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THE DAMNED @ Petit Bain (30/05/18)

Trois festivals dont le Hellfest entre 2016 et 2017, voilà les seules dates françaises perpétrées par The Damned en France ces dernières années. Le dernier concert parisien demeure mémorable en ouverture de Mötorhead. Si l’intérêt pour la musique de Lemmy n’a jamais cessé d’attirer la foule, celui pour la bande de Dave Vanian paraît renaître. Les deux dates complètes au Petit Bain le prouvent.

Quatre-cent cinquante personnes par soir venues des quatre coins de l’Hexagone et aussi d’ailleurs, une belle récompense pour les punks parrains du rock gothique qui avait peiné à remplir le Batofar il y a presque dix ans. Du passé faisons table rase car les Anglais viennent présenter “Evil Spirits” et interpréter un riche répertoire. 20h sonne et les T-shirts du groupe et de Motörhead sont légion. Ils forment une file d’attente presque religieuse afin de monter sur le pont et se ruer soit au bar, soit au stand merchandising. Et souvent même les deux ! Les plus avisés vont s’installer aux meilleures places, sur les côtés de la scène en hauteur ou sur les devants de la fosse pour les plus courageux.

20h30 et le son d’un harmonica électrique résonne. Le trio infernal de DADDY LONG LEGS entre en scène tout en donnant un cours magistral sur le devoir d’une première partie, échauffer la salle pour que les jambes tiennent à peine jusqu’à la station de métro en sortant. Simplicité rimant avec efficacité, les tubes s’enchaînent de “Evil Eye” à “Death Train Blues” tout en nous rappelant le style de John Lee Hooker et les facéties d’un Screamin’ Jay Hawkins. Les non initiés découvrent en tapant du pied tandis que les habitués entonnent avec fureur le refrain de “Motorcycle Madness”. Seul instant de répit avec l’émouvant “Blood From A Stone” là où sur l’ensemble de la prestation le bottleneck va et vient sur le manche de la guitare Dobro, la batterie est martelée avec des maracas, et le chanteur-harmoniciste est possédé.

 

 

Il est 21h45 quand la salle s’éteint de nouveau pour laisser place au morceau classique “Mars” de Gustav Holst. L’introduction épique fait place à l’arrivée des trois musiciens accompagnant les deux membres d’origine de THE DAMNED. Captain Sensible avec son indissociable béret rouge présente le quintette sous le nom Le Petit Fromage et entonne les premières mesures de “Wait For The Blackout”. Portant un foulard et une veste de smoking malgré la chaleur ambiante, Dave Vanian apparaît pour s’emparer du micro. Sa voix de baryton souffle la salle sous la pluie de riffs de son compère de toujours.

 

 

Succédant à “Plan 9 Channel 7”, “Standing On The Edge Of Tomorrow” impose déjà une aura live dont on ne pouvait douter. “Devil In Disguise” réussit également son baptême de feu lorsque des spectateurs slament sur le nouveau titre. La part belle est faite à “Machine Gun Etiquette” (1979) ainsi qu’au premier opus, en espérant que de jeunes morceaux comme “We’re Son Nice” et “Look Left” seront sur la setlist lors d’un prochain passage. Mais il est impossible de bouder son plaisir quand les premières notes de “Eloise” retentissent, la reprise resplendissant comparée à l’originale de Barry Ryan. The Damned insuffle un côté intemporel au titre, Vanian donnant de la voix comme un vampire dans son château tout en saisissant en grand seigneur des lieux le smartphone d’une demoiselle qui filme pour donner un aperçu plus intime du concert.

 

 

 

Monty Oxymoron rencontre des problèmes avec ses claviers, ce qui donne lieu à un changement de programme. Captain nous interpelle en nous demandant si nous connaissons Plastic Bertrand. Pas le temps de répondre que la version britannique de “Ca Plane Pour Moi” (alias “Jet Boy, Jet Girl”) déchaîne les passions. Entre quelques classiques et quelques plaisanteries, Monty entend enfin ses touches sonner. Tout repart de plus belle jusqu’à “Neat Neat Neat” qui demeure le morceau le plus fulgurant de l’ancienne scène punk. Les deux rappels sont également des délices pour nos oreilles, et une occasion de nous briser un peu plus avant de se plaindre des courbatures demain matin en partant au boulot.

 

 

La lumière se rallume, et certains irréductibles attendent un troisième rappel pour entendre le “Wot” du Captain. Ce ne sera pas ce soir, il ne fallait pas manquer la première soirée. Ni rater les prochaines apparitions du groupe dont celle du 17 novembre à l’Elysée Montmartre, ce serait pêché. He said captain, I said wot. He said The Damned, We said More!

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