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SPIRITUALIZED @ Cabaret Sauvage (23/09/18)

Au-delà d’un rapide passage sur la scène du Pitchfork parisien en 2015, Spiritualized n’avait pas déballé son matériel dans une salle française depuis 2012. Avec un huitième album sorti au début du mois, le premier depuis six ans, il était donc grand temps que Jason Pierce et ses musiciens reviennent jouer par chez nous, et ils n’ont pas déçu.

Sans première partie pour s’échauffer, l’attente se fait longue sous le chapiteau du Cabaret Sauvage. Après quelques fausses alertes causées par les allées et venues des techniciens qui préparent les instruments, c’est seulement à 21h que les membres de Spiritualized montent sur scène. Jason Pierce prend le temps de se préparer, assis comme à son habitude devant son pupitre, lunettes noires sur le nez, et se lance dans une interprétation solo de “Hold On” qui fait déjà frémir l’assemblée. Les musiciens enchaînent avec ce monument qu’est “Come Together”. Certes, il n’y a pas cette imposante section de cordes et cuivres ni un choeur gospel de dix chanteurs comme ce fut le cas à Londres il y a tout juste deux jours, mais le concentré d’émotions que libèrent les morceaux de la formation anglaise s’adapte à toutes les configurations. Preuve suivante avec “Shine A Light”, que la petite troupe transforme sur scène en une expérience encore plus intense et planante que dans sa version enregistrée de 1992, avec le supplément de voix des trois choristes qui rayonnent depuis le fond de la scène.

 

 

Les Anglais poursuivent ce début de set prometteur par d’autres extraits de “Songs In A&E”, avec la chaleureuse “Soul On Fire”, et du culte “Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space”. On se laisse en particulier bercer tout naturellement par le rythme lent et les slides si caractéristiques de “Stay With Me”. Le groupe ne décroche pas un mot et reste statique et concentré de bout en bout. La musique de Spiritualized se prête de toute façon mal aux discours. Un seul et même rythme qui laisse le temps à une ligne mélodique directrice de se déployer sur de longues minutes : même répétée à chaque morceau, cette recette aussi simple qu’efficace que Jason Pierce entretient depuis plus de vingt-cinq ans fonctionne parfaitement.

 

 

Sans transition, les notes de “A Perfect Miracle” résonnent déjà. Ceux qui savent décoder le morse le devinent instantanément, le nom du dernier album vient de s’afficher dans le langage des points et pointillés sur les deux écrans qui encadrent la scène. Cela signifie tout simplement que la formation va se lancer pour la petite heure qui suit dans l’interprétation intégrale de “And Nothing Hurt“. Pas de surprise comme toujours avec Spiritualized, les neuf nouveaux titres sonnent sur les planches comme si on les écoutait à la maison, mais avec heureusement le bonus de l’expérience du live qui amplifie tout, sensations comprises.

 

 

Malgré l’heure tardive, les cinq musiciens et les trois chanteuses reviennent sur scène en commençant par le doublé hautement spirituel de “So Long You Pretty Thing” suivi par un arrangement de “Oh Happy Day”, avant que le mot de la fin ne revienne à Jason Pierce qui boucle la boucle en rejouant “Hold On”.

 

 

Le groupe se retire discrètement et humblement après nous avoir servi un set de deux bonnes heures, équivalent sonique d’un aller simple dans l’espace. Même si Pierce envisage de ne plus sortir d’album sous le nom de Spiritualized, on ne peut qu’espérer qu’il ne renonce pas tout de suite à la scène.

Setlist :

Hold On
Come Together
Shine A Light
Stay With Me
Soul On Fire
Broken Heart
A Perfect Miracle
I’m Your Man
Here It Comes (The Road) Let’s Go
Let’s Dance
On The Sunshine
Damaged
The Morning After
The Prize
Sail On Through
—-
So Long You Pretty Thing
Oh Happy Day
Hold On

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