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PETER MURPHY @ Bataclan (14/11/18)

Débutée à São Paulo le 7 octobre dernier, la tournée anniversaire des quarante ans du groupe culte Bauhaus fait un arrêt au Bataclan. On y retrouve un Peter Murphy plus que jamais immense.

Passons vite sur la première partie portée par le trio DESERT MOUNTAIN TRIBE. Non pas que la prestation soit inintéressante, mais la légende nous attend. Difficile donc de penser à autre chose. Jonty Ball (chant/guitare) et les deux frères Jahn (basse/batterie) nous livrent un rock psychédélique très ample, servi par un son puissant. Les lumières blanches servent parfaitement l’ambiance de ce set. On se laisse même aller à se dire que Jim Morrisson n’est pas très loin. Pas forcément le meilleur moment pour se laisser aller à leur musique, mais on se jure d’aller écouter leur effort studio. Mission découverte remplie.

 

 

Les Londoniens cèdent alors leur place à l’inestimable – ne lésinons pas sur les superlatifs – PETER MURPHY. Bonne nouvelle, il n’est pas le seul rescapé de Bauhaus à œuvrer sur scène ce soir. Le bassiste d’origine David J Haskins est aussi de la partie. Et dès les premières notes de “Double Dare”, on sent que la soirée va nous faire toucher les portes de l’enfer, ou du moins nous les laisser entrevoir.

 

 

La première partie du show est consacrée à “In The Flat Field”, premier essai du groupe. L’album est joué dans son intégralité et d’une traite. Notons que l’artwork de ce dernier est projeté sur un écran, il s’agit là du seul détail dispensable de la soirée. Tout le reste est dantesque.

 

 

A commencer par Peter Murphy qui, tout le long du concert, fait les cent pas, use, certains diront abuse, de sa théâtralité caractéristique de Bauhaus. Il transforme notamment les rideaux de scène en cape, provoquant par la même occasion des larsens. On excusera le son pas calé du début du concert mais gagnant en puissance tout du long. Mais bon sang quelle voix ! Impeccable, puissante, claire. Le temps l’a bonifiée. Nous en apprécions toute la beauté sur “Spy In The Cab” et “The Three Shadows, Part II”. Les poils se dressent.

 

 

David J pousse également (un peu) la chansonnette sur “Small Talk Stinks”, relayé par le lead singer usant d’un mégaphone. Le jeu puissant du batteur, doublé d’un mix le servant, font passer Marilyn Manson pour un guignol pompeur. Les puristes pourront regretter un son éloigné de l’original, mais ce soir le public savoure. Et l’ovation dès l’intro de “Bela Logusi’s Dead” confirme bien que la formation fait mouche ce soir. Le choix du guitariste et compagnon de route de longues dates Mark Gemini Twhaite et Mark Slutsky (batterie) est plus que pertinent. Nous resterons bien tout le long du show dans l’atmosphère post punk, gothique propre à Bauhaus. Une touche de dub/reggae (“Adrenalin”) est offerte, cela respecte parfaitement l’ADN du groupe. Le tout avec une bonne dose de puissance et d’électricité.

 

 

Les tournées anniversaire de vieilles gloires du rock prêtent souvent à sourire, frôler le ridicule. Mais nous ne sommes pas venus voir Scorpions ou U2 ce soir. Ce set ne nous donne pas l’impression de surfer sur un revival nostalgique surfait. Peter Murphy n’a d’ailleurs jamais vraiment quitté la scène (en 2006 Bauhaus assurait la première partie de Nine Inch Nails). Mais surtout ce dernier a toujours eu une démarche artistique singulière. Et cette soirée ne faillit pas à cette règle. Nous nous sommes replongés dans un répertoire dense et précieux. Un seul regret : ce fut trop court.

Setlist :

Double Dare
In The Flat Field
A God In An Alcove
Dive
Spy In The Cab
Small Talk Stinks
St. Vitus Dance
Stigmata Martyr
Nerves
Burning From The Inside
Silent Hedges
Bela Lugosi’s Dead
She’s In Parties
Adrenalin
Kick In The Eye
The Passion Of Lovers
Dark Entries
—-
The Three Shadows, Part II
Severance

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