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TAMINO @ La Cigale (06/03/19)

“Habibi”. Terme d’affection équivalent à “mon amour”, “chéri”. C’est également le nom de l’un des premiers singles de l’artiste Tamino, aux sonorités occidentales et soft rock, ayant fait sensation en 2016. Depuis celui-ci et son EP quatre titres en 2017, l’auteur-compositeur-interprète belge a connu une belle ascension en Europe, notamment en France et en Belgique, jusqu’à la sortie de son premier album “Amir” en 2018. Dans cette course folle vers le succès, Tamino marque l’arrêt en ce mois de mars 2019 à La Cigale, date annoncée complète depuis des mois et en amont d’un Olympia en novembre prochain.

Annoncé tardivement en première partie de toute la tournée française de Tamino, la jeune artiste ELIA n’est pour autant pas un projet à prendre à la légère. Récente signature du label Mercury (Universal), la musicienne exerce une pop urbaine de laquelle ressort une voix simple et naturelle, très similaire à celle d’une Christine & The Queens. Entre envolées vocales sensuelles, bien qu’un peu novices, et samples riches, la chanteuse propose un set méritant certes un gain d’assurance et d’expérience, mais déjà bien maîtrisé. D’autant plus pour un projet n’ayant pas encore sorti de son (le premier single “Aurore” joué lors de cette soirée n’étant disponible que le vendredi d’après sur toutes les plateformes). Un anonymat qui n’anesthésiera pas les applaudissements chaleureux du public envers la performance d’Élia, à l’univers à la fois particulier et très accessible.

Après avoir fait en moins d’un an un Point Ephémère, une Maroquinerie, un Café De La Danse et affronté la foule de Rock En Seine, le prodige flamand TAMINO se frotte de nouveau à l’audience parisienne, dans un contexte plus que favorable au vu de l’excellent et divers premier album “Amir” (largement applaudi par les critiques et le public) et du concert à guichet fermé animé par une fosse éclectique, dynamique et réactive. Plusieurs bons points faisant bon ménage et garantissant une soirée digne de ce nom.

Armé d’une simple guitare, d’un jeu de lumières minimaliste et d’une tenue vestimentaire sombre réduite au fur et à mesure du show, le musicien ne fait pas dans la fioriture, ne donne pas plus que nécessaire tout en offrant déjà beaucoup, tant sur le plan vocal qu’émotionnellement. Il faut dire que l’univers de l’artiste est ample et luxuriant, entre l’ambiant “Persephone”, le pop “Tummy” ou le soft rock “Cigar”. Une palette présentée en live tel que sur le disque, c’est à dire avec spontanéité, richesse et beauté occidentale.

Événement exceptionnel, en plus de ses deux compagnons habituels de Tamino, est présent à la basse sur quelques morceaux le fameux Colin Greenwood, connu comme étant le bassiste de Radiohead, ayant foulé cette même salle il y a de cela vingt-trois ans avec Thom Yorke. Un fait qui s’additionne au côté presque religieux de cette date, tant certains éléments semblent pousser ce concert en sens. Un peu comme nous avions pu le voir lors de la date de Julien Baker à La Maroquinerie, le public de Tamino se veut très attentif, peu dispersé, buvant chacune des paroles du flamand et l’encourageant dans sa démarche.

Il faut dire aussi que le ténébreux et discret brun a bien compris la chose, ne se forçant pas à bouger pour tenter de divertir plus que de raison l’auditoire. Encore une fois, la simplicité sur le plan scénique additionnée à la sincérité musicale sont ce qui fait la force de Tamino et valorise au mieux son art. Bien sûr, l’exception à la règle restera la performance de “Habibi”, véritable tube du Belge déliant les langues et libérant les pas.

Naturelle, simple, hypnotique, la performance de Tamino à La Cigale nous confirme le fait que “Amir” est l’un des projets les plus intéressants et étoffées de ces derniers mois dans le milieu du soft rock. Avec peu, l’artiste belge offre beaucoup, tant sur le plan culturel que d’un point de vue musical. Un concert qui ne laisse donc pas indifférent et qui appuie le fait qu’il ne suffit parfois de pas grand chose pour faire de grandes choses.

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