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LES WAMPAS @ La Maroquinerie (10/03/18)

Punkabilly, psycho yéyé, inventeurs du rock n’roll, tellement d’étiquettes qu’il ne faut jamais essayer d’accoler aux Wampas. La joyeuse bande du roi Didier fête ces trente-cinq années, n’ayant que faire de ces nombreuses catégories dans leurs bagages. Durant la tournée qui suit, le groupe décide de secouer la capitale sur deux dates à La Maroquinerie. Retour sur une première soirée plus que haute en couleurs.

Les T-shirts humoristiques et ceux de groupes de hard rock ne cessent de défiler dans les escaliers menant à la salle. Du fond du bar à l’étage, on peut remarquer qu’il n’y a pas que la dimension éclectique de la foule qui fait plaisir à voir, mais également la moyenne d’âge. De très jeunes enfants accompagnent leurs parents pour ce qui représente sûrement leur premier concert. Avec un sourire, on peut s’apercevoir que certains prennent déjà place sur les épaules de papa. Peut-être que les Wampas ont fini par détrôner Henri Dès dans les enceintes de la voiture qui les mène à l’école.

Après avoir fait le plein de pinte en plastique, les premiers arrivés s’installent devant la scène en prévision de la salle pleine à craquer. Deux dates complètes couronnent ces musiciens, ils en sont conscients en mettant en pratique la seule chose qu’ils savent faire face à un public, tout donner. 19h30 sonne quand TONY TRUANT apparaît sur scène, Fender autour de la taille et galurin à plume vissé sur une splendide chevelure frisée aux reflets d’argent. Riffs blues à l’appui et voix baroudeuse, il est là de ses dires pour meubler une vingtaine de minutes. Tout le monde se prend au jeu, se mettant à aboyer lorsqu’il chante une ballade sur un vieux cabot et à reprendre le refrain quand il chante l’amour déchu et la solitude qu’il compare à celle d’un taxidermiste. Didier apparaît à la fin de son set derrière les fûts, terminant sur un solo foutraque mais joice au possible.

 

 

Pas le temps de regarder l’heure que SUGAR & TIGER investit la scène. Florence est absente au chant, l’entreprise familiale va donc devoir se débrouiller pour le chant. “Est-ce que quelqu’un connaît les paroles ?”, demande Didier à la foule, question rhétorique car beaucoup sont au fait de ce qui se passe en amont des Wampas. “Pas grave, je les connais un peu”, répondra-t-il. Son fils également à la six cordes, ils délivrent en famille un rock teinté de pop qui va droit au but. Prestation courte et intense où la foule commence à se chauffer pour ce qui se prépare par la suite.

 

 

 

Petite interlude, et revoilà Didier Wampas après avoir changé de T-shirt. Il utilise son vrai nom de famille pour faire vivre le groupe nommé DIDIER CHAPPEDELAINE ET SES MAUDITS FRANCAIS. Une trentaine de minutes où la Belle Province est à l’honneur, avec des titres comme “Les Cowboys Du Québec” et “Québec Mon Pays”. La salle se transforme progressivement en sauna, les habitués de cette formation n’ayant pas entendu quatre accords pour pogoter joyeusement.

 

 

Il est à présent 21h10, trêve d’introduction alors que commence à scander les premiers rangs “Didier-Wampas-est-le-roi !”. “Les Ravers De Spezet” ouvre le bal et c’est parti pour presque deux heures ininterrompues alors que le chanteur et certains de ses musiciens se donnent à fond depuis bientôt plus d’une heure bout à bout. Le chanteur passe autant de temps porté par le public et à parcourir la salle que sur les planches. L’ambiance est électrique alors que la fosse est devenue un véritable champ de bataille, qui ne se calme occasionnellement pour tenir à bout de bras Didier Wampas, et parfois même, un jeune garçon qui prend goût au slam.

 

 

Inutile de préciser que la setlist de LES WAMPAS ne comporte aucune fausse note, de “Rimini” à “Yeah Yeah” où le public participe sous l’accolade de Didier. “Comme Un Punk En Hiver” sera joué deux fois pour tenter de niveau le plus grand wall of death de l’Histoire. Chaque morceau possède une énergie indescriptible et surtout indissociable d’une tendresse incroyable. Le point d’orgue de cette poésie désabusée mais passionnée est atteint dans la soirée quand Didier Wampas, porté sur une chaise par la foule, n’arrive pas à atteindre le micro pour chanter “Les Bottes Rouges”. Que cela ne tienne, l’assemblée chantera la quasi intégralité de la chanson sans hésitation. Les habitudes changent, le plus vieil homme de la salle monte sur scène à la place d’un enfant, et le leader singe Jacques Martin pour introduire “Ce Soir, C’est Noël”.

 

 

Le premier rappel voit Ben Sam, ancien bassiste des Wampas, reprendre la quatre cordes pour trois morceaux. Chaque titre est vécu comme si c’était le dernier de la soirée, et les spectateurs rendent bien aux Wampas toute l’énergie déployée pour nous faire passer un moment d’exception. Apothéose du second rappel avec ce qui reste la chanson la plus connue du groupe, “Manu Chao”. Les filles et les femmes sont toutes invitées sur scène pour “Petite Fille” et l’instant de magie se clôture sur “Oï”.

 

 

Si vous n’avez jamais assisté à un concert de Wampas, et que vous ne rechignez jamais à passer un bon moment, qu’attendez-vous ? Ils sont la preuve que Dieu existe.

Setlist :

Les Ravers De Spezet
Electrodoowop
C’Est L’Amour
Patricia
Rimini
L’Eternel
Yeah Yeah
Belle Maman
Rising
Casteljaloux
Comme Un Punk En Hiver
Comme Un Punk En Hiver
Punk Ouvrier
Joëlle
L’Aquarium Tactile
Castorama
Les Bottes Rouges
Même Les Plus Grands Ont Des Moments De Faiblesse
Les Wampas Sont La Preuve Que Dieu Existe
Ce Soir C’Est Noël
For The Rock
—-
Vautours
Rien A Foutre
Snuff
—-
I Need The Rock ‘N’ Rool
Manu Chao
Je Voudrais
Où Sont Les Femmes ?
Petite Fille

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