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PARQUET COURTS @ La Gaîté Lyrique (27/06/16)

Ce lundi, les joyeux New Yorkais de Parquet Courts ont fait une halte à Paris dans le cadre de leur tournée estivale. Forts d’un nouvel album, “Human Performance”, sorti en avril dernier, ils se sont produits dans une Gaîté Lyrique qui affichait complet depuis déjà plusieurs semaines.

C’est un groupe local, BEAT MARK, qui est chargé de chauffer la salle. Cette dernière est presque vide au moment où les Parisiens investissent la scène mais les cinq musiciens ne se laissent pas démonter et entament la bonne demi-heure qui leur est consacrée avec des titres courts et efficaces. Même si la formation est bien en place et propose des compositions rock énergiques bienvenues pour une telle soirée, la musique se révèle très convenue et le set devient vite linéaire. Réceptif toutefois, le public finit par remplir seulement la moitié de la salle et on aura pu apercevoir parmi les spectateurs Andrew Savage, l’un des chanteurs guitaristes de la tête d’affiche, venu apprécier la performance des Français.

Une demi-heure de battement est nécessaire pour installer tout le matériel des Américains. Applaudissements et sifflements redoublent quand finalement les musiciens de PARQUET COURTS débarquent sous les projecteurs. La tranquille “Outside” lance le coup d’envoi d’un concert placé sous le signe du très bon “Human Performance“, dont pas moins de dix titres sont interprétés ce soir. L’autre moitié de la setlist est composée d’un mélange des trois précédents albums et le choix des morceaux s’avère judicieux : “Borrowed Times” et son refrain addictif précèdent les guitares paresseuses de “Yr No Stoner”, tandis que “Dear Ramona” vient calmer le jeu en milieu de set. Sur scène comme sur disque, tout s’enchaîne quasiment sans transition, rendant le show bien dense.

En concert, les quatre membres de Parquet Courts cultivent ce côté nonchalant qu’on imagine déjà à l’écoute de leur garage rock à la fois brut et traînant, à mi-chemin entre The Velvet Underground et The Modern Lovers. Entourant Sean Yeaton qui remue négligemment de la mèche au rythme de ses parties de basse, Austin Brown et Andrew Savage chantent l’un après l’autre et se répondent avec leurs guitares en face du public qui profite pleinement du moment en multipliant pogos et slams.

Cette date parisienne clôt la tournée européenne de juin. Loin d’être fatigués, les membres de la formation ne cessent de remercier l’audience et prennent plaisir à échanger avec des spectateurs enthousiastes. On apprend ainsi que le quatuor a, comme de nombreux groupes en ce début de mois de juin, pâti des perturbations dans les transports après sa performance à Nîmes. Le célèbre jingle de la SNCF aura vraisemblablement impressionné le bassiste, qui s’amuse à plusieurs reprises à le décliner avec son instrument dans une version complètement fausse. La soirée se poursuit dans une bonne ambiance et les derniers morceaux sont particulièrement intenses, à l’image de l’hymne punk qu’est “Sunbathing Animal” et de “Content Nausea”, où Savage débite son texte avec passion.

Les musiciens quittent la scène au bout d’une heure et quart sous les bruyantes acclamations d’un public qui en redemande. Aucun rappel ne vient le satisfaire, mais en tout cas, on aura eu notre dose de bonne humeur et de garage rock pour patienter en attendant leur prochain passage à Paris cet automne.

Setlist :

Outside
Dust
Paraphrased
Berlin Got Blurry
I Was Just Here
Captive Of The Sun
Master Of My Craft
Borrowed Time
Yr No Stoner
Dear Ramona
One Man No City
Pathos Prairie
Human Performance
Bodies Made Of
Black And White
Vienna II
Keep It Even
Psycho Structures
Light Up Gold II
Sunbathing Animal
Content Nausea