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RHAPSODY @ Le Trabendo (16/03/18)

A l’occasion des vingt ans du groupe culte de power metal symphonique italien, Paris accueille une réunion très attendue, pour une soirée riche en nostalgie et épique à souhait.

C’est devant un bon tiers de l’audience que SCARLET AURA débute. Les Roumains apparaissent masqués tandis qu’Aura Danciulescu saisit le micro en tenue d’ange aux ailes déployées. Le son est très puissant et les titres présentés s’avèrent plutôt efficaces dans un style metal mélodique. Voilà une bonne occasion pour le groupe de présenter son unique album “Falling Sky” (2016) et de balancer au passage une très belle reprise de “Zombie” des Cranberries. Une formation passionnée et visiblement très heureuse d’avoir “vécu le rêve de jouer à Paris”.

 

 

Le Trabendo quasi rempli, place maintenant à BEAST IN BLACK. “Night Crawler” de Judas Priest résonne et son refrain “Beware the beast in black” annonce la couleur : les Finlandais sont là pour en découdre et défendre “Berserker” son unique effort studio. Le son est très fort et Yannis Papadopoulos donne de sa voix très aiguë avec passion en abattant un travail impressionnant tant le mix des instruments et des bandes sonores le surpasse presque. Le style est ici plus cliché et les samples de claviers et autres “oh oh” pourraient lasser. Il n’en est rien ou presque tant le quintette abat ses cartes avec dévotion. On retiendra notamment le très dansant “Blind And Frozen” et le speed “End Of The World” au chant plus rageur. Côté instru, les musiciens s’en donnent à cœur joie et les sourires sont communicatifs.

 

 

Le public accueille désormais les “five valiant warriors” sur “In Tenebris”. Sous des lumières bleus et d’impressionnants chœurs, leur arrivée est triomphante et l’audience est visiblement heureuse, voire émue ! L’enchaînement avec “Dawn Of Victory” met d’emblée tout le monde d’accord : RHAPSODY, le vrai, is back! Poings levés et gorges déployées, le refrain est repris à tue-tête et Luca Turilli, guitar hero de son état, nous assène déjà un solo monstrueux, le sourire jusqu’aux oreilles. Les retrouvailles s’annoncent parfaites.

Pour ce vingtième anniversaire, la troupe se concentre sur ses cinq premiers albums et notamment “Symphony Of The Enchanted Lands” qui occupera la moitié du set. “Wisdom Of The Kings” issu de ce dernier, accélère la cadence et c’est un groupe très communicatif qui continue d’imposer un rythme infernal, faisant naître les premiers pogos et slams de la soirée sur fond de double pédale et lights énervées. Une “pause” médiévale voit le public reprendre les mains levées l’hymne du “Village des Nains” et le combo remercier Paris et ses deux groupes compagnons de route.

 

 

Impressionnant dans tous les registres, Fabio Lione est très en voix et adopte un chant des plus rageurs sur ”Power Of The Dragonflame” où la section rythmique s’emballe et voit Turilli et Dominique Leurquin croiser le fer dans un duel de soli du plus bel effet. La proximité donne aussi à chacun l’occasion d’apprécier ces joutes et la sincérité dans l’attitude des musiciens fait plaisir à voir. Lione communique beaucoup avec ses fans. Que ce soit pour ironiser sur l’absence d’Alex Staropoli, membre fondateur de Rhapsody ou rendre un hommage appuyé à feu Sir Christopher Lee, chacune de ses interventions reste teintée de bienveillance, allant même jusqu’à donner sa bénédiction à un spectateur faisant sa demande en mariage sur scène. “Lamento Eroico” leur sera alors dédiée, chantée passionnément, à l’italienne. Magique.

 

 

Ce qui épate ce soir, c’est l’équilibre de la setlist, passant de morceaux fleuves et épiques tels que “Symphony Of Enchanted Lands”, “The Wizard’s Last Rhymes” ou encore “Land Of Immortals” à de magnifiques ballades comme ”Wings Of Destiny” où cette superbe reprise du “Con Te Partirò” de leur compatriote Andrea Bocelli où l’audience reste bouche bée quant aux capacités vocales du frontman. Passons toutefois sur un solo de batterie trop convenu et saluons celui beaucoup plus original du Français Patrice Guers à la basse.

L’heure du rappel sonne déjà et malgré la chaleur écrasante, le public ne se fait pas prier pour pogoter furieusement sur ”Rain Of A Thousand Flames” qui se verra remporter la palme du morceau le plus heavy de la soirée. Les musiciens se voient ensuite tout à tour présentés sous des acclamations chaleureuses. L’occasion est alors saisie par Turilli de dédier le concert à sa petite amie ayant perdue sa famille dans un accident quelques jours plus tôt. Poignant.

 

 

Qui dit Rhapsody dit épique. Qui dit épique dit ”Emerald Sword” ! C’est donc sur ce brûlot que la joyeuse bande décide de conclure cette magnifique soirée. Comme d’un seul homme, la fosse s’époumone en chœur et avec passion, démontrant encore une fidélité sans faille aux Italiens.

 

 

Cet anniversaire était attendu de pied ferme et Rhapsody a partagé, ce soir avec ses fans, le plus beau des cadeaux. Malgré ses nombreux différends passés, le groupe a laissé paraître une superbe alchimie. On en redemanderait !

Setlist :

Dawn Of Victory
Wisdom Of The Kings
The Village Of Dwarves
Power Of The Dragonflame
Beyond The Gates Of Infinity
Knightrider Of Doom
Wings Of Destiny
Riding The Wings Of Eternity
Symphony Of The Enchanted Lands
Land Of Immortals
The Wizard’s Last Rhymes
Con Te Partirò
Holy Thunderforce
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Rain Of A Thousand Flames
Lamento Eroico
Emerald Sword

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