
Quatre mois après la sortie de All Is Love And Pain In The Mouse Parade, les Islandais de Of Monsters And Men poursuivent la promotion de leur nouvel album avec une tournée intitulée The Mouse Parade Tour au Royaume-Uni et en Europe. Une seule date française figure à l’agenda : L’Olympia à Paris. RockUrLife était présent pour cette escale attendue ! Une soirée entre folk rock et indie pop qui ne séduit pas uniquement les nostalgiques, et qui confirme la capacité du groupe à évoluer avec son époque sans renier ce qui a construit sa singularité.
Rakel
La soirée s’ouvre tout en douceur avec la chanteuse et compositrice islandaise RAKEL. Accompagnée aux claviers par Salomé Katrin, elle installe une ambiance calme et poétique, portée par un chant doux et éthéré : “Rescue Remedy” s’écoule avec fluidité, tandis que “Pillows” dégage un apaisement presque méditatif.
Tous les morceaux présentés ce soir sont extraits de son album A Place To Be, paru le 17 octobre dernier – le même jour que All Is Love And Pain In The Mouse Parade. Un clin d’œil involontaire, renforcé par un autre point commun : la collaboration avec Nanna Bryndís Hilmarsdóttir, qui fait une apparition surprise sur le dernier titre. Ensemble, les trois artistes livrent une reprise habitée de “Let It Die” de Feist, offrant une transition naturelle et élégante vers le set d’OMAM.
Of Monsters And Men
L’entrée en scène de OF MONSTERS AND MEN se fait avec simplicité, mais immédiatement efficace. Venant défendre All Is Love And Pain In The Mouse Parade, ils ouvrent le set avec les deux premiers morceaux de l’album : “Television Love” et “Dream Team”. Le premier installe une atmosphère planante, le groupe à peine visible à contre-jour, tandis que le second, plus entraînant, apporte légèreté et énergie.
Ces deux titres confirment que le groupe a depuis longtemps dépassé le simple folk des années 2010 : on n’assiste pas à un concert de revival, mais à un ensemble capable de naviguer entre pop cinématographique et folk rock, entre introspection et envolées mélodiques. Sans surprise, la setlist est largement centrée sur le nouveau disque : dix morceaux en sont interprétés, avec une aisance qui laisse penser qu’ils font partie du répertoire depuis toujours.
Si le public accueille chaleureusement ces nouveaux titres, on sent qu’une grande partie de la salle est composée de fans de la première heure. L’enthousiasme atteint son paroxysme lorsque retentit “King And Lionheart”, extrait du premier album, faisant chanter et danser la foule.
Une communion folk
Sorti en 2011, My Head Is An Animal avait propulsé le groupe sur la scène internationale. Il est particulièrement mis à l’honneur ce soir, avec cinq morceaux au programme. Les hits folk comme “Dirty Paws” et surtout “Little Talks” constituent les moments les plus forts de communion : la fosse bouge, les mains frappent en rythme et les voix de l’auditoire rejoignent celles de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir et Ragnar Þórhallsson.
Ces classiques remplissent un double rôle : ravir les nostalgiques tout en apportant une ambiance plus légère à un set majoritairement composé de titres lents, planants et intimistes. Maintenir l’intensité sur 1h30 n’est pas un pari évident, mais en ponctuant le set de ces anciens tubes au bon moment, le groupe réussit parfaitement à garder le public en haleine.
Parmi les morceaux marquants du nouvel album, “Kamikaze” séduit par ses accents pop rêveurs, tandis que “Ordinary Creature” déploie un refrain plus rock et contrasté. “The Block” impose une dimension véritablement cinématographique : les musiciens se placent en cercle, uniquement accompagnés du clavier, et suspendent le temps. Lumières tamisées, atmosphère solennelle… on se croirait transporté lors d’une nuit d’été en Islande.
Paysages sonores et passages expérimentaux
Son goût pour les paysages sonores et les passages plus expérimentaux enrichit chaque composition, une influence héritée de son Islande natale, terre d’artistes comme Björk ou Sigur Rós. C’est ce qui permet à Of Monsters And Men de se démarquer sur la scène du folk indé et de créer un style qui lui est propre.
Pour le rappel, le groupe opte pour un choix audacieux : “Love Love Love” interprété en solo par Nanna, suivi de “Fruit Bat”, morceau de huit minutes prolongé par une outro instrumentale immersive. Lors de ce dernier titre, c’est presque comme si les musiciens s’effaçaient pour laisser toute la place à la musique. Comme s’il n’y avait plus besoin de paroles pour maintenir la salle suspendue encore quelques instants.
Plus que défendre son dernier disque, Of Monsters And Men a réussi à créer, le temps d’un concert, un univers musical propre… À l’Olympia, le groupe a dévoilé toutes les facettes de sa création musicale : un style qui transcende les genres et qui prend tout son sens sur scène, entre puissance, délicatesse et expérimentation.


































