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THE STRYPES @ Bataclan (22/10/15)

Le temps corrosif de l’hiver commence à nous en faire voir de toutes les couleurs. C’est alors que nos pas se sont arrêtés au Bataclan jeudi 22 octobre dernier, pour un moment “british rock” by The Strypes !

En attendant la tête d’affiche, la première partie est assurée par THE MIGHTY STEF. Sachez une chose, les amateurs de rock n’ont pas d’âge. La fumée de la salle brume déjà les visages, la bière coule à flot et c’est patiemment que nous pardonnons les dix minutes de retard. En un rien de temps la lumière se baisse, la fumée nous parsème tous et c’est sans plus attendre que les Mighty Stef entament leur set. Au menu : un rock loufoque par la gestuelle du leader Stefan Murphy, so British par leurs riffs et le tapage nocturne servi par la batterie. Ces hyperactifs ont bien trouvé leur mode d’expression et “ce” langage est loin de nous déplaire. De Paris ou de Camden Town, avec Tge Mighty Stef, c’est du pareil au même. Ici, l’éclairage n’est pas une priorité et le quatuor mettra cette absence de côté, ce qui compte, c’est d’envoyer la sauce et tant mieux si ça tâche ! En trente-cinq minutes de set, la formation a désinhibé le public du Bataclan, sur cette découverte inédite. Nous n’avons qu’une chose à clamer : “À très vite”.

ll est maintenant 20h30, les fans de THE STRYPES s’impatientent plus que jamais. La température est terriblement humide, la formation ne va pas tarder. Encore un peu de patience pour atteindre l’antre de Blur jumelé à la fratrie Oasis, car oui The Strypes est un parfait mélange de ces ennemis jurés. Les projecteurs s’éteignent enfin, c’est dans un noir total que la mythique chanson “Dirty Old Town” de The Pogues retentit, les silhouettes des musiciens débarquent sur scène, les cris et hurlements des fans sont exterminés par l’entrée fracassante de l’ensemble. Si les amateurs de rock n’ont pas d’âge, le talent non plus. Le quatuor, à peine sorti du berceau, nous en met plein la vue dès le deuxième morceau; ils logent des riffs percutants et incisifs, taillés à même la chair. Leur arrogance anglaise empruntée, nous plonge dans un jeu sans limite.

La règle d’or est de tout détruire sur le passage, les armes : des envolées vocales, des riffs électrisants et une batterie aussi dangereuse qu’un ring de boxe. En version hystérique, ces affamés de rock possèdent de lourdes références telles que The Cure, Fool’s Garden, Red Hot Chili Peppers, The Clash pour le côté punk rock, en passant par des poussières de The Velvet Underground… et ce n’est pas fini ! L’on passera en revue un arsenal de morceaux du nouvel album “Little Victories“, mais bien entendu, “Queen Of The Half Crown” sortira du lot et déchaînera la foule, par sa construction impeccable, limite irréprochable. Le guitariste, Josh McClorey, s’invente des prouesses avec son instrument; d’une dextérité déconcertante, il marque la foule en un coup de riff. La salle vient de se transformer en bordel innommable de mesures vertigineuses avec “Now She’s Gone”. L’heure tourne, le rappel se pointe déjà et c’est avec The Mighty Stef que le groupe opte pour une version dynamitée dans la langue de Shakespeare du “Ça Plane Pour Moi” de Plastic Bertrand.

Le sablier est délibérément vidé, le projet ambitieux de regagner la sortie nous déplait. Le Bataclan a décroché la Lune de tous les mélomanes ce soir en programmant ces gosses en folie, merci !