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SOLIDAYS 2015 – Jour 3 (28/06/15)

Troisième et dernier jour des festivités, et il fait toujours aussi beau et chaud. A peine de retour sur l’Hippodome De Longchamp, tout le monde est déjà K.O., alors que la journée n’a même pas encore commencé !

MADEMOISELLE K (Domino) – Notre premier concert de ce dimanche après-midi se tient au Domino, les festivaliers se regroupent sous le chapiteau à la recherche d’un coin d’ombre pour s’abriter au frais. Mais aussi pour découvrir la très attendue “nouvelle” Mademoiselle K, son dernier album “Hungry Dirty Baby” et ses nouvelles compositions dans la langue de Shakespeare, celle de ses idoles : Bowie, The Cure ou encore Radiohead. Katerine Gierak, porte une un haut couleur chaire au dessous d’une sorte de cote de mailles en cordage, parfait pour ce temps et assez légère pour bouger dans tous les sens, vu le set énergique ! Ce trio chant-guitare/basse/batterie envoie du bois, comme quoi les filles ont aussi des couilles ! Le public, conséquent, ne cessera d’applaudir et donner de sa voix, particulièrement lorsque la chanteuse contribuera à sa façon à Solidays en récitant “Aimer”, un poème du brésilien Carlos Drummond De Andrade.

MORIARTY (Bagatelle) – 16h, la pelouse de la scène la plus éloignée de Longchamp est noire de monde, si bien qu’il est difficile d’accéder jusqu’à la scène. Heureusement que les écrans géants sont là ! La musique du sextette mené par Rosemary Stanley, lunettes de soleil et robe d’été, met une bonne ambiance “plage” dans la foule avec sa folk rock, entre douceur mélancolique et énergie magnétique.

PATCHWORK DES NOMS (Paris) – Sur “Wish You Were Here” de Pink Floyd, Luc Barruet, directeur et fondateur de Solidays, demande à ce que tous les festivaliers se rassemblent autour de la grande scène. A ce moment là, tout le festival se met en pause (plus aucun artiste ne joue, plus de cris provenant du saut à l’élastique) pour cette cérémonie contre l’oubli, l’un des moments phare de Solidays. Un hommage aux trente millions de victimes du SIDA, un vrai moment d’émotion et de recueillement pour les festivaliers, les militants et les familles. Durant quelques minutes, les parrains de Solidarité SIDA tels qu’Antoine de Caunes, Claudia Tagbo et autres Maitena Biraben réciteront, tour à tour, aux côtés d’anonymes, les noms des disparus de la maladie, tandis que sont déployés des patchworks sur la pelouse.

DAMIAN “JR. GONG” MARLEY (Paris) – Les festivités reprennent avec le fils de Bob Marley, introduit par un speaker rasta : “Are you ready for rage from Kingston, Jamaica?” “Junior Gong”, entouré de choristes, fera lever les mains sur ses propres compositions mêlant reggae, dancehall, hip hop et rap, mais aussi en reprenant quelques morceaux de son défunt père (“Could You Be Loved”, “Get Up, Stand Up”), le tout dans une super ambiance !

YELLE (Domino) – Changement radical de style musical avec l’amusante et entêtante pop électro de l’une des françaises qui cartonnent outre-Atlantique. “Je Veux Te Voir”, “A Cause Des Garçons”, tels sont les hymnes subversifs que livre la chanteuse, vêtue d’une longue robe bleue aux motifs arty, ne cessant de se tortiller dans tous les sens, de s’éclater devant un backdrop reprenant le logo Y dérivé du symbole “peace” et une boule à facette. Un show “complètement fou” !

CHINESE MAN (Bagatelle) – 19h, la foule est au rendez-vous et se rassemble devant la plus loin de toutes les scènes pour apprécier ce crew marseillais influencé par le hip hop des années 90. Même avec une décennie d’existence, le trio de DJ est infatiguable, fera danser la pelouse de Bagatelle.

COLOR PARTY (Paris) – 20h, il est l’heure de l’un des happenings colorés de Solidays. Des bénévoles distribuent des sachets de poudre colorée à tous les festivaliers. Après le décompte et le tout rythmé par de la musique dansante, l’ensemble des participants lancent simultanément la poudre en l’air, provoquant une explosion multicolore ! Pour une grande première, ce moment de fun est une vraie réussite ! De plus, cette Color Party colle parfaitement au visuel de cette 17ème édition.

ZEBDA (Paris) – Une demi heure plus tard débarquent sur la même scène les Toulousains engagés, à l’accent inimitable. Ces derniers inviteront à changer de cap sur des rythmiques funk et festifs, faisant déplacer les foules de la grande scène avec leurs chansons populaires comme “L’Erreur Est Humaine”, “Y’A Pas D’Arrangement”, “Motivés”, sans oublier bien évidemment le célèbre “Tomber La Chemise” repris en choeur par les spectateurs !

ST. PAUL & THE BROKEN BONES (César Circus) – Déjà vu l’an dernier à Rock En Seine, Paul Janeway, chanteur au visage de poupon et à la voix d’or, en costume et derbys à paillettes argentées, est accompagné par The Broken Bones, ses virtuoses de musiciens. Ensemble, ils livreront une incroyable performance soul, totalement habitée, particulièrement le frontman, possédant un charisme quasiment divin. Le set est une véritable messe religieuse prêché par St Paul qui porte bien son nom ! Le public est transporté et touché par l’émotion et la tension transmises par ce qui sera l’une des meilleures prestations de Solidays. Si bien que la troupe jouera même un rappel en reprenant “I’ve Been Loving You Too Long” d’Otis Redding, une démarche tellement rare en festival ! La classe.

THE PAROV STELAR BAND (Paris) – Cette année, ce sera LA référence européenne en matière d’électro swing qui aura la lourde tâche de clôturer Solidays. Enfin, pas si lourde que ça au final, puisque les morceaux frais et moderne samplé avec du rétro par le DJ autrichien font mouche et transformera la pelouse de la scène Paris en un véritable dancefloor géant, où se ruent tous les festivaliers de l’Hippodrome de Longchamp. Le tout sur des lumières stroboscopiques pour accompagner ce voyage dans le temps vers les années folles !

Au milieu d’une actualité pas toujours joyeuse, cette 17ème édition aura été l’année de tous les records, puisque sur les trois jours du festival, la fréquentation s’est élevé à 181 123 festivaliers, engrangeant une recette estimée à plus de 2,6 millions d’euros à Solidarité SIDA. L’évènement a affiché complet seulement une semaine avant l’ouverture des portes.

Solidays étant avant tout un outil servant à récolter des fonds et financer des programmes d’aide aux malades et de prévention en France et à l’international, va pouvoir renforcer ses actions. A noter également que les conditions météorologiques ont grandement contribué au succès, puisque contrairement à l’an passé, le soleil a aidé à attirer les festivaliers en grand nombre.

Alors qu’en 2014, de nombreuses personnalités politiques se sont rendus à Solidays, l’actualité aura privé le festival de quelques visites. On a quand même assisté à de belles visites : Reza, Yann Arthus-Bertrand ou encore le retour de Bill Gates. Ainsi, du 26 au 28 juin, le public n’est pas venu que pour les concerts. L’évènement est aussi citoyen, et au vu du nombre toujours grandissant au Forum Café ou au Village Associatif, on constate que “les jeunes sont de plus en plus citoyens et de plus en plus brainés. Les jeunes sont moins cons, c’est une bonne nouvelle !”, comme le résume Maitena Biraben, l’une des marraines de l’évènement.

Enfin, cette édition aura permis de mettre sous le feu des projecteurs “Human”, la nouvelle initiative de Yann Arthus-Bertrand, dont des témoignages ont été diffusé tout au long des trois jours dans un cinéma mobile, mais aussi sur les écrans des grandes scènes avant les concerts. Un projet collant à Solidays, qui est aussi un outil de promotion d’initiatives comme celle-ci. “Human”, à paraître début septembre et sera placé au coeur d’un projet bien plus large.

Vous l’aurez compris, le succès de Solidays et son esprit perdure d’année en année, depuis dix-sept ans. Et dans des périodes de tension maximale comme aujourd’hui, le festival représente une bouffé d’oxygène, trois jours de paix, de bonheur et de solidarité. Quelque chose de capital. Une manifestation qui ne serait possible, rappelons-le sans les 1500 bénévoles de Solidarité SIDA. On a hâte de retourner dans la bulle Solidays en 2016 pour reprendre des forces et se sentir utile à l’Hippodrome de Longchamp !

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Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife