pris beaucoup de plaisir pendant sa prestation.

FLAVIEN BERGER (La Clairière) – L’une des plus grosses affluences de tout le festival sous la tente de la Clairière ! Au milieu d’une après midi plutôt féminine, Flavien Berger est en forme. Le petit prince de la pop électronique façon Daho (dans les textes ou les rythmiques) nous balance ses titres les uns après les autres, les entrecoupant de quelques tirades très second degré. Il le dit lui même, il “gagne du temps entre les morceaux”.

Un ovni dans le paysage électro avec ses morceaux aux noms absurdes et inspirés du meilleur comme du pire des années 1980. Une dernière “Fête Foraine” et puis s’en va.

TAME IMPALA (La Prairie) – Probablement le concert le plus attendu de tout le festival. On est près de trente mille à attendre d’être immergé dans l’univers poétique de Tame Impala et de sa tête pensante Kevin Parker. Caché derrière ses cheveux longs et dans la pénombre, celui dont on ne verra presque pas le visage ouvre le bal avec “Let It Happen”.

On a la sensation de basculer dans un monde fait de fumée blanche et de son hypnotique. Le lightshow est spectaculaire et aussi psychédélique que ses morceaux. On touche parfois du doigt le génie des morceaux de Pink Floyd, l’effet des psychotropes en moins. C’est beau, intense et tellement bien joué que ça peut sembler manquer de personnalité.

Qu’importe, les deux nouvelles bombes “Borderline” et “Patience” vont nous réconcilier avec une setlist dont les derniers titres datent de 2015.

Le rappel “Feels Like We Only Go Backwards” et “New Person, Same Old Mistakes” nous laisse comme un goût d’inachevé. On aurait bien aimé passer encore quelques chansons dans cet univers planant.

Cette année, le succès aura été au rendez vous de We Love Green avec une affluence d’environ quatre-vingt mille personnes. Pour quatre-vingt mille spectateurs, ce sont quatre-vingt mille arbres de plantés. L’objectif écologique est tenu pour les organisateurs.

Côté performances, la qualité et l’éclectisme était au rendez vous (tout comme une météo plus que clémente).

Seul bémol : les points d’ombre rares et l’affluence record du samedi où il était difficile de se frayer un chemin. Au delà de ces détails logistiques et météorologiques, l’édition 2019 de We Love Green aura tenu toutes ses promesses. Rendez vous en 2020 !

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