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TRADE WIND @ L’International (05/05/19)

Quelques semaines après la sortie de son deuxième album intitulé “Certain Freedoms”, le supergroupe pose ses valises dans la capitale pour une date intimiste à l’International.

La tâche d’ouvrir la soirée revient à SCOTT RUTH, auteur-compositeur-interprète californien peu connu au bataillon, qui doit malheureusement se défendre dans une salle quasiment déserte. Au gré de ses ballades acoustiques, le musicien berce le maigre auditoire de sa voix agréable, livrant une mise en bouche toute en émotion et douceur.

Une quinzaine de minutes plus tard, la Californie s’invite à nouveau avec MODERN COLOR. Se situant entre rock alternatif et shoegaze, la bande offre un set aux sonorités aussi mélodiques que brutales, alliant guitares incisives et scream acharné, pour un ensemble des plus cacophoniques. Quelques connaisseurs éparpillés dans la salle se voient rassasiés par cette performance fiévreuse.

Aux alentours de 21h30, la tête d’affiche TRADE WIND investit la petite scène de l’International pour une heure de set. L’audience retrouve alors des têtes familières : Jesse Barnett, initialement frontman de Stick To Your Guns et Tom Williams, guitariste de Stray From The Path, accompagnés dans ce side project par le batteur Andrew McEnaney (Structures) et le producteur Randy LaBoeuf à la basse. La bande, rassemblant des artistes des quatres coins de l’Amérique Du Nord, captive rapidement son public par sa musicalité et sa technicité.

Pour cause, l’identité sonore de Trade Wind se veut des plus cathartiques : des titres comme “No King But Me”, “Lowest Form” ou encore “I Can’t Believe You’re Gone” expriment la mélancolie, l’amertume et la rage d’un frontman se confiant plus facilement en chansons qu’en conversation, d’après ses propres confessions. Dans la lignée de son art, Jesse Barnett se montre communicatif quant à sa propre vulnérabilité, et n’hésite pas à livrer, avec un peu de timidité, des détails intimes sur ses compositions. Le public, très attentif et calme, absorbe ces informations qu’il salue par quelques vagues d’applaudissements, brisant le silence respectueux entre chaque morceau.

De fait, cette date ne semble pas perturber le groupe, qui exprime chaleureusement sa gratitude envers la poignée de fidèles et de curieux venus soutenir la formation. Ces derniers se voient néanmoins récompensés par un concert de qualité, illustrant à merveille l’univers à la fois musicalement puissant et émotionnellement délicat de Trade Wind, au travers de chansons comme “I Hope I Don’t Wake Up”, “Close Encounters” ou “Nashinga”, respectivement tirés du premier album “You Make Everything Disappear” (2016) et du dernier en date. Un rappel à l’EP, “Suffer Just To Believe” (2014), se traduit notamment sous la forme de “Fixed Blade”, l’un des singles les plus emblématiques du quatuor.

Après une dizaine de morceaux ayant mis du baume au cœur de l’audience, le quatuor s’éclipse de scène avec humilité, sous les applaudissements d’une salle indéniablement conquise.

C’est devant une audience des plus clairsemées que Trade Wind fait ses preuves, offrant à cette dernière un concert d’une grande éloquence, la touchant en plein cœur. Efficacité indéniable !

Trade Wind Setlist L'international, Paris, France 2019

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