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ROCK EN SEINE 2026 – Jour 1 (26/08/26) – Au-delà des frontières rock

Ce mercredi 26 août marque le coup d’envoi de cette 22e édition de Rock En Seine. Comme le veut désormais la tradition, le festival débute par une journée spéciale articulée autour d’une tête d’affiche majeure. Après plusieurs éditions mettant à l’honneur des artistes féminines, c’est cette année Tyler, The Creator qui a la lourde mission d’ouvrir les festivités et d’assurer l’ambiance.

À première vue, l’affiche de cette journée inaugurale se montre particulièrement éclectique, naviguant entre rock, indie, soul, R&B et hip hop alternatif. Une diversité qui reflète bien l’évolution du festival ces dernières années.

Alors que les portes du Domaine National de Saint-Cloud viennent tout juste d’ouvrir, une surprise attend déjà les premiers festivaliers : Jain s’apprête à présenter son prochain album lors de deux happenings organisés dans l’enceinte du festival.

Le rock timide mais présent

Arrivés sur la fin du concert de MIKI, nous découvrons un set étonnamment plus rock qu’on aurait pu l’imaginer. Installée sur une plateforme au milieu de la fosse, l’artiste voit même un circle pit se former autour d’elle, preuve que son énergie trouve rapidement un écho auprès du public. La foule reste encore relativement clairsemée en ce début de journée, mais l’ambiance monte progressivement. Mention spéciale pour une sortie de scène pour le moins insolite : Spider-Man en personne apparaît pour annoncer son prochain concert au Zénith.

Autre tête d’affiche de la journée, SOMBR impose un changement d’ambiance qui plonge Rock En Seine dans son univers alternatif et indie aussi étrange qu’attachant.

Tout de noir vêtu, le regard souligné de maquillage sombre et coiffé d’un filet de pêche, le jeune artiste cultive une esthétique dark qu’il assume pleinement sur scène. Les guitares gagnent en saturation tandis que les synthétiseurs se font plus discrets, donnant à ses morceaux une intensité parfois surprenante pour qui ne connaît que ses versions studio.

Les couleurs rouge et noir dominent l’ensemble du spectacle. Derrière lui, la scénographie recrée une portion d’Orchard Street à New York : barrières de chantier, mobilier urbain et même un feu rouge fonctionnel participent à l’immersion. Les écrans prolongent cette narration urbaine en illustrant les chansons par des séquences parfois en noir et blanc. Lors de la présentation du groupe, les graphismes empruntent à l’imaginaire new-yorkais avec panneaux de rue, MetroCards et typographies caractéristiques. Par moments, les paroles apparaissent même à l’écran, transformant brièvement le concert en karaoké géant.

Une avancée centrale lui permet également de se rapprocher constamment de son public, avec lequel la connexion semble naturelle malgré des prises de parole parfois un peu mécaniques. Ses messages de remerciement manquent parfois de spontanéité, mais cela est rapidement compensé par sa sincérité et sa présence.

Car sur scène, Sombr possède déjà quelque chose d’indéniable. Certes encore un peu maladroit, il captive pourtant l’audience du début à la fin. Il faut dire que ses nombreux titres devenus viraux, “back to friend”, “we never dated”, “undressed” jouent en sa faveur : les refrains sont repris instantanément par une foule déjà conquise. Même ses morceaux les plus récents comme “My Body Isn’t Ready” fonctionnent sur le même principe. Pourtant on ne peut nier une certaine répétition et l’impression de souvent entendre la même chose.

Le moment le plus touchant intervient sans doute pendant “back to friends”. L’artiste quitte alors la scène pour parcourir toute la longueur de la barricade dans un long bain de foule avant d’aller saluer ses parents présents en régie. Une parenthèse pleine de spontanéité avant de revenir terminer la chanson sous les applaudissements. Autre moment marquant : l’apparition d’une banderole sur laquelle est inscrite la phrase “We Met In A Paris Café”. Sombr la tague lui-même puis la brandit tout au long de l’avancée centrale avant d’entamer le morceau correspondant.

Le public répond présent jusqu’aux dernières minutes du set. Au point que “12 to 12” est joué… deux fois. Parce que c’était exceptionnel ou simplement parce qu’il fallait une chanson supplémentaire pour conclure ? On vous laisse tirer vos propres conclusions.

Aux platines avec Jain

Au cours de la soirée, JAIN investit un espace inhabituel situé entre la scène Boursobank et la Grande Scène. Une régie montée sur un véhicule et un ensemble de platines prennent place au milieu du public, donnant presque l’impression d’assister à un DJ set improvisé. Mais l’objectif est tout autre : l’artiste est venue présenter en avant-première plusieurs titres de son prochain album, dont la sortie semble désormais imminente. Une proposition originale qui attire rapidement la curiosité des festivaliers de passage et installe une ambiance électro inattendue et appréciée pendant les pauses parfois un peu longues entre chaque artiste.

Soul, R&B et hip-hop alternatif

Parmi les artistes à l’affiche de cette première journée figurent également plusieurs figures montantes de la scène soul et R&B internationale. Le Britannique SEKOU, notamment, confirme à la petite scène Roc-On son statut d’artiste à suivre grâce à une voix remarquable et une présence déjà affirmée malgré son jeune âge. Sur la Grande Scène, l’Américaine RAVYN LENAE, dont la musique navigue entre R&B alternatif, soul et pop, propose un set tout en douceur. Malgré sa voix aérienne et sa maîtrise vocale, sa prestation peine à véritablement captiver une foule encore clairsemée. Le concert laisse finalement peu de souvenirs marquants, jusqu’à l’interprétation de son titre viral “Love Me Not”, repris par une partie du public.

Pour clôturer cette première journée, Rock En Seine accueille une tête d’affiche qui détonne dans l’histoire du festival. TYLER, THE CREATOR est sans doute l’un des artistes les plus attendus de cette édition, bien que son univers soit très éloigné des sonorités rock traditionnellement associées au rendez-vous francilien.

Dès les premières minutes, le ton est donné. Les effets pyrotechniques encadrent un spectacle visuel ambitieux où l’artiste occupe seul l’espace scénique avec une facilité déconcertante. Sa présence est tout simplement impressionnante. Vêtu d’un ensemble jaune vif en cuir, casquette comprise, il reste identifiable même depuis le fond du site. Joueur, provocateur, drôle lorsqu’il s’adresse au public, Tyler maîtrise parfaitement chaque moment de son concert. Même les spectateurs les moins familiers de son répertoire finissent progressivement par se laisser embarquer dans son univers.

Au fil des morceaux et des nombreuses interactions avec la foule, l’artiste déroule une setlist qui navigue habilement entre ses succès les plus récents et plusieurs titres devenus cultes. Au milieu du concert, il enchaîne d’ailleurs un medley consacré à ses anciens morceaux, déclenchant l’enthousiasme des fans de longue date. Les versions proposées ce soir ne se contentent pas de reproduire fidèlement les enregistrements studio. Plusieurs chansons sont retravaillées pour la scène, apportant une nouvelle lecture à des morceaux déjà bien connus du public. On pense notamment à “Sugar On My Tongue”, réinventé le temps de quelques minutes.

Au terme de cette première journée, Rock En Seine réussit déjà son pari : proposer une ouverture riche, variée et capable de rassembler des publics très différents. Une mise en bouche réussie avant quatre nouvelles journées de musique au Domaine National de Saint-Cloud.

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Stéphanie K Perera
J'ai la tête dans les nuages, des paillettes plein les yeux et les oreilles qui dansent (pas littéralement, je ne sais pas les faire bouger sur commande malheureusement, mais pour environ 20% de la population, il paraît que c'est un jeu d'enfants...)