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THE BRIAN JONESTOWN MASSACRE @ Le Trianon (27/06/16)

Il est de ces groupes qui font complet au Trianon et dont, pourtant, la notoriété semble restée confidentielle. Non pas qu’on n’en entende jamais parler, mais aux yeux d’un public plus large, la musique dudit groupe n’est jamais parvenue (Yoda style). On peut considérer que The Brian Jonestown Massacre fait partie de ces formations. A voir le public, on se trouve ici face à un groupe culte indie avec bon nombre de “fans” présents uniquement parce que cette ligne à leur CV ajoute du crédit à leur moustache. Mais musicalement, qu’en est-il vraiment ?

 

 

Lorsque l’on s’intéresse à la biographie de The Brian Jonestown Massacre, on se rend compte que ce qui est le plus mis en avant est la consommation excessive de drogues des membres, et les frasques qui en découlent (performances pitoyables ou stoppées par une bagarre entre deux musiciens), ainsi que sa capacité à sortir un grand nombre d’albums (trois rien que pour l’année 1996 par exemple). Et ? Eh bien pas grand chose en réalité. Du coup, c’est perplexe que le set débute sur les coups de 20h35 dans une ambiance survoltée et avec une assemblée majoritairement composée de lycéens et de hipsters. TBJM semble en forme sur scène mais enchaine les morceaux sans trop prendre le temps de respirer ou de communiquer avec son auditoire. Visiblement, la setlist est composée de tubes puisque que chaque intro de guitare est accompagnée d’acclamations de plus en plus puissantes. Ou alors l’audience se met à confondre les titres, et on le comprend tant les morceaux se suivent et se ressemblent. Au delà de tous clichés, on entend beaucoup de “ça fait trop planer” ou autres phrases du même genre dans l’assistance, et on repère bon nombre de cigarettes pas très légales. S’il n’est pas judicieux de ranger certains types musicaux dans “à consommer sous influences”, on se trouve face à un cas de figure où l’immobilisme scénique et musical poussent vraiment à se poser la question de l’intérêt de tout cela.

 

 

Le concert est généreux (en titres) et l’ambiance est chaude et légère, ce qui est assez plaisant mais on ne parvient pas à se mettre dedans. Il y a bien, sur la trentaine de titres joués, quelques chansons qui retiennent plus notre attention que les autres mais on ne s’envole jamais vraiment vers des cieux inatteignables. C’est le reproche majeur que l’on peut faire aux Américains : jusqu’au boutiste dans le moindre aspect de leur carrière, sauf dans la musique. C’est psyché mais pas trop long, il faut savoir s’envoler vite et bien, sous peine d’être coupé en plein élan. On entend le public se plaindre du fait que le concert se passe “trop bien”. Désolé les gars, pas de baston, ni d’insultes, juste de la musique. Très répétitive. Mais l’intérêt est-il peut-être ailleurs en fin de compte ? Dans le jeu de lumières proposé par le groupe par exemple ? Non, celui-ci est hors de propos, pas en rythme, et les couleurs sont aléatoires. En bref, un set pas assez travaillé. Il faut croire que seule la relation basse-batterie donne satisfaction ce soir.

 

 

Vous l’aurez compris, cette soirée fut très longue. C’était une tannée d’aller au bout de ce concert qui, sans être véritablement désagréable (on serait parti avant sinon), était juste flemmard. Une prestation sans relief, digne d’une bande son de fin de soirée arrosée. Vous savez, ces groupes que vous entendez à 5h du matin, pas vraiment sobre, qui vous font l’effet d’une bombe puis, après une nuit de sommeil bien méritée, vous poussent à vous demander si vous n’avez pas rêvé. Eh bien le rêve, ce soir, était interminable.

Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN