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ROCK WERCHTER 2016 – Jour 4 (03/07/16)

Aujourd’hui, le temps est plus que capricieux. Alors que nous allions rejoindre le festival, une tempête se déchaine et nous oblige à rester à l’abri pour notre sécurité. Nous attendons une accalmie avant d’entamer ce quatrième et dernier jour de Rock Werchter.

JAMES BAY (Main Stage) – 15h25, nous finissons par arriver sur les lieux juste à temps pour le nouveau prodige de la scène folk pop anglaise. James Bay a pu se construire une solide fanbase au cours de ces dernières années en ouvrant pour Kodaline, John Newman mais aussi Tom Odell, avant de finalement faire son entrée dans la cours des grands avec le succès de son premier opus “Chaos And The Calm” (2015). James entre sur scène et débute cette petite heure avec “Collide”. Au vu des nombreuses pancartes qui s’élèvent au-dessus du public, les fans ont fait le déplacement ! Impossible au cours de ces dernières années de ne pas avoir entendu Bay à la radio. Mais outre les singles, l’album entier est truffé de pépites que James joue aujourd’hui, comme “Best Fake Smile”, “Sparks”, “Scars”, “When We Were On Fire”. Parmi ses compositions se glisse une reprise de “Proud Mary” avant de finir sur “Hold Back The River”. Performance réussie pour la première grand scène de James Bay au Rock Werchter !

IGGY POP (Main Stage) – Tous les amateurs de rock et de musique en général ont une liste d’artistes qu’ils veulent voir au moins une fois dans leur vie et Iggy Pop en fait partie. Véritable légende du punk rock qui a tout révolutionné avec The Stooges dans les années 60, l’Iguane n’a plus rien à prouver mais continue de tout donner pour assurer le show malgré une hanche défectueuse qui l’oblige à s’asseoir de temps à autre. Les fans de James Bay ont quitté le devant de la scène pour faire place à une audience plus âgée. Iggy débute avec “No Fun” avant d’enchaîner sur “I Wanna Be Your Dog” avec sa gestuelle et cette originalité scénique unique qui le caractérise si bien. Il manifeste son enthousiasme en utilisant à tort et à travers “fuck”, son insulte préférée, avant d’introduire “The Passenger” dont la simplicité ne freine en rien son efficacité en live. Il finit même par descendre et venir à la rencontre de son public, visiblement ravi de voir des personnes de tous âges réunies pour une bonne cure de rock. L’Iguane n’oubliera pas de jouer sa super reprise de “Real Wild Child” et ses classiques dont “Repo Man”, “Sixteen”, “Sunday” avant de finir avec l’indémodable “Search And Destroy” qui prouve bel et bien qu’Iggy n’a rien perdu de sa fougue et de sa gouaille d’antan !

THE LAST SHADOW PUPPETS (Main Stage) – Après un premier album salué par la critique en 2008, les Anglais ont entamé un long hiatus, Alex Turner et Miles Kane se préoccupant de leurs projets respectifs. En janvier dernier, TLSP sort un premier single issu de son nouvel opus, “Everything You’ve Come To Expect“, qui se faisait désirer depuis une interview datant de 2012 durant laquelle Miles évoquait vouloir refaire un disque avec Alex. Les voici de retour sur les grandes scènes des plus grands festivals européens pour affirmer leur statut de “supergroupe”. Le duo entre en scène sur “Miracle Aligner”, suivi de “Used To Be My Girl” avant de dégainer l’emblématique “The Age Of The Understatement”. Il est difficile de nier l’évidente alchimie scénique entre Alex et Miles. Leurs styles, pourtant bien différents, finissent par se compléter afin de former cette sonorité si planante, signature de TLSP. Alex charme avec son aisance vocale et sa nonchalance de crooner tandis que l’attitude de Miles colle à son image de rebelle. Accompagné par des violoncellistes et des violonistes, le duo parvient à donner à ses morceaux une incroyable intensité. Un duo qui fonctionne avec une facilité déconcertante, enchainant titres du premier essai dont “My Mistakes Were Made For You” et “Standing Next To Me”, mais aussi du dernier opus avec “Aviation”, “Bad Habits”, ou encore “Dracula Teeth”. Le duo conclut ce set en beauté en nous proposant une reprise poignante du “Moonage Daydream” de David Bowie

MACKLEMORE & RYAN LEWIS (Main Stage) – Après le succès fulgurant de “The Heist” (2012), le duo revient avec son second album, “The Unruly Mess I’ve Made”, qui promet de nous faire danser encore un moment ! Après une intro visuelle présentant le logo du nouvel opus, le duo, accompagné de ses musiciens, débute son set avec “Light Tunnels”. Le flow impressionnant de Macklemore est tout très convaincant en live. Macklemore introduit le prochain titre, “Brad Pitt’s Cousin”, avec une petite anecdote sur sa fille qui se voulait mignonne avant d’apprendre que c’était une blague, pas de rancune tout le monde rigole de bon cœur ! Très vite, le duo dégaine le hit qui les a fait connaitre, “Thrift Shop”, et la foule exulte : partout les gens dansent et chantent dans une ambiance survoltée. Outre sa maitrise du rap, Macklemore se démarque par ses textes engagés qui mettent en exergue les défauts de notre société sans langue de bois, avec notamment “Wing$” et l’émouvant “Same Love”, qui bénéficie d’une intro toute particulière en hommage aux victimes de la tragédie d’Orlando. C’est après avoir joué la collaboration avec Ed Sheeran, “Growing Up”, qu’un problème technique oblige le duo et ses danseurs à marquer une pause.

Pendant plusieurs minutes, impossible de rétablir le son sur la grande scène et quand ce dernier finit par fonctionner à nouveau, un autre dysfonctionnement vient perturber “St. Ides” sans que cela ne perturbe les performers. Retour en arrière avec “White Walls” suivi de “Can’t Hold Us” qui nous a fait danser tout un été, aux “na-na-na” incroyablement fédérateurs et efficaces. Macklemore annonce vouloir nous faire danser et tout oublier l’espace d’un instant, mission accomplie avec “And We Danced”, suivi d’un interlude durant lequel ce dernier se transforme en un alter-ego égocentrique et un poil mégalo. Les danseurs choisissent deux personnes de la foule pour qu’ils s’affrontent lors d’un “Dance Off”, nom de la prochaine chanson. Chaque concurrent se donne à fond sous les encouragement des danseurs et de l’assemblée qui rigole de bon cœur devant les prestations. Il est temps pour le duo de quitter la scène un court instant avant d’introduire Eric Nally pour “Downtown” qui se révèle incroyablement fun et déjantée en live. Toute la troupe vient saluer son audience, généreuse en applaudissements. Il est clair qu’après des jours à batailler avec un temps capricieux et des étendues de boue à ne plus en finir, tout le monde avait bien besoin de cette dose de bonne humeur !

FLORENCE + THE MACHINE (Main Stage) – Véritable icône de l’indie rock anglais, on ne présente plus Florence And The Machine, devenue une habituée des scènes de tous les plus grands festivals au fil des années. Souvent comparée à Björk ou PJ Harvey, Florence mélange sensibilité, excentricité et puissance vocale avec une aisance déconcertante. Après une quinzaine de minutes de retard, Florence fait son apparition avec “What The Water Gave Me” avant d’enchaîner sur “Ship To Wreck”. La chanteuse se déplace avec grâce, saluant son public qui a attendu de longues heures sous la pluie pour la voir gambader de part et d’autre de la scène et nous éblouir avec sa voix à la fois intense dans les aigus et aussi douce qu’un murmure sur certains morceaux. S’en suivent “Bird Song Intro” et “Rabbit Heart (Raise It Up)”, extraits de “Lungs” (2009) qui a propulsé le groupe vers le succès. Florence marque alors une pause pour évoquer une étape intense de sa vie durant laquelle elle avait besoin d’exorciser ses démons via la musique, c’est alors que lui ait venue “Shake It Out” durant laquelle elle demande à l’auditoire d’être sa propre chorale sur les refrains. Mission accomplie, Werchter s’époumone devant une Florence ravie, un large sourire aux lèvres. Elle remercie généreusement sa chorale d’un soir avant de continuer avec “Delilah”, puis “Sweet Nothing”, le tube électro en collaboration avec Calvin Harris. Elle interprétera aussi “How Big, How Blue, How Beautiful” avant de marquer une pause pour une performance acoustique de “Cosmic Love”. Florence transporte l’audience, nous offrant quelques pas de danse comme si la musique s’était emparée de son corps.

Petite surprise pour le dernier concert de cette tournée avec la première représentation depuis 2014 de “Between Two Lungs”, pour le plus grand plaisir de ses fans ! On note le sobre mais émouvant hommage à la tragédie d’Orlando et une preuve indéniable de soutien à la communauté LGBTQIA+ de la part de Florence qui agite symboliquement un drapeau des fiertés durant “Spectrum”. Puis, pendant “Dog Days Are Over”, la chanteuse demande aux personnes présentes de “s’enlacer, s’embrasser, toucher vos visages, rendez ça bizarre !” avec cette pointe d’excentricité qui la caractérise. Quel joyeux moment ! Elle continue en nous demandant de retirer un habit et de le secouer au-dessus de nos têtes “pour l’amour, la paix et parce qu’à partir de maintenant nous sommes libres de nos fardeaux”. Elle sautille, danse et on a envie d’en faire autant ! Rares sont les artistes qui rayonnent et respirent autant la joie de vivre ! Florence est un véritable bijou qu’on aimerait admirer pendant des heures. Malheureusement, le set touche à sa fin sur “What Kind Of Man”. Il est temps pour Florence + The Machine de prendre un peu de repos après cette longue tournée et il en va de même pour nous !

Les lumières s’éteignent et un feu d’artifice est tiré au-dessus de la Main Stage. Puis l’un des responsables du festival fait une courte apparition sur scène pour remercier tous les festivaliers, le staff, les groupes et les bénévoles qui ont fait de Rock Werchter un véritable succès et nous promet une prochaine édition tout aussi grandiose.

Avec 145 000 visiteurs dont 42 000 campeurs, le Rock Werchter n’a rien à envier à ses compères. Au contraire, ce sont plutôt nos festivals qui devraient prendre des notes ! Les stands de nourritures, de boissons et d’achat de coupons étant assez nombreux pour tout le monde et le staff super réactif, nous n’avons pas eu à faire la queue plus d’une dizaine de minutes durant ces quatre jours. Soixante-quinze groupes ont joué sur trois scènes différentes. La gestion des flux humains était aussi vraiment impressionnante, aucune attente pour entrée ni sortir sauf après les concerts au camping The Hive, mais cela venait d’un éclairage défectueux qui annonçait la file fermée alors que les bénévoles étaient bien là. Outre quelques petits problèmes techniques rapidement réglés, rien à redire sur le déroulement des concerts. Un sans-faute !

Le seul vrai bémol venait de la météo, on espère juste que l’année prochaine, celle-ci sera plus clémente histoire de pouvoir profiter du festival sans être trempé et couvert de boue tout le week-end ! Mais une chose est sûre, ce Rock Werchter fut un véritable plaisir du début à la fin. Vivement 2017 !

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