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VANS OFF THE WALL MUSIC NIGHT 2013 @ Bataclan (17/11/13)

Après une petite mais bonne date parisienne à la désormais défunte Scène Bastille l’année dernière avec Young Guns, Your Demise et Don Broco, le Vans Off The Wall Music Night Tour est de retour et a troqué son ambiance intimiste pour une salle dix fois plus grande, ainsi qu’un line up présentant des groupes de renommée mondiale. C’est alors au Bataclan que Only Talent Productions nous donne rendez-vous pour voir Parkway Drive, pour qui la salle est déjà familière, accompagné de We Came As Romans, Memphis May Fire et Like Moths To Flames. Soirée plus que réussie.

19h30. Les lumières s’éteignent, des acclamations résonnent dans l’enceinte du Bataclan et la salle, déjà assez remplie, accueille les Américains de LIKE MOTHS TO FLAMES pour une vingtaine de minutes de set, débutant avec “The Worst In Me”. Le Vans Off The Music Night peut enfin commencer, sous fond de guitares acharnées, fûts en folie et cheveux longs. Une poignée de fans est présente et reprendra les paroles de “Learn Your Place” ou encore “GNF”, normalement interprétée en duo avec Danny Leal de Upon A Burning Body, qui sera remplacé par le chant de l’ex-Emarosa Chris Roetter allié aux quelques voix de l’audience. Ce sont des musiciens investis que l’on rencontre sur scène pendant que les mosheurs profitent du grand espace du pit qui sera bientôt beaucoup moins praticable. Le set touche à sa fin avec un titre issu de “When We Don’t Exist” (2011), l’efficace “You Won’t Be Missed”. Une bonne performance bien que courte ainsi qu’une bonne énergie, malgré des clean vocals quelques peu bancals de la part du frontman. Un apéritif sympathique donc, mais il faudra attendre Memphis May Fire pour que l’ambiance et la réceptivité du public montent d’un cran.

C’est après un passage au Batofar, débordé de monde, aux côtés d’Of Mice & Men l’année précédente que l’on retrouve donc MEMPHIS MAY FIRE sur les terres françaises, non pas en co-headline mais en première partie de Parkway Drive cette fois-ci. Incontestablement toujours aussi bien accueillis en France, c’est sous une vague sonore abondante déclenchée par le public que le groupe fait son entrée avec “Without Walls”. Un public qui commence à réellement bouger et reprendre des titres tels que “The Victim” ou “The Sinner”, tous les deux issus de “The Hollow” paru en 2011 (la formation ayant privilégié pour la tournée des tracks du dernier album “Challenger”). Matty Mullins fera une pause afin d’interagir avec l’audience, leur livrant un speech sincère avant d’enchaîner avec “Legacy”. Il est déjà l’heure de la dernière chanson, et accessoirement une des plus célèbres de la formation : la très catchy “Prove Me Right”, qui aura le mérite d’être très efficace en live et d’achever un set concluant. Mais malgré une présence scénique incontestable, MMF n’a pas retourné la salle mais la juste remuer partiellement… Un groupe cependant prometteur qui n’aura pas de mal à figurer parmi les plus grands s’il continue sur sa lancée.

Pause fumette pour certains, boulot pour d’autres : pendant l’entracte, les roadies en profitent pour habiller la scène du Bataclan d’un nouveau décor, sur lequel on aperçoit le nom de WE CAME AS ROMANS. Une bonne dizaine de minutes s’écoule et la salle est soudainement replongée dans l’obscurité : “Tracing Back Roots” résonne et c’est parti pour la troisième et dernière première partie ! Les jeux de lumières sont de sortie et les musiciens sont déjà prêts à satisfaire l’audience, avec Joshua Moore et Lou Cotton à la guitare, Andy Gass à la basse et Eric Choi derrière les fûts, et c’est un David Stephens (scream) en forme qui posera ensuite le pied sur scène. Mais un… deux… trois… quatre… cinq… woops, la tribu n’est pas encore au complet ! Kyle Pavone manque à l’appel mais débarque sur scène rejoindre ses acolytes un peu plus loin dans la chanson. Pendant que l’audience jump ou se contente de regarder, c’est la bonne humeur dans le pit, où les parties clean assurées par la voix haut perchée de Kyle déclencheront des imitations ironiques entre amis lorsque viendra “Fade Away”, véritable nouvel hymne de WCAR, soit dit en passant outrageusement efficace. La bonne humeur, justement, continue de battre son plein avec une petite touche de légèreté dans la setlist : une cover de “Glad You Came” de The Wanted, initialement aux antipodes de l’univers du groupe mais cependant reprise à la sauce post hardcore We Came As Romans pour une recette réussie. Le set ne fait pas figure de claque musicale mais demeure cependant appréciable et même sympathique, le combo privilégiant son dernier essai, peu convaincant en version studio, mais qui aura tout de même le mérite de faire participer la majorité de la fosse sous fond de sing alongs, notamment avec “Hope”, premier single de “Tracing Back Roots” et certainement meilleure track de l’opus. Vient déjà le moment de la dernière chanson : retour en 2009 avec “Plant A Seed”, issue du disque du même nom. Le Bataclan gronde de chaussures qui sautent sur son plancher, de mains levées et de cordes vocales qui s’éraillent pour les dernières minutes du set, avant que le groupe ne quitte la scène franchement applaudi. Les fans semblent s’amuser au Vans Off The Wall Music Night mais pour une grande partie de l’audience, les premières parties n’ont fait figure que de mises en bouche avant que le “vrai” concert ne commence avec les patrons du metalcore.

La tension est palpable. Malgré les divers noms du line up, les trois quarts de l’audience ne jurent que par un seul et même groupe : PARKWAY DRIVE. Prononcez-en le nom et vous obtiendrez en retour nombres d’éloges quant à leur capacité déconcertante à retourner une salle, sans jamais, ou très rarement, décevoir leur public. L’excitation et l’impatience sont alors à leur maximum lorsque les lumières s’éteignent et qu’une poussée de cris digne d’un Hellfest vienne s’emparer de la salle. Après une intro laissant paraître des jeux de lumières à en mettre plein la vue, c’est l’heure pour PwD de sonner le glas, et quel glas… Ce ne sera pas moins que “Dark Days” qui fera office de première chanson, issue de l’excellent dernier album “Atlas” (2012). Le public est plus au taquet que jamais face à un groupe souriant à souhait (ah, les australiens et leur état d’esprit…), hurlant des “Hey! Hey!” en chœur avant même ceux du refrain afin de soutenir un Winston McCall déjà époustouflant vocalement parlant. Alors que les fans s’en prennent déjà plein les yeux, des jets de fumée grandioses surprendront le public juste avant le breakdown. Le show a pris place il y a moins de cinq minutes et c’est déjà le gros bordel… on en attendait pas moins de Parkway ! L’ambiance bat son plein et c’est maintenant l’heure des circle pits (dont un serait fait sur scène par les membres du groupe sous fond de plaisanterie) avec “Karma” : dans la fosse, ça saute, ça mosh, ça two step, ça pogote… et tout ça dans le même espace ! Le public va cependant devoir reprendre son souffle car la chanson suivante n’est autre que “Home Is For The Heartless”, déjà majestueuse à peine commencée, avec un parterre de fans qui scandera à l’unisson les premières lignes : “If home is where the heart is, why do I feel so fucking heartless?”. Des riffs de guitares de Jeff Ling, Luke Kilpatrick et Jia O’Connor, quelques couplets assurés par le frontman et des jets de confettis plus tard, le Bataclan reprend en chœur les “Wohoho! Wohoho!” du refrain sous les regards reconnaissants des musiciens, tout aussi investis les uns que les autres. La claque est définitivement donnée, et sera même réitérée avec le titre suivant : “The River”. Avec une chanson pouvant être qualifiée comme un des meilleurs singles de la formation, le public est sous le charme et renvoie généreusement au groupe toute l’énergie qu’il lui donne. Retour plus loin à l’album “Killing With A Smile” (2005) avec l’indétrônable “Romance Is Dead”, qui transformera le Bataclan en champs de bataille rageur. Les coreux et metalheads ne font alors qu’un pour crier le fameux passage “SO CRY ME A FUCKING RIVER BITCH!” avant de reprendre leurs esprits (et leurs bras et jambes perdus dans la fosse) pour attaquer le titre suivant. Winston lance un “1, 2, 3, deliver me!” et le public comprend qu’il est évidemment question de “Deliver Me”, un des titres les plus heavy et efficaces en live. Les musiciens sont d’une technicité imparable, Ben Gordon s’acharnant sur sa batterie, et complices avec les fans ayant achevé leur crowdsurfing sur scène et poursuivant leur parcours par un stagediving dans la marée humaine s’agitant depuis maintenant plus d’une bonne heure. Quelques paroles et remerciements échangés avec l’audience et c’est déjà le moment pour Parkway Drive d’entonner sa dernière chanson au regret des 1500 spectateurs : ce sera “Wild Eyes”, qui aura le don de rendre l’assemblée complètement “wild” en effet… sing alongs à gogo et défilé de stagedivings sous une douche de confettis, le parterre de fans puisera dans sa réserve cachée d’énergie pour assurer une fin de show plus que dingue, à la hauteur du spectacle délivré.

Les australiens quittent la scène sous un brouhaha d’applaudissements et de cris so metal, mais décident de revenir quelques minutes plus tard pour l’encore. “This song is called “Carrion”, you know this shit, come on!” s’exclama Mr McCall dont la voix sera rejoint une seconde plus tard par les cordes de guitare de Mr Ling. Les bras s’agitent de droite à gauche et on assiste à un “CARRIOOOON!” complètement ahurissant chanté d’une seule voix par un Bataclan aux anges. Si vous pensiez vous y connaître en marée de stagedivings, voici pour vous un nouveau phénomène : le tsunami de stagedivings, qui consiste à ne pas simplement s’incruster sur la scène, mais à carrément l’envahir et s’en emparer. Se sera alors plusieurs dizaines de fans que l’on retrouvera aux côtés des musiciens, assez étonnés mais toujours aussi souriants et chaleureux. Les dernières notes résonnent et c’est sous une tempête de fumée + confettis que Parkway Drive s’en va, laissant derrière eux un bazar monstre, des oreilles qui sifflent, des bleus en pagaille et sûrement quelques cicatrices, mais surtout beaucoup de souvenirs dans la tête des chanceux présents ce soir-là.

Un Bataclan, une bonne scène, un bon son, un bon public et trois premières parties appréciées, voilà les ingrédients qui ont aidé le public à patienter pour la tête d’affiche. Avec une fanbase au rendez-vous qui n’a pas chômé pour montrer son enthousiasme, Parkway Drive a offert à la salle parisienne un best of de toutes ses meilleures chansons, interprétées de la plus remarquable façon qu’il soit par un frontman irréprochable vocalement, supporté par des musiciens de choix. Un concert sensationnel boosté par un dynamisme poussé à l’extrême et une volonté de bien faire. Les patrons du metalcore, effectivement.

Setlist :

Intro
Dark Days
Sleepwalker
Karma
Home Is For The Heartless
Idols And Anchors
Boneyards
The River
Swing
Romance Is Dead
Deliver Me
Wild Eyes
—-
Carrion