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SUNSET SONS @ Nouveau Casino (08/11/16)

Par une soirée grise et pluvieuse typiquement parisienne, les Britanno-Australiens Sunset Sons sont venus réchauffer le Nouveau Casino avec le rock ensoleillé de leur premier album, “Very Rarely Say Die”, paru en avril dernier.

Alors que les Américains se pressent dans les bureaux de vote et que certains se préparent à passer une nuit blanche angoissante devant leur télé en suivant les élections américaines, plusieurs centaines de personnes se massent dans l’intimiste Nouveau Casino. Avant la tête d’affiche, c’est la musique, nettement moins ensoleillée, mais tout aussi dépaysante, de NO MONEY KIDS, qui remplit la salle. Le duo français, sorte de The Black Keys enrobé de nappes électro, de Heymoonshaker sans beatbox, croise guitares rugueuses et sonorités électroniques et loopers pour engendrer un blues électro puissant. Félix, caution blues du duo, envoûte avec sa voix rauque et écorchée et ses riffs crasseux, alors que Jean-Marc, le bassiste/sampleur se charge d’électriser l’assemblée. Fort de plusieurs années à écumer les salles françaises, le groupe assure scéniquement, alternant entre sobriété élégante et rage impulsive. Et quand un moment d’accalmie se présente, ce n’est que pour mieux annoncer la tempête qui se profile. Après un premier album prometteur publié en décembre, le duo parisien travaille déjà sur son successeur et nous paye le luxe d’entendre plusieurs nouveaux morceaux, n’ayant “pas encore fini d’être écrits”.  Pour finir, ayant une pensée pour les élections américaines, le chanteur dédie l’ultime chanson, “War”, à Haïti.

Vers 21h, la salle est plongée dans la pénombre et les premiers rangs trépignent. Un an après avoir ouvert pour Imagine Dragons au Zénith, SUNSET SONS s’est forgé une fanbase fidèle et enthousiaste, renforcée par un passage remarqué par La Flèche d’Or en avril. Alors quand les quatre musiciens débarquent sur scène et amorcent les premières notes de “Medicine”, il n’en faut pas plus pour que le public soit conquis. Au même titre que “She Wants”, placé presque juste après dans la setlist, le morceau a des allures de classique, que personne ne peut s’empêcher de fredonner. L’énergie solaire et l’enthousiasme de la formation sont contagieux. Si ces morceaux, figurant déjà sur des EP datant de 2014, sont connus par cœur par l’audience, il en va de même pour la totalité des titres du set. Depuis sa sortie en avril, le disque a eu le temps de tourner en boucle et chaque morceau est accueilli comme un vieil ami. En plus de jouer “Very Rarely Say Die” dans son intégralité, Sunset Sons va chercher quelques perles dans ses EP, comme le nostalgique “Lies” ou l’ultra entrainant “Blondie”. C’est dans ce registre, radieux et dansant, que le quatuor excelle le plus. Le chanteur Rory Williams, légèrement timide et réservé au début, coincé derrière son clavier, se laisse peu à peu aller pour se révéler en vraie bête de scène. De “Gold” à “Bring The Bright Lights”, en passant par le très Kings Of Leon “Know My Name”, les surfeurs font déferler une vague de légèreté et de positivité sur leur auditoire.

Mais le quartette maitrise aussi des atmosphères plus sombres et retenues comme sur le mélancolique “September Song” ou sur “Loa”, au refrain repris en chœur par l’assemblée. Sur le tube ultra bien ficelé “Remember”, le public est tenu en haleine par le tandem rythmique Jed Laidlaw (batterie) et Pete Harper (basse), alors que Robin Windram assène son riff entêtant et que la voix particulière de Rory Williams s’époumone. Sunset Sons ne fait que s’améliorer et prendre de l’ampleur de morceau en morceau. Cette montée en puissance culmine lors du rappel. Alors que son groupe reste dans la pénombre des coulisses, le frontman s’installe seul derrière son clavier pour jouer le très dépouillé “I Can’t Wait”, sa voix déchirante seulement accompagnée de celles des spectateurs et de son piano. Ce joli moment d’émotion est vite chassé par l’arrivée de ses trois acolytes, qui embarquent le Nouveau Casino dans un tourbillon de soleil et d’optimisme avec “Lost Company”, lumineux et fédérateur. “On The Road”, le meilleur morceau de SS, s’impose comme piste de clôture. Le groupe est tout sourire, le public bondissant, le leader se fend d’une excursion dans la fosse en serinant “I’m gonna be on the road”. De notre côté, on espère les recroiser très vite sur la route !

Si Sunset Sons, formé à Hossegor, ne pousse pas le vice jusqu’à écrire des chansons sur le surf à la Beach Boys, ses morceaux et son attitude transpirent une énergie solaire, une chaleur communicative qui ont transporté le Nouveau Casino vers des contrées ensoleillées.

Setlist :

Medicine
Tick Tock
She Wants
Know My Name
Gold
Come Easy
Loa
Blondie
Lies
September Song
VROL
Remember
Bring The Bright Lights
Somewhere Maybe
—-
I Can’t Wait
Lost Company
On The Road