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SYSTEM OF A DOWN @ Stade de France (02/07/26)

Les 2 et 4 juillet, le Stade de France s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire avec le retour tant attendu de System Of A Down, accompagné d’Acid Bath et de Queens Of The Stone Age. Alors que les 80 000 spectateurs envahissent les tribunes et la fosse, une tension électrique s’installe. Personne ne sait encore que ce soir sera l’un des moment les plus marquant de l’année. RockUrLife vous replonge au cœur de cette première soirée légendaire.

Acid Bath

Face aux deux mastodontes de la soirée, le nom peut sembler plus discret, mais pour les initiés, il résonne comme une relique sacrée. Originaire de Louisiane, ACID BATH s’impose comme l’un des piliers du sludge américain, mêlant doom, nappes psychédéliques et rugosité death metal. Séparé en 1997, le groupe renaît en 2024 et foule de nouveau les scènes européennes en 2026, transformant cette ouverture en moment privilégié pour une partie du public. 

Devant un Stade de France rempli aux tiers, Acid Bath lance les hostilités avec un set d’une demi-heure d’une efficacité redoutable. “Bleed Me an Ocean” et “Dead Girl” s’abattent avec un son massif, étonnamment clair pour une enceinte de cette ampleur. Face à l’accueille chaleureux de l’auditoire parisien, Dax Riggs (chant) lâche un sobre “we thought we were dead” avant de quitter la scène. On en aurait bien voulu un peu plus, mais c’était déjà une très belle entrée en matière.

Queen Of The Stone Age

La pression monte encore d’un cran avec l’arrivée des légendes du desert rock californien menées par Josh Homme. Ce soir, sa silhouette se dessine clairement, haut à rayures noir & blanc et lunettes d’aviateur sur le nez, tout simplement iconique. Derrière lui, un rideau de néons habille le fond de scène, tandis que des vidéos psychédéliques et surréalistes hypnotisent le Stade de France. Pour l’occasion, le groupe présente un set d’une heure qui ne se ressent pas comme une première partie, mais comme un acte à part entière.

Dès “Run, Pig, Run”, un groove lourd et entraînant s’installe pour ne plus quitter la salle. Le groupe enchaîne les riffs massifs et les envolées aériennes, avec “I Sat By The Ocean” ou “I Appear Missing”, repris en chœur par une audience évidemment conquise. Puis la golden hour vient envelopper le Stade de France pendant que “Go With The Flow” résonne avec élégance. Avec classe, maîtrise et efficacité, QUEEN OF THE STONE AGE prépare le terrain pour le raz-de-marée à venir.

System Of A Down

Le moment tant attendu arrive enfin ! Neuf ans après sa dernière date en France, SYSTEM OF A DOWN est de retour pour nous jouer de très bons tours. Première fois pour certains, retrouvailles nostalgiques pour d’autres, ce concert n’a rien d’un simple show : c’est probablement LE concert de l’année.

21h00. La batterie rapide et le riff aigu de “X” retentissent, la salle se déchire, l’histoire est en train de s’écrire sous nos yeux. Pendant plus d’une heure et demie, le groupe ne laisse aucun répit. Serj Tankian enchaîne les classiques de “B.Y.O.B. ” à “I-E-A-I-A-I-O”,  chaque titre se transforme en hymne. La marée humaine est lancée à pleine vitesse, de circle pits en circle pits.


De l’énergie à l’état pur

Si les concerts en stades peuvent parfois rebuter par leur immensité ou la distance avec les artistes, ce soir, on assiste à une véritable démonstration de maîtrise. Le quatuor prouve que le nu metal est loin d’être mort. “Bounce” retourne la fosse en quelques secondes. Le mythique “Psycho! Groupie! Cocaine! Crazy!” explose, porté par la basse de Shavo, dans un chaos généralisé.

Fidèle à son ADN, le groupe rappelle que sa musique est aussi politique. “Prison Song” frappe toujours aussi fort, dénonçant l’incarcération de masse, “Deer Dance” et son refrain anti- violences policières prolonge la charge. Peu bavard, le groupe laisse parler les morceaux, mais Daron Malakian prend tout de même la parole pour exprimer son soutien aux enfants de Gaza et au peuple iranien, dédiant “Tentative” à ces luttes.


Un moment de communion

System Of A Down a marqué plusieurs générations avec ses textes, et cela se ressent dès les premières notes de “Lonely Day”. Des milliers de téléphones s’allument, transformant le stade en une constellation lumineuse. Aujourd’hui, ce n’était sans doute pas “the loneliest day of our lives“, mais un moment de partage puissant.

Daron Malakian a bien compris que les séquences d’émotion fonctionnent sur le public parisien et nous propose une autre “pretty song“. Il entonne alors une douce mélodie acoustique avant de lâcher un délicat “my cock… is much bigger than yours, puis de basculer dans un “Cigaro” totalement déjanté. Avec son humour trash et son énergie brute, ce morceau fait littéralement exploser le stade.


Un marathon de classiques

Les morceaux s’enchaînent dans un rythme effréné, sans pause, sans respiration. “Chop Suey!” déclenche une vague colossale de crowsurfers : le “Wake up!“, scandé par 80 000 voix à l’unisson donne des frissons tout comme le mythique refrain : “Trust in my self-righteous suicide / I cry when angels deserve to die“. Un moment qui paraît presque irréel. 

Mais le concert touche bientôt à sa fin. Pas de rappel, mais un dernier trio de titres explosifs. “Suite-Pee” lance l’assaut final, suivi d’un “Toxicity” monumental. Moment particulier pour John Dolmayan qui célèbre l’anniversaire de sa fille Emma, qui le rejoint sur scène. Une parenthèse émouvante au cœur de ce chaos constant avant que “Sugar”, ne livre la dernière décharge sous des néons rouges.


Ce soir, System Of A Down a livré un marathon de 28 titres, enchaînés sans respiration, sans répit. Si quelques fragilités vocales se font percevoir du côté de Serj Tankian, elles rappellent une chose essentielle : ce groupe est humain. Et c’est précisément ce qui rend ce moment si fort. Un show sincère, authentique et intergénérationnel, qui a su rassembler 80 000 personnes autour d’une passion commune.

System of a Down Setlist Stade de France, Saint-Denis, France, Europe/UK Stadium Tour 2026


Crédit photo : Clemente Ruiz

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Lucie Allet
Tombée dans la marmite dès mon plus jeune âge, j'explore les mille et une facettes du metal : du glam au death, en passant par le stoner et le thrash, rien ne m'échappe !