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SOCIAL DISTORTION @ Bataclan (29/04/15)

C’est afin de célébrer les vingt-cinq ans de son album éponyme que Social Distortion est parti en tournée en ce début de printemps. Et c’est au Bataclan que le charismatique Mike Ness a décidé de poser ses valises pour l’unique date française qui s’annonçait sous de bons auspices.

JONNY TWO BAGS, guitariste de la tête d’affiche du soir, a la charge d’ouvrir dès 18h50 alors que quelques dizaines de personnes seulement sont présentes dans la salle. Accompagné d’un autre guitariste, il nous délivrera un court set de son rock country assez basique juste bon à faire passer le temps avec une bière au bar. Sans être déplaisant, les morceaux du musicien restent très classiques et le peu de spectateurs présent les accueillera poliment mais sans plus d’enthousiasme.

Place ensuite à la soul énergique de JESSICA HERNANDEZ & THE DELTAS. Les Américains, venus de Détroit, sont emmenés par leur charismatique frontwoman qui, malgré son jeune âge -et un short du plus mauvais goût- a une présence scénique assez impressionnante et sait tenir le public bien plus nombreux maintenant. Pouvant à certains moments faire penser à feu Amy Winehouse, elle semble moduler sa voix comme elle l’entend et ne rate absolument aucune note, même si son chant légèrement nasillard pourra, à la longue, un peu agacer. Elle semble totalement dans son élément et à l’aise sur scène et attirera tous les regards, même si les musiciens qui font preuve d’un groove imparable ne sont pas en reste. Une bonne surprise qui aura visiblement fait passer un bon moment à une bonne partie de l’auditoire.

Balcon fermé et rideaux sur les côtés de la salle, c’est en petite configuration que le Bataclan accueille la tête d’affiche du soir, SOCIAL DISTORTION. Mais la fosse est tout de même bien garnie quand Mike Ness et sa bande montent sur les planches au son de l’efficace “So Far Away”. Le groupe interprétera durant cette première partie de set l’intégralité de son album éponyme sorti en 1990. Alors que ce dernier est un classique du genre et du combo, la mayonnaise ne prend pas et l’ensemble paraît bien mou et sans vie. Si le leader n’est pas réputé pour être un excellent chanteur avec une voix puissante, son timbre est tout de même reconnaissable entre mille et fait habituellement le travail. Mais pas ce soir où, en plus du fait qu’on ne comprend qu’un mot sur deux, sa voix semble totalement étouffée. Parlons du son d’ailleurs, qui lui aussi souffrira d’un manque flagrant de puissance et de relief, n’atteignant pas l’assemblée comme il le devrait. Même l’énorme tube “Story Of My Life” s’avérera d’une triste platitude et ne fera pas décoller le show. Après quarante-cinq minutes, la deuxième partie du set débute sur “Cold Feelings” et “Machine Gun Blues” qui donnent enfin un peu d’énergie à ce concert et on se dit que ce dernier va peut-être enfin s’emballer. Mais c’était sans compter sur la reprise du “Wild Horses” des Rolling Stones qui fait retomber le tout comme un soufflé… Il règne dans la salle une ambiance étrange : la fosse semble s’aérer, la formation donne clairement l’impression, par son manque d’énergie, de ne pas s’impliquer et de s’ennuyer, et quant au public, nombreux sont les personnes qui semblent ici pour jouer les poseurs et qui s’adonnent à l’art relativement pathétique du selfie en plein concert. De quoi laisser perplexe. Mike Ness a beau avoir une classe et un charisme indéniable, cela ne suffit pas ce soir. Et le combo, qui d’ordinaire transpire l’authenticité, semble n’être aujourd’hui que l’ombre de lui-même sans son âme habituelle. Le tout donne un spectacle un peu frustrant à voir, et ce n’est pas le final sur la reprise de Johnny Cash “Ring Of Fire” et “Don’t Drag Me Down”, qui donne enfin un vrai coup de boost à la soirée, qui suffira à faire oublier le reste du set.

Si Social Distortion avait laissé bonne impression lors de son dernier passage français à Rock En Seine 2012, il est ce soir complètement passé à côté de sa prestation. Difficile de dire si l’envie n’y était pas ou s’il s’agissait d’autre chose, mais le résultat est de toute façon le même : un concert sans énergie que ce soit du côté du groupe ou de l’audience. Dommage quand on connait Mike Ness et sa bande, et espérons qu’ils se rattraperont lors d’un prochain passage pour nous faire oublier cette étrange soirée.

Setlist :

So Far Away
Let It Be Me
Story Of My Life
Sick Boys
Ball And Chain
It Coulda Been Me
She’s A Knockout
A Place In My Heart
Drug Train
Cold Feelings
Machine Gun Blues
Wild Horses

I Won’t Run No More
99 To Life
Gimme The Sweet And Lowdown

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Ring Of Fire
Don’t Drag Me Down