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LAST TRAIN @ Le Trianon (06/11/19)

En ce mercredi soir pluvieux, Last Train faisait escale à Paris, dans le cadre de la tournée de “The Big Picture” sorti début septembre.

Paranomase chic

C’est sur un titre de Françoise Hardy et dans un Trianon partiellement rempli, pour le moment, qu’entrent en scène les Lyonnais de BANDIT BANDIT. Duo, couple, prenant naissance suite à une rencontre sur Tinder, potes des Last Train. Un groupe 3.0 en somme.

Le concert débute sur la pulsation du titre “Néant”. Musicalement et visuellement, il y a un aspect The Kills mais sans le côté junkie. Renforcé pas une basse/batterie solide, le groupe emporte rapidement l’adhésion du public. Oui mais voilà, la signature rythmique dansante et groovy devient rapidement crispante. Une fois passé l’entêtant single “Maux”, la suite est vite redondante. Deux trois détails sont également agaçants. Le sempiternel tambourin qui devrait être radié de toutes les scènes. La guitare (sous mixée) empoignée par Maeva pour gratter vaguement deux accords sur quarante minutes de set.

Le rock de Bandit Bandit mérite peut être moins de manières et plus de sauvagerie. Quoi qu’il en soit, le quatuor est solide, un album complet et quelques lives en plus en feront sûrement une formation à revoir.

Last Train, l’audace, le panache et le triomphe

21h tapante, intro sifflotante, fond de scène paré d’un immense drap blanc. L’enthousiasme d’une salle affichant complet est déjà palpable. Les Alsaciens de LAST TRAIN ont, au cours de ces dernières années et bien avant de sortir un album, parcouru nombres de lieux et de kilomètres. Affichant ainsi des prestations live qui ont fait la réputation des jeunes musiciens et l’acquisition d’une fanbase solide.

Les premiers accords de “All Alone” traversent les arches du théâtre, la communion peut commencer. S’en suivent alors des vagues d’émotions, de rage et de mélancolie.

Malgré un succès grandissant, il n’est pas aisé de qualifier la musique de Last Train. Loin des formats pop, entre désenchantement et énergie rock, rien de facile, rien de naïf. Des errements blues aux approches quasi post rock perfusés par les attitudes vocales gallagherienne de Jean-Noël, le groupe déroute et touche au cœur.

“Way Out” et “House On The Moon” s’enchaînent. Le son est clair et puissant. L’amour du quatuor pour l’obscurité et les courts moments de lumières franches se mélangent avec l’élégance vestimentaire qu’ils cultivent. Perfectionnisme allant jusqu’à l’alignement quasi obsessionnel des amplis sur scène et qui se retrouve également dans la maitrise parfaite de la communication visuelle entourant “The Big Picture“.

Les musiciens s’approprient très bien les titres frontaux mais excellent également dans les moments plus progressifs à l’énergie canalisée tels que “On Your Knees” dont l’accalmie est courtement gâchée par un désespérant “à poil”. Oui, en plus du tambourin, il faut bannir ces individus également.

La première heure se termine sur des divagations psychédéliques, le clair obscur de “Disappointed” et “Leaving You Now” ou le tube des débuts “Fire”. La foule est dans une stase admirative, la formation en lévitation. Un instant de haute teneur émotionnelle dont le meilleur est encore à venir.

Nostalgie vaporeuse

Le rappel se compose de trois morceaux. La douceur de “Tired Since 1994” permet de voir une fois encore la latitude vocale du chanteur, la maîtrise des progressions jusqu’au final rageur et mélodique.

Le frénétique “Cold Fever” repris en chœur par le public laisse place aux remerciements des musiciens. Instant pendant lequel on découvre la présence des amis et des parents. Moment de nostalgie en suspend. D’une salle comble se dégage une parenthèse d’intimité. Un rêve partagé entre des potes d’enfance et leurs familles.

La soirée est belle, elle atteint son paroxysme avec le superbe “The Big Picture”. Probablement le meilleur morceau du quartette. Maitrisé de bout en bout, planant, déchirant. La foule reprend encore une fois les paroles propulsant encore un peu plus haut le sublime de l’instant. Le tout se finit sur un dernier déchainement de décibels, les larmes du groupe et les embrassades. Lumière.

Ce soir, la nostalgie vaporeuse de Last Train aura eu raison du Trianon. La sincérité du groupe, sa cohésion, sa fragilité émotionnelle en font quelque chose de rare et de beau à voir. Un spleen musical qui nous fait vibrer à l’unisson.

Last Train Setlist Le Trianon, Paris, France 2019, The Big Picture

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