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SOLIDAYS 2017 – Jour 2 (24/06/17)

Cette seconde journée du samedi promet d’être la plus rock avec Archive, The Strypes ou encore Cage The Elephant !

MUSICIENS DU METRO (César Circus) – On retrouve donc l’Hippodrome De Longchamp sous un ciel couvert et un léger vent frais. Histoire de se mettre à l’abri en cas d’une éventuelle averse, c’est donc sous le chapiteau du César Circus que nous nous réfugions. Ici se tient le plateau “Musiciens Du Métro”, le label de la RATP accréditant des artistes pour jouer dans le métro parisien depuis 1997, qui célèbre cette année ses vingt ans. A l’affiche : IN THE CAN et KO KO MO. Le premier, composé de deux frères Neil et Julian Chablaoui (accompagné d’un batteur live), nous fera voyager durant sa demi heure de jeu, alternant entre compositions rock au groove imparable à des ballades folk mélodiques.

Le set de Ko Ko Mo ayant pris du retard, c’est donc avec regret que nous loupons le coup de coeur d’Antoine de Caunes faute de timing.

CAGE THE ELEPHANT (Bagatelle) – S’il y a bien un groupe à ne pas rater en ce samedi après-midi, c’est bien Cage The Elephant qui joue sur la scène située à l’autre extrémité du site. Ouf, à peine arrivé devant la pelouse déjà blindée qu’un riff de guitare tonne des enceintes avant que ne débarquent les musiciens suivi du frontman Matt Shultz sur “Cry Baby”, titre ouvrant également le dernier album “Tell Me I’m Pretty” (2015).

Alors que le chanteur, habité par le démon du rock n’roll, fait tout pour motiver les festivaliers en sautant et dansant partout sur scène, ces derniers restent timides. A l’exception des premiers rangs constitués de fans à qui celui dont la ressemblance avec Mick Jagger est frappante, tant physiquement que scéniquement, ira rendre visite dès le second titre, “In One Ear”.

L’ambiance électrique contamine petit à petit le reste de l’auditoire, frôlant l’hystérie, particulièrement sur les anciens morceaux connus de tous comme “Ain’t No Rest For The Wicked”. A noter que cette heure de set, mettant en avant le dernier opus et l’avant dernier “Melophobia” (2013), verra également l’apparition du premier slam de Solidays !

THE STRYPES (Domino) – A contrario, le set du quatuor irlandais, au style vestimentaire assez discutable, nous fait seulement taper du pied avec un son rock catchy à souhait. Il est juste dommage que la bande des quatre se soit assagi avec le nouvel album “Splitting Image” paru depuis peu pour entrer dans le même moule que tous ces groupes anglais actuels. Peu importe, cela n’empêchera pas le public de passer un bon moment au vu des mouvements et des applaudissements de ce dernier !

COLOR PARTY (Paris) – 18h. Comme lors du dernier jour de l’édition 2016, la Holi représente l’un des moments phares de cette journée. Le principe : à la fin du décompte sur les écrans, l’ensemble des festivaliers, à qui on aura distribué au préalable des sachets de poudre colorée, jette à l’unisson ces derniers au même moment, créant un incroyable nuage de pigments de toutes les couleurs qui envahit la pelouse de la scène Paris !

Même si certains resteront éloignés pour éviter de se faire salir par l’explosion colorée, le nuage, transformée en tempête de sable par une bourrasque de vent, touchera tout le monde. Une véritable scène apocalyptique mais dans la joie, la bonne humeur et en musique !

BROKEN BACK (Bagatelle) – Ce sentiment de “feel good”, que tout le monde ressent au cours de cette Color Party et de façon plus générale durant ces trois jours à Solidays, se poursuit à la scène voisine où se produit l’interprète de “Halcyon Birds” devant une audience très dense.

Aux côtés de deux musiciens additionnels, une bassiste/claviériste/percussionniste et un batteur, Jérôme Fagnet, à l’état civil, interprétera les chansons mêlant folk acoustique et électro de son album “Broken Back” paru l’an dernier. Ici la scénographie est minimaliste, la nouvelle sensation indie folk, qui s’agite beaucoup en jouant sa guitare, est seulement entouré de polygones violets et gris en forme de paysage montagneux.

Ces mêmes formes que l’on retrouve également sur l”artwork de son premier disque. C’est simple mais efficace, tout comme sa musique, que l’on pourrait comparer à celle d’Imagine Dragons. Le phénomène de Broken Back n’est pas prêt de s’arrêter puisque la prochaine étape, ce sera le 8 décembre pour son concert en tête d’affiche à l’Olympia !

ARCHIVE (Paris) – 22h, la nuit commence à envelopper l’Hippodrome De Longchamp, parfait pour apprécier le headliner de ce samedi pendant qu’une partie des festivaliers seront à la scène Domino pour HOUSE OF PAIN, d’où la foule quelque peu disparate sur le pelouse de la grande scène du festival.

Parmi les spectateurs, il y a les fans et de simples curieux. Car il faut être un minimum connaisseur de cette musique intellectuelle, voir sophistiquée, pour pouvoir embarquer dans l’univers particulier du collectif britannique, au risque de s’ennuyer et trouver le temps long.

Pendant une heure, Archive jouera neuf morceaux, piochant quasiment dans toute sa discographie dont trois tirés du dernier album “The False Foundation” (2016). Durant tout le show, l’ambiance planante des compositions, entre rock progressif, trip hop et électro, sera soutenu par des animations diverses et abstraites diffusées sur les deux écrans géants de chaque extrémité de la scène principale de Solidays. Sans oublier évidemment un lightshow à base de stromboscopes, et peu de lumières, les musiciens, tous de noir vêtus, se produisant presque dans l’obscurité, ce qui colle parfaitement au côté dark de leur musique hypnotique.

Contrairement à la veille, le public d’Archive est plus réservé que pour The Prodigy, seuls certains festivaliers, sous influence, seront en transe devant les Britanniques. Autrement, l’auditoire ne se réveillera que sur les plus connus “Bullets”, “You Make Me Feel” mais surtout “Fuck U” dont le “so fuck U anyway!” du refrain sera repris en choeur !

Sur scène, les membres sont, dans l’ensemble, assez statiques, toujours concentré sur leur instruments, seuls le claviériste situé sur le podium de gauche bougera non stop, comme transcendé par la musique qui envahit tout son corps ! Concernant la communication entre Archive et son assemblée, il n’y en aura que rarement entre deux chansons, concentration oblige, sauf à la fin de la dernière chanson de la setlist, “Numb”, où l’un des musiciens finira par “Peace & Love!” avant de quitter la scène Paris.

Ce deuxième jour, le seul à avoir affiché complet sur les trois, aura assurément été le plus rock avec la découverte In The Can, la folie Cage The Elephant, et la force tranquille Archive. Un samedi seulement entaché par la petite déception The Strypes.

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Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife