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TRIVIUM @ Cabaret Sauvage (22/03/17)

Après son passage réussi au Download Festival France l’été dernier, les Floridiens de Trivium sont de retour dans la capitale pour nous présenter, non pas un nouvel album, mais une belle synthèse de leur carrière.

C’est dans un Cabaret Sauvage quasiment plein à craquer que les Anglais de SHVPES entament la soirée. Le combo est mené par Griffin Dickinson… qui n’est autre que le fils de Bruce Dickinson (chanteur d’Iron Maiden). La plupart des titres de ce soir sont issus du premier album, “Pain. Joy. Ecstasy. Despair.”, sorti en octobre dernier. Avec son mélange de fusion rendant hommage à Rage Against The Machine couplé à une sorte de rock fédérateur, SHVPES n’a aucun mal à s’accaparer la ferveur de la foule. Si le set est bien en place, il faut avouer que l’ensemble sonne un peu convenu. Le set se ponctue sur un braveheart improvisé et sur l’annonce de la participation des Britanniques au Hellfest !

Vingt minutes plus tard, la foule se compresse un peu plus pour accueillir SIKTH, également d’Angleterre. Mené par deux chanteurs, le style musical est déstabilisant et part dans tous les sens. On pense à la technicité d’un The Dillinger Escape Plan couplée à la folie d’un System Of A Down première période. Si les deux voix, claire et growl, s’alternent avec efficacité, la déluge de technique rend parfois l’ensemble un peu brouillon, le son moyen n’aidant pas. Les Anglais restent impressionnants et font tellement bondir la foule que l’on en oublierait presque que Trivium doit jouer après. Au final, l’aspect brouillon est balayée par la diversité des morceaux, les trois albums studios et les nombreux EP permettant de puiser dans des atmosphères assez variées. Quarante-cinq minutes plus tard, le Cabaret Sauvage paraît un peu essoufflé face à SikTh mais reste bien prêt à accueillir les stars de la soirée.

21h30, les lumières s’éteignent et retentie “Run To The Hills” d’Iron Maiden. Gonflé à bloc, le public scande les paroles. Mais lorsque l’hymne heavy metal se termine, résonne l’introduction “The End Of Everything”, un titre qui laisse très largement entrevoir ce qui arrive. Lorsque TRIVIUM débarque sur scène sous un tonnerre d’applaudissements, les Américains envoient “Rain” qui fait décoller l’assemblée d’une seule traite. Si le son ne rend pas pleinement justice à cet hymne du metalcore, Trivium montre qu’il n’a rien perdu de sa magie. La voix de Matt Heafy a bien évolué en quinze ans : son growl s’est perfectionné mais sa voix claire semble un peu plus faiblarde et moins grave. Il faut dire que le groupe a débuté cette tournée le 11 février et que cette date fait partie des trois dernières.

Comme attendu, Trivium revisite tous ses albums : la tubesque “Down From The Sky” et “Throes Of Perdition” sur “Shogun” (2008), “Dusk Dismantled” et “Forsake Not The Dream” de “In Waves” (2011) et un seul titre de “The Crusade” (2006), l’excellente “Throes Of Perdition” qui entraîne un braveheart mémorable. Même “Pillars Of Serpents”, du premier album “Ember To Inferno” (2003), n’est pas oubliée ! L’audience de Trivium s’est élargie puisque si certains présents ce soir les suivent depuis ses débuts, d’autres, peut-être trahis par leur jeune âge, ont rejoint les rangs plus récemment. Et pourtant, c’est bel et bien “Ascendancy” (2005), qui a propulsé le quatuor à l’époque, qui remporte tous les suffrages. L’enchaînement “The Deceived” / “Dying In Your Arms” marque un tournant majeur de la soirée et c’est également sur ces morceaux que la formation prend le plus son pied.

On ne peut pas en dire autant des titres issus de “Silence In The Snow” (2015), pas légions et qui semblent moins bien fonctionner. La chanson titre, reprise en chœur par tout le Cabaret Sauvage, sauve Matt Heafy dont le chant clair est sa seule faiblesse ce soir. “Until The World Goes Cold” entraîne en revanche un moment particulier de communion entre l’auditoire et les Floridiens. Trivium montre qu’il est largement en mesure d’assumer ce nouveau virage rock sur scène.

Après un “Pull Harder On The Strings Of Your Martyr” d’anthologie, les membres quittent la scène. Quelques instants plus tard, Trivium vient terminer proprement le travail sur l’incroyable “In Waves”, qui sans mauvais jeu de mots, déclenche des vagues de marées humaines, des cris et vient finalement ponctuer 1h30 d’un set solide. Moment d’une rare intensité.

Malgré la fatigue apparente de fin de tournée, Trivium confirme une fois de plus son statut de groupe de scène tout en signant un magnifique bilan de sa carrière grâce à une setlist best of qui aura forcément contenté tous ses fans, les jeunes comme les moins jeunes.

Setlist :

Rain
Forsake Not The Dream
Down From The Sky
Rise Above The Tides
Entrance Of The Conflagration
The Deceived
Dying In Your Arms
Strife
Dusk Dismantled
Throes Of Perdition
Silence In The Snow
Pillars Of Serpents
A Gunshot To The Head Of Trepidation
Until The World Goes Cold
Pull Harder On The Strings Of Your Martyr
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In Waves