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PIXIES @ Nuits De Fourvière 2016 (20/07/16)

Quatrième et dernière soirée au festival des Nuits De Fourvière pour RockUrLife, et pas des moindres ! En ce 20 juillet 2016, le théâtre antique romain de Lyon accueille le légendaire groupe américain de rock indé : Pixies.

Alors que la sortie du sixième opus, “Head Carrier”, (le deuxième depuis la reformation en 2004) approche à grands pas, les trois Bostoniens accompagnés de leur nouvelle bassiste, Paz Lenchantin, poursuivent leur tournée et nous font le plaisir de faire un arrêt dans la capitale des Gaules.

Pas de première partie pour chauffer l’assemblée. Mais vu la moyenne d’âge (autour de quarante ans), les Américains peuvent compter sur un public de fans qui n’a nullement besoin d’une mise en jambe pour être chauffé à blanc.

A 21h10, les quatre musiciens entrent en scène sobrement sous une chaude lumière dorée et un tonnerre d’applaudissements. A peine les premières notes de “Gouge Away” résonnent-elles dans l’arène que la fosse sautille déjà. La formation enchaîne rapidement avec “Dead” où Frank Black, le chanteur, alterne hurlements et chant doux tandis que Paz Lenchantin effectue quelques pas de danse timides. Et c’est sous de magnifiques éclairages tantôt colorés, tantôt sobres, semblant imiter avec élégance l’alternance d’accords bruyants/calmes/bruyants caractéristiques du groupe, que Pixies enchaîne, sans répit, pas moins de trente titres.

Comme à leur habitude, les Américains communiquent très peu entre eux et pas du tout avec l’audience. Si les fans sont habitués, cela n’en demeure pas moins étrange et franchement désagréable. Car nous sommes là, certes pour la musique, mais aussi pour communier avec le quatuor présent sur scène. Pixies ne nous offre pas un show à proprement parlé. Les membres, bien que chacun excellent dans son rôle – mention particulière à David Lovering, le batteur, qui se donne à fond – sont comme figés sur scène. S’ils nous livrent un show millimétré (trop peut-être ?), le quatuor ne laisse pas de place à ‘l’improvisation. Même les distorsions de guitare de Joey Santiago sur “Vamos” sont aussi calculées que dans la version studio du morceau. Et Paz Lenchantin apporte certes de la douceur mais ne semble pas exprimer tout son potentiel, comme encore intimidée par l’ombre planante de l’ex-bassiste Kim Deal.

L’effet visuel, grâce à une gestion des lumières hors pair, est, quant à lui, remarquable. Le groupe assure aussi niveau setlist, ne se contentant pas d’enchaîner les tubes, qui fonctionnent d’ailleurs extrêmement bien, mais dégainant aussi des morceaux qui ravissent les plus connaisseurs (“Brick Is Red”,”Rock Music”) ainsi que des chansons tirées du nouvel album (“Classic Masher”, “Head Carrier”, “Baal’s Back”) avec une mention spéciale à l’entraînante “Um Chagga Lagga” qui fait la part belle au spoken word. Bien sûr, les “Bone Machine” et autres “Wave Of Mutilation” déchaînent le public qui pogote, chante et danse de bon coeur. “Where Is My Mind?” reçoit, évidemment, un accueil plus que chaleureux avec une foule en liesse et des gradins qui ne peuvent rester assis face à un si culte morceau. Une nuée de lumières bleues immortalise l’instant et de longs applaudissements accompagnent la dernière note.

Sur “Caribou”, on aperçoit plusieurs slams simultanés dans la fosse et “Debaser” se termine par le traditionnel lancer de coussins de Fourvière, signe que l’auditoire a apprécié la performance. Pixies termine cet intense set d’une heure trente par “Planet Of Sound” avant de se plier à une timide révérence qui clôt le show. Pas de rappel. Mais de longs applaudissements emplissent l’arène.

On pourrait dire que les Américains ont fait le job mais ce serait peut être un peu sévère. Cependant, ils ne sont pas ce qu’on pourrait appeler des bêtes de scène et cette performance n’est pas mémorable. Mais les qualités musicales entendues ce soir nous donnent au moins l’espoir d’avoir sur notre étagère un très bon nouvel album des Pixies d’ici le 30 septembre.

Setlist :

Gouge Away
Dead
River Euphrates
Magdalena 318
Snakes
Velouria
Bone Machine
Crackity Jones
Isla De Encanta
Wave Of Mutilation
Monkey Gone To Heaven
Classic Masher
Subbacultcha
Hey
Where Is My Mind?
Here Comes Your Man
La La Love You
Greens And Blues
Break My Body
Brick Is Red
Indie City
Head Carrier
Um Chagga Lagga
Rock Music
Baal’s Back
Tame
Vamos
Caribou
Debaser
Planet Of Sound