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THE LIBERTINES @ Olympia (07/03/16)

Paris, la capitale. Il est six heures. Dans les rues déjà sombres tombent les dernières giboulées de mars. La devanture de l’Olympia s’est parée de lumières rouges, affichant fièrement “The Libertines”.

Le concert s’ouvre sur la prestation d’AMYJO DOH & THE SPANGLES, un groupe venu dispenser la joie et la bonne humeur espagnole. Originaire de Madrid, ces jeunes musiciens arborent un rock joyeux et plein d’entrain. La salle se réchauffe au son des guitares, amusées par les froufrous et le boa à plumes d’Amy, la chanteuse, qui n’est autre que la soeur de Pete Doherty. Musique festive, Fanfreluche et guitare sont au rendez-vous.

 

Très vite c’est à LOCK de faire son entrée sur scène. Le nom de la formation écrit en rose luminescent fait écho à celui des Libertines en devanture de l’Olympia. Le girls band anglais nous amène au frontière du rock et de la pop girly avec ce qu’elles nomment la dark pop : mélange de plans de batterie assénés avec force par Holly Madge, sons électro mystérieux et chant des sirènes, enchanteurs et inquiétants. Aux grattements de guitare et de basse encore fébriles, on sent que le combo commence. Néanmoins, les filles en veulent. Leur chant est puissant – Rappelant parfois celui de la chanteuse pop Gwen Stefani -, leurs danses enivrantes et Edie Langley, la compagne de Carl Barât, est une vraie vamp. En mini jupe de cuir et brassière de dentelle, elle distille un captivant chant à deux voix avec Gita Harcourt.

Puis c’est au tour de REVEREND AND THE MAKERS d’occuper la scène. Quintette chant/guitare/basse/batterie/synthé, les indie rockeurs britanniques arrivent en trombe, bien décidés à chauffer l’assemblée, encore trop statique. Jon McClure, le chanteur revêtu d’un pull aux allures de poncho mexicain, se la joue ska plutôt cool. Les riffs de guitares électriques sont festifs, bonne enfant. Décontractés mais bons musiciens, les cinq lascars ont vite fait de faire danser l’audience L’ambiance est au rendez-vous, tandis que les musiciens s’amusent à sortir tambourins et trompette, faisant alterné leur indie rock entre musique du monde et fanfare. Les spectateurs sautent, applaudissent et les sourires sont sur les lèvres. Le public est chaud bouillant.

Petite accalmie le temps d’installer la scène pour THE LIBERTINES. Les quatre damoiseaux se font désirer, ce qui a pour effet de soulevé des vagues d’euphorie dans l’auditoire. Puis le quatuor fait enfin son entrée sur scène. Le rideau se lève découvrant un décor de scène métallique à l’effigie des Libertines. Et c’est l’explosion. Pete Doherty laissant entrevoir des cheveux d’argent sous son haut de forme et Carl Barât en perfecto noir, of course. Ils entament les hostilités en douceur avec “Barbarians”. Mais c’était pour mieux sortir les grosses guitares pour assener les riffs punks de “The Delaney”. Second titre et la foule est déjà folle, sautant et chantant à tue-tête. S’en suit “Heart Of The Matter”, l’un des derniers morceaux tirés du dernier album “Anthems For Doomed Youth” dans lequel la bande affirme un peu plus ses luttes contres les addictions. A plusieurs reprises, Carl salue l’Olympia d’un “Bonsoir Paris”.

Beaucoup d’Anglais sont venues nourrir les rangs du public. Mais les Français ont bien répondu à l’appel, et la salle est pleine. Dans la fosse et même à l’étage on danse, façon rock n’roll dévergondée, seul, ou en couple, le rock de danse de salon. La salle fait plaisir à voir. Toutes les chansons cultes du répertoire des lads sont chantées uns à unes, ce qui ravie l’assemblée. Le sol de l’Olympia ne tremple pas, il rebondit, faisant bouger chaque personne ! “Fame And Fortune”, joué par un Carl Barât énergique et tournoyant, est scandé par un auditoire conquis. Tandis que les ballades telles que “What Katie Did” nous font poser une main sur le cœur, Carl s’assoie au piano et Pete chante avec émotion “You’re My Waterloo”. C’est l’apogée avec “Can’t Stand Me Now” chanté sur le même micro par les deux compères. Le set s’achève sur la comptine punk “Dont Look Back Into The Sun”.

Très bon concert, en communion totale avec une salle très réceptive et un public qui a rechargé ses batteries en bienveillance et bonne humeur. Juste ce dont Paris avait besoin.

Setlist :

Barbarians
The Delaney
Heart Of The Matter
Horrorshow
Fame And Fortune
Boys In The Band
The Milkman’s Horse
What Katie Did
Anthem For Doomed Youth
Youth The Man Who Would Be King
You’re My Waterloo
Gunga Din
Can’t Stand Me Now
Vertigo
Death On The Stairs
Time For Heroes
The Good Old Days
—-
Music When The Lights Go Out
The Ha Ha Wall
What A Waster
Don’t Look Back Into The Sun