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THE KILLERS @ Zenith (10/06/13)

Contraints d’annuler leur venue au Zenith De Paris le 12 mars dernier à cause de la neige, les quatre complices de The Killers ont heureusement cette fois-ci pu faire le déplacement sans encombre, pour aller à la rencontre de leurs nombreux fans français. L’occasion d’entendre les morceaux du dernier “Battle Born” dans les conditions du live, ou tout simplement de profiter de l’ambiance toujours très festive que le groupe parvient à donner à ses concerts.

Mais d’abord, place au quintette MOST THIEVES, originaire, comme leurs confrères en tête d’affiche, de Las Vegas. Il est tout juste 20h lorsque le groupe fait son apparition, devant une salle déjà bourrée à craquer. L’audience est assez diversifiée; quarantenaires en costume et ados en tête, baignant dans un mélange de français et de langues étrangères, soit une assez bonne représentation du large public que touche la musique des Killers. Tout ce petit monde, forcé est de patienter quelques mois de plus avant de pouvoir retrouver son groupe favori, se montre immédiatement attentif dès que les lumières s’éteignent pour accueillir la performance de Most Thieves. Mais un certain relâchement se révélera rapidement dans la fosse, passé quelques titres, qui définit son style comme “cinematic rock”. Un son construit et raffiné proposé par la formation, accordant une place de choix à l’esthétique et jouant sur les ambiances à l’aide de nappes de synthé ou encore de chœurs. Un rock qui démarre en douceur pour gagner progressivement en puissance sans jamais toutefois s’énerver, avec de longs passages instrumentaux qui rappellent ce qu’on a pu entendre chez Snow Patrol, mais avec plus de nerfs. Bien que le quintette envoie une bonne énergie, force est de constater que leur prestation est un peu trop statique et appliquée pour vraiment soulever le public, qui se montre donc essentiellement spectateur à défaut d’être encouragé à participer. C’est un peu dommage pour la formation, car il y a fort à parier qu’avec un brin de communication et une meilleure utilisation de l’espace scénique, celle-ci aurait pu aisément conquérir l’audience, qui ne se réveillera finalement que lorsque le frontman Eric Koch annoncera le dernier morceau, à l’approche des 20h30. Ainsi, retenons une performance sympathique, appropriée pour se mettre dans le ton de la soirée, mais sans réelle plus.

Il faudra patienter cinquante minutes de plus pour pouvoir enfin applaudir THE KILLERS, qui font leur entrée de manière plutôt inattendue à 21h20. En effet, les quatre complices, accompagnés de deux musiciens supplémentaires, déboulent sur scène soudainement, au son du classique “Mr. Brightside”, alors que les lumières sont encore allumées dans toute la salle. Elles le seront d’ailleurs jusqu’à la fin du titre, ce qui en conduira beaucoup à se jeter des regards surpris, la faute technique étant l’hypothèse privilégiée. Mais peu importe, la foule est désormais prête à faire la fête avec le quatuor, qui s’agite sur scène autour d’un logo d’éclair lumineux, le même que celui apparaissant sur la pochette de “Battle Born”. La bande de Brandon Flowers ne perd pas de temps et enchaîne sur “Spaceman”, accaparant définitivement l’attention des fans, qui reprennent les paroles et s’agitent à l’unisson. Passant du synthé à la guitare en fonction des morceaux, le leader est sur tous les fronts, avec l’assurance vocale et la prestance scénique qui le caractérisent. Il s’essaie même brièvement au français pour le plus grand bonheur du public, reprenant un extrait de “Michelle” des Beatles. Au rang des reprises, le quatuor n’oublie pas de livrer également sa version de “Shadowplay” de Joy Division, les jeux de lumières ajoutant à l’ambiance déjà très synthétique du morceau. Lasers et pyrotechnie sont ce soir au programme, contribuant pleinement à transformer la performance de la formation en un vrai spectacle. Dans la fosse, il sera possible d’avoir l’impression d’être sur un dancefloor, la foule ne se contentant pas de sautiller mais bel et bien de danser sur les tubes du combo, comme “Smile Like You Mean It”, “Human” ou bien “Somebody Told Me”, qui ont toujours autant d’impact et que la bande elle-même semble ne pas se lasser de jouer, à en juger par la bonne humeur qu’elle y met. Parmi les chansons du dernier album, Paris pourra notamment entendre “The Way It Was”, “Miss Atomic Bomb” ou “Flesh And Bone”, mais il est très plaisant de constater que les précédents opus sont aussi bien représentés. Après une douzaine de titres, il commence à faire vraiment chaud dans la salle, d’autant que la formation ne nous a laissés que très peu de temps pour récupérer jusqu’ici, enchaînant à un rythme impressionnant les pistes. Il est donc temps pour Brandon de calmer un peu le jeu, parlant de Vegas et du plaisir du quatuor d’être de passage en France, avant d’entamer “A Dustland Fairytale”, d’abord accompagné du piano seul avant de monter tranquillement en puissance. Le show peut reprendre avec “Read My Mind” puis “Runaways”, pour culminer sur “All These Things That I’ve Done”, repris en choeur par l’assemblée tandis que se déverse sur le Zenith une pluie de petits éclairs et de “k” en papier. Les Killers quittent alors la scène, pour mieux faire leur retour quelques minutes plus tard sous des trombes d’applaudissements, ayant gardé deux de leurs plus grands tubes sous le coude pour le rappel, avec “Jenny Was A Friend Of Mine” et “When You Were Young”. Mais c’est le titre “Battle Born” qui vient clore cette impressionnante prestation, l’occasion d’envoyer une ultime salve de boules de feu, feux d’artifices, fumigènes et confettis pour terminer la soirée de manière explosive à 23h.

 


Si la soirée a débuté de manière un peu molle, on pouvait compter sur les Killers pour transformer l’ambiance dès leur entrée en scène, faisant de leur performance un vrai show autant qu’une célébration. Voila qui aura largement fait oublier aux fans la déception initiale causée par le report du concert.  

Setlist :

Mr. Brightside
Spaceman
The Way It Was
Smile Like You Mean It
Shadowplay
Miss Atomic Bomb
Human
Somebody Told Me
Flesh And Bone
For Reasons Unknown
From Here On Out
A Dustland Fairytale
Read My Mind
Runaways
All These Things That I’ve Done
—-
Jenny Was A Friend Of Mine
When You Were Young
Battle Born

 

Crédit photos : DR