ReportsSlideshow

THREE DAYS GRACE @ Bataclan (15/12/25)

Près de trois décennies. C’est le temps qu’aura mis Three Days Grace avant de jouer dans l’Hexagone. Le concert de ce soir a donc un goût de revanche, et un parfum de rattrapage pour ceux restés sur le carreau du Trianon, neuf jours plus tôt. D’ailleurs, certains fans arborent déjà le T-shirt de la tournée, acheté à la première date. Récit d’une soirée qui avait des allures de première fois, pourtant point d’orgue de cette tournée.

Ashen met le feu

Dès 19h30, ASHEN débarque sur la scène du Bataclan avec un esprit de conquérant. Porté par Chimera, leur premier album, les Parisiens officient dans un metalcore lourd et moderne qui cogne, groove et fédère à base de breakdowns écrasants. Si la formule est éprouvée, la qualité d’exécution est totale. Genou à terre puis sauts, braveheart, circle pit, le chanteur n’a qu’à demander : le public s’exécute. Dédié aux victimes du Bataclan, “Meet Again” serre la gorge. La salle se tait une seconde, puis crie et se resserre, plus soudée que jamais. Intelligent et intense, Ashen offre une version revisitée de “Smells Like Teen Spirit” qui termine de convaincre les derniers réfractaires. Le groupe pousse parfois le curseur de l’hybride un peu loin sur un détour électro, mais la fougue et l’énergie du combo restent irrésistibles. Déjà remarqué au Hellfest, le quintette enfonce le clou avec une performance magistrale.

“Here we fucking go”

Peu avant 21h, la salle plonge dans le rouge : c’est l’heure des retrouvailles. Deux panneaux animés martèlent “Here we fucking go” et le Bataclan rugit avant même la première note. Attendus comme le messie, les cinq Canadiens de THREE DAYS GRACE investissent la scène avec la prestance des groupes de leur trempe : ceux qui peuvent se targuer d’avoir plusieurs albums certifiés triple-disque de platine. Après l’intro, “Dominate” tombe comme un parpaing aux accents nu metal, calibré pour faire chanter. L’auditoire mord instantanément. Les animations sont simples mais les instruments et la présence scénique se chargent du reste. La basse vrombit, la guitare claque, et l’attitude affiche un vernis punk assumé. Casquette vissée pour Barry Stock, crête et T-shirt “Let’s Start A Riot” pour Adam Gontier, revenu au micro pour notre plus grand plaisir.

Three Days Grace 2.0

La nouvelle formule finit d’asseoir sa cohérence en live. Matt Walst, au chant depuis 2013, a une voix plus haute et grunge, à l’image de son manteau en cuir. Adam Gontier ramène un timbre plus râpeux et viscéral, celui même qui a marqué la première génération de fans. Deux grains, deux énergies au service d’un même objectif : rajouter de l’huile sur le feu déjà bouillant qui anime la foule. “Animal I Have Become” déclenche la meute, “So Called Life” et “Break” maintiennent la pression. Le groupe glisse un mot sur la date précédente, puis lâche un vous nous faites toujours sentir à la maison“. “Home” arrive en toute logique, repris comme un hymne. Il faut attendre “Mayday”, et surtout “Kill Me Fast”, deux singles issus de Alienation (2025) pour profiter pleinement de la nouvelle syn(énergie) de ce Three Days Grace 2.0.

Farandole de hits

Le set prend un tournant décisif sur “I Hate Everything About You”, repris en chœur par une audience gonflée à bloc. Puis vient la reprise de “Creep” de Radiohead. Seul sur scène, presque fragile, Gontier livre une émotion brute qui traverse la scène jusque dans les gradins. La respiration ne dure pas car la fête doit reprendre. “The Good Life” et “Painkiller” frappent comme des uppercuts. Les téléphones fusent, les voix couvrent parfois les retours, l’euphorie est plus contagieuse que jamais. Derrière cette ivresse, la fatigue d’un mois de tournée commence aussi à se lire sur les visages. L’un des frontmen le glisse : demain, ils seront dans l’avion pour l’Amérique… avant de revenir l’été prochain pour un concert au Hellfest 2026 ! Avant ça, il est encore temps de se replonger une dernière fois dans One-X. D’abord avec la mélancolique “Never Too Late”, puis avec “Riot”, final-prophétie qui embrase une dernière fois le Bataclan.

Entre nostalgie et communion

Avec ses deux chanteurs, symbolisant deux époques et deux énergies, Three Days Grace aura marqué les esprits ce soir : une heure-trente de show à l’américaine, cadré et exécuté sans fioriture, à un rythme effréné. À ce titre, on aurait peut-être aimé être un peu plus surpris ou bousculé. Mais ne boudons pas notre plaisir, les Canadiens ont donné aux fans ce qu’ils étaient venus chercher. Un savant mélange de nostalgie et de communion qui devient rare, et qui, par les temps qui courent, fait du bien.

Three Days Grace Setlist Le Bataclan, Paris, France 2025, Alienation

Ecrire un commentaire