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WALKING PAPERS @ Petit Bain (20/09/18)

Cinq années après leur dernier passage, les Américains s’accordent enfin une nouvelle escapade européenne !

Pour l’une des dernières soirées estivales de la saison, rendez-vous au Petit Bain pour une dose de rock n’roll. Alors qu’une soirée/session rap prend lieu au-dessus, c’est bien les Français GUTTERCATS qui ouvrent le bal. Devant un parterre clairsemé, le quatuor passe outre et dévoile sa musique. Durant un peu plus d’une demie heure, Guts, Fred, Lick et Adrien enchaînent les titres rock où se mêlent les lignes acoustiques et électriques, une solide basse et une batterie simple mais efficace. Le public bien que timide, apprécie et encourage la formation. Cette mise en bouche est agréable bien que musicalement certains morceaux sont à rallonge, il est parfois difficile de s’y retrouver. A noter l’utilisation old school du vibrato, tel qu’on peut le retrouver dans le rockabilly, apportant un grain particulier aux guitares, mais qui se répète un peu trop d’un morceau à l’autre. Bien qu’éloigné de ce qui nous attend par la suite, les locaux ont fait le show.

 

 

Il est maintenant l’heure d’accueillir les WALKING PAPERS. Avant d’attaquer la prestation, il peut être nécessaire d’en (re)dire davantage les concernant. Initié par Jeff Angell (chant/guitare) et Barrett Martin (batterie) en 2012, c’est principalement avec l’arrivée de Duff McKagan (basse) et les apparences furtives de Mike McCready (Pearl Jam), qui vont faire parler du groupe. Avec la sortie d’un premier album, éponyme, en 2013, le groupe enchaîne de nombreuses tournées et voyagent souvent en Europe. Mais 2018 et la sortie de “WP2”, le nouvel album, marque une nouvelle page dans l’histoire de la formation. Engagés dans de nombreux autres projets, Duff et Barrett ne sont plus de l’aventure. Ne reste alors plus que Jeff et Benjamin Anderson (claviers).

 

 

Deux nouvelles donc : le line up est maintenant différent et le groupe a sorti un nouvel opus, et nous n’en avons pas eu beaucoup d’écho. Que vaut cette nouvelle monture ? Le duo est maintenant accompagné de Tristan Hart Pierce (guitare), Dan Spalding (basse), Will Andrews (batterie) et Gregor Lothian (saxophone). Scéniquement et musicalement, WP a évolué. Mis à part trois petits nouveaux titres, c’est majoritairement le précédent album qui occupe l’espace. Bien qu’il s’est écoulé de nombreuses années depuis son dernier passage, le constat est saisissant : Walking Papers est devenu tout autre. Les morceaux sont les mêmes mais l’interprétation, la vibe, l’osmose sur scène et l’image renvoyée est totalement différente. Jeff ne se consacre plus qu’au chant. L’apport du saxophone est certes minime, mais on ressent tout de suite plus une ambiance cozy, à la limite d’un jazz club.

 

 

L’impression de faire face à des hors la loi se confirme d’ailleurs. Outre le look, l’attitude, le sérieux et le jeu des musiciens en sont le parfait reflet. A un tel point même qu’il est parfois compliqué de reconnaître certains morceaux, la réinterprétation étant passée par là. Malgré la faible affluence, l’audience est plongée dans un univers particulier, comme happé dans une aventure unique et fait abstraction justement. L’expérience devient plus intimiste que jamais. Ceci n’empêche pas une poignée de fans de réagir avec fougue lorsque leurs titres préférés sont joués. 23h10 sonne la fin de cet excellent concert et Jeff, peu bavard, affiche une certaine émotion lors qu’il est temps de quitter la scène.

 

 

RockUrLife a suivi la formation depuis ses débuts en Europe et il faut bien dire qu’on assiste à un intéressant virage musical et scénique. Vous pouvez clairement vous en mordre les doigts, ce concert fut beau !

Setlist :

This Is How It Ends
How It Feels
Death On The Lips
Hard To Look Away
Somebody Else
I’ll Stick Around
King Hooker
Into The Truth
A Place Like This
The Butcher
Every Man For Himself
Capital T
Two Tickets And A Room
Already Dead
The Whole World’s Watching
Your Secret’s Safe With Me
Leave Me in The Dark
Red And White

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