ReportsSlideshow

LINDEMANN @ Olympia (21/02/20)

Accompagné de Jadu et Aesthetic Perfection, les Germano-Suédois les plus timbrés du monde rock aka Lindemann viennent nous présenter leur nouvel album, “F & M” (2019) !

Plongée dans l’Allemagne des années 1940

Après une gestion chaotique des spectateurs dans la salle (trop de monde souhaitant accéder aux balcons, entraînant des blocages au niveau des portes d’accès), nous profitons d’un peu de sérénité pour la première “première” partie. Une musique allemande ancienne comme jouée sur un gramophone, des bruits de bombes, des musiciens habillés comme s’ils sortaient de Berlin en 1940. L’univers froid et austère est posé.

JADU nous expose un son martial rock. Son “military dream pop” comme elle aime l’appeler s’impose par un son brutal, des instrumentations électroniques puissantes et une voix maîtrisée. On note également un vrai univers artistique, vestimentaire et textuel. Toute la symbolique militaire est mise en avant.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous ressortons un peu hébété et surpris de cet univers vert de gris.

EDM metalcore

Changement d’ambiance avec AESTHETIC PERFECTION. On se rapproche cette fois du metalcore teinté d’électronique. Le trio américain est très dynamique sur scène. Et le chanteur Daniel Graves ne cesse de parcourir la scène.

La voix du frontman est particulièrement belle. On note que la bonne humeur est de mise, et que le groupe en profite pendant son set de quatre chansons (!).

Interdit aux moins de dix-huit ans

Nous sommes prévenus dès remise de nos billets. Le concert est interdit aux mineurs. Rien de surprenant quand on connaît l’univers de Till Lindemann et Peter Tägtgren. Interrogation tout de même sur ce que nous allons voir ce soir.

Première réponse avec le mini court métrage projeté sur l’immense écran situé derrière la scène. Till est chauve et porte une couche. Il erre dans les rues, danse, saute, roule et à la fin saute magnifiquement dans la rivière, après quoi seules les couches sont visibles dans l’eau.

“Skills In Pills” retentit. Les membres de LINDEMANN, tous vêtus de blanc, prennent place sur scène. Le visuel des costumes et la mise en scène rappelle Kraftwerk.

Tout le monde est debout et les premières images projetées sur l’immense écran derrière les musiciens sont explicites. Nudité, pornographie, violence, gloutonnerie. Tout est à l’image des artistes : sans limite, extrême et jusqu’au boutiste. Pour “Skills In Pills”, on voit les musiciens se goinfrer de pilules de toutes les couleurs. Celles ci tombant sur les parties plus ou moins intimes d’une femme dont on ne verra jamais le visage. Ambiance.

Une mise en scène radicale

L’écran permet au groupe de diffuser soit les clips correspondant aux titres, soit d’autres vidéos tout au long du show. La vidéo de “Ich Weiß Es Nicht” sera diffusée, mais pour les morceaux comme “Golden Shower”, “Cowboy” ou “Ladyboy” d’autres mini films sont présentés axés sur la sexualité ou la mise en scène des musiciens dans diverses situations.

Tout est fou dans la démarche du duo. On note l’inspiration pour les films indépendants allemands du début du siècle comme le cinéma brutal de Lars Von Trier. Chaque image est puissante et résonne avec les titres. Là où les textes peuvent parfois prêter à sourire ou en tout cas à ne pas sembler très sérieux, les images posées sur les mots chantés ont un impact bien plus grand. C’est une véritable performance artistique à laquelle nous assistons.

Cette performance est d’autant plus intéressante que les musiciens sont absolument impeccables. Tout est carré, en place et parfaitement exécuté.

Il est frais mon poisson !

Le temps d’une sortie de scène rapide (et rythmée par un texte sur l’écran nous invitant à hurler si nous voulons un rappel), la formation revient pour les tubes “Ach So Gern” version Pain et la bombe “Steh Auf”.

Enfin le moment tant attendu : “Fish On” et son lancer de poisson ! Après le lancer de tarte à la crème dès le début du concert, Till enfile cette fois ses plus beaux gants et attrape sa plus belle catapulte pour nous lancer des poissons. Un grand moment et un grand délire !

Un dernier salut des musiciens (ce qui est assez rare pour être souligné) et les lumières de l’Olympia se rallument. Difficile de reprendre pied tant nous avons été poussés dans nos retranchements ce soir. Une véritable performance artistique et musicale aboutie signée Lindemann, comme on aimerait en voir plus souvent !

Lindemann Setlist L'Olympia Bruno Coquatrix, Paris, France 2020, Frau & Mann

3 commentaires

Ecrire un commentaire

Laura Navarre
J'ai annoncé à mes parents à 16 ans que mon objectif professionnel était de produire la prochaine tournée de U2. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts (et U2 fait de la musique relativement passable). Passionnée de musique depuis son plus jeune âge, je me suis écartée du chemin musical parental (Queen & la chanson française), pour rejoindre celui autrement plus sympathique du ROCK.