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ROCK WERCHTER 2016 – Jour 2 (01/07/16)

Le ciel est toujours capricieux aujourd’hui, autant dire que le poncho et les bottes de pluie sont de rigueur cette année au Werchter ! Nous voilà de retour sur le parc pour une journée un peu plus agressive musicalement, histoire d’un peu nous réveiller après une courte nuit.

BLACKBERRY SMOKE (Main Stage) – On démarre cette journée avec un groupe qui désire remettre le southern rock sur la carte ! Créé en 2000, Blackberry Smoke décide de s’inspirer de Lynyrd Skynyrd, ZZ Top ou encore George Jones pour essayer de redonner un coup de jeune au rock sudiste, et ça marche. Pas besoin d’être un grand fan du genre, on est forcé de passer un bon moment quand on entend les titres “Rock And Roll Again” et “Good One Comin’ On”. Les Américains s’y connaissent aussi en ballades country avec “Ain’t Got The Blues” et “One Horse Town”. Ces derniers créent également la surprise en jouant deux mashups, le premier combine leur morceau “Sleeping Dogs” avec “Your Time Is Gonna Come” de Led Zeppelin et le second “Ain’t Much Left Of Me” avec “Three Little Birds” de Bob Marley & The Wailers. Bref, on passe un super moment et on a presque envie de céder au cliché et de partir en roadtrip sur les routes américaines avec Blackberry Smoke en bande sonore !

BLOSSOMS (KluB C) – Direction l’une des deux scènes couvertes pour retrouver les Anglais que l’on qualifie de nouveaux Stone Roses et Arctic Monkeys, rien que ça ! Formé en 2013 à Manchester, Blossoms s’annonce comme très prometteur. Avec un mélange indie pop très efficace, on se laisse facilement emporter par le très dansant “Charlemagne”, l’envoûtant “Getaway” et l’addictif “At Most A Kiss”. Les Anglais ne jouent qu’un court set, car leur premier album est prévu pour début août. Ils promettent en tout cas d’apporter un vent de fraicheur sur la scène rock britannique.

BRING ME THE HORIZON (Main Stage) – 15h50, une vidéo informative digne d’un tutoriel inspiré du dernier “FallOut” est diffusée sur les écrans, la voix off demande de former un wall of death à un public qui s’exécute sans se faire prier. Le groupe arrive sur scène avec “Happy Song”, et dans le pit ça se déchaine ! La formation enchaine avec “Go To Hell, For Heaven’s Sake” et “The House Of Wolves”, issu du précédent album “Sempiternal” (2013), avant de faire une pause avec le nouveau single “Avalanche”. C’est après “Shadow Moses” qu’Oli Sykes grimace et annonce avoir des problèmes de voix, ce qui endommage sa performance. Il s’excuse et peut compter sur Jordan Fish pour prendre le relais sur la majorité des paroles et ainsi sauver la mise sur scène tandis dans le pit le public se charge du reste et aide Oli dès qu’il tend son micro. Sur l’ultime titre, le chanteur abandonne carrément son micro et décide de se mêler à la foule, faisant un maximum de high five avant de quitter la scène.

AT THE DRIVE-IN (Main Stage) – 19h30, il est l’heure pour les Texans de secouer le Werchter tandis que le soleil tombe sur le parc. Après un long hiatus suite à des divergences d’opinions, ATDI a annoncé son retour sur le devant le scène en début d’année. Autant dire que le set est très attendu ! Celui-ci débute avec le très énervé “Arcarsenal”. C’est en regardant autour de nous qu’on se rend compte que certains s’attendaient à tout sauf à du post hardcore énervé. Il faut avouer que Cedric Bixler-Zavala livre une prestation nerveuse et agressive qui vous prend aux tripes tant l’intensité est palpable. Inépuisable, il demande plusieurs fois à l’audience de se réveiller, en vain, car celle-ci ne semble pas vraiment réceptive et c’est bien dommage ! La setlist est composée essentiellement de morceaux provenant du très bon “Relationship Of Command” (2000) avec, entre autres, “Pattern Against User”, “Cosmonaut”, “Sleepwalk Capsules” et l’incontourbable “One Armed Scissor” qui conclut le set. Petit bémol : la qualité médiocre du son n’a pas été corrigée de tout le set, ce qui fut assez désagréable à certains moments.

THE 1975 (KluB C) – 21h05, le KluB C est plein à craquer pour accueillir les Britanniques venus présenter leur nouvel album “I Like It When You Sleep, For You Are So Beautiful Yet So Unaware Of It“. Ils commencent d’ailleurs leur set avec deux extraits de ce dernier, “Love Me” et “UGH!”. Le timbre unique de Matthew Healy couplé aux lumières et aux effets de fumée sur scène créent une ambiance qui nous immerge dans l’univers éthéré alt rock de The 1975 pour une ballade loin de la réalité. Ils n’oublient néanmoins pas les classiques “Heart Out”, “Girls”, “Chocolate”, et “Sex” qui finit le set en apothéose.

THE OFFSPRING (Main Stage) – Direction la grande scène pour assister à la fin du set de The Offspring, on arrive pile pour “Why Don’t You Get A Job?”. Et force est de constater que le show se passe plutôt du côté du public : ce dernier danse et chante sur les tubes du groupe tandis que la formation joue ses titres machinalement, sans réelle énergie ni enthousiasme. On ne peut pas nier l’efficacité de “Pretty Fly (For A White Guy)”, “The Kids Aren’t Alright” ou encore “Self Esteeem” qui vient conclure ce set. Mais le groupe manque réellement de dynamisme, ce qui a le don de littéralement plomber l’ambiance.

RAMMSTEIN (Main Stage) – 23h30 et le compte à rebours démarre sur les écrans de la scène principale. Le rideau tombe lorsque zéro et des feux d’artifices roses éclatent au-dessus de la scène. Quelques secondes de répit avant que ne résonnent le claviers de Flake, Christoph Schneider prend le relais et assène à la batterie les premières notes de “Ramm 4”. Deux nacelles descendent du plafond, laissant apparaitre les guitaristes Richard Kruspe et Paul Landers, lorsque ces derniers touchent le sol, d’autres pétards explosent et Oliver Riedel fait son apparition à la basse. Quelques secondes plus tard, c’est dans un silence religieux que Till Lindemann fait son entrée tel un danseur de claquettes, il jette alors son chapeau en l’air qui explose à son tour. Une arrivée sur scène extravagante et efficace, caractéristique du sextette. Les Allemands assurent le show avec une setlist composée de tous leurs meilleurs morceaux et des effets pyrotechniques qui créent la surprise sur chaque chanson. Impossible de rester stoïque face à une telle performance, un vrai tour de force mené d’une main de maître par Till. A noter la présence de quelques raretés dans la setlist comme “Hallelujah”, issu de la compilation “Rare Tracks 1994-2012”, “Zerstören”, ainsi que de la ballade “Seemann” et “Stripped”, la reprise de Depeche Mode. S’il y avait bien un endroit où il fallait être ce soir, c’était au concert de Rammstein !

Cette deuxième journée riche en émotions se termine ainsi par la prestation aussi grandiose qu’époustouflante des monstres du metal allemand. La foule se dirige petit à petit vers la sortie et on en profite pour saluer l’organisation exemplaire qui gère sans problème cette véritable marée humaine.

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