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KILLSWITCH ENGAGE @ Le Trabendo (29/04/13)

Quatre ans après leur dernier passage à Paris, les pères du metalcore reviennent sur le Vieux Continent accompagnés de Heartist et Sylosis pour présenter leur cinquiéme opus, “Disarm The Descent“, marquant le retour du frontman originel, Jesse Leach. C’est donc le Trabendo qui a été choisi pour la seule et unique date de l’Hexagone.

Aux alentours de 19h30, dans un Trabendo qui se remplit doucement, c’est le groupe californien HEARTIST, qui a pour rôle de chauffer les premiers arrivants. Récemment signé chez Roadrunner Records, la formation a été emmenée dans les bagages de KsE pour représenter les couleurs du label avec son metalcore/post hardcore moderne. Une chose est sûre, le groupe divise une partie du public. Certains aiment la musique, dans la lignée d’un Asking Alexandria (pour le côté électro core) ou encore d’un Memphis May Fire (pour les petites touches rock n’roll), d’autres s’ennuient et partent boire quelques bières en terrasse. Mais, en toute objectivité, les musiciens se donnent et apprécient le moment présent et remercient les gens d’être venus si tôt pour les voir. Malgré un son très brouillon, les samples éléctro n’aidant pas, le groupe réussit à faire bouger quelques nuques et à recevoir pas mal d’applaudissements.

 

Les choses sérieuses commencent ensuite avec la montée sur scène des anglais de SYLOSIS. Pour leur troisiéme passage dans la capitale, le combo officie toujours le statut de “première partie” alors que le groupe a TOUT pour réussir et à déchaîner les foules de chevelus… ce qui est le cas ce soir. Bien loin du style de Heartist et un peu plus proche de Killswitch Engage, les natifs de Reading tapent dans un bon gros thrash/death technique et terriblement carré. Mené par un Josh Middleton sobre mais bien en place vocalement, le groupe enchaîne les morceaux destructeurs avec violence sans être vraiment actif sur scène. C’est bien la seule chose que l’on peux leur reprocher, un brin de folie aurait été un supplément non négligeable. Les anglais arrivent cependant à mettre un bordel monstre dans la salle avec une setlist taillée pour faire mal. Des ravageurs “Sand Of Time”, “Teras” ou encore “Reflections Through Fire” en passant par “Fear The World” et l’épique “Empyreal (Part 1)” qui termine le show dans l’art et la manière. Sylosis a mis le Trabendo à genoux et a clairement chauffé la salle pour les rois de la soirée.

 

Quatre ans que l’on attendait leur retour et une éternité que l’on attendait la formation d’origine. Et bien ca y est, c’est ce soir que l’on retrouve KILLSWITCH ENGAGE au grand complet pour un show qui s’annonce digne de ce nom. “The Hell In Me”, titre introductif du dernier album, met tout de suite les choses au clair avec son blast d’intro et son refrain imparable. La fin de soirée est lancée, pour notre plus grand plaisir. “A Bid Farewell” et “Fixation On The Darkness” sont propulsés l’un après l’autre, déclenchant les premiers sing along du public sur les refrains. Arrive ensuite “The New Awakening” avec ses cavalcades de riffs heavy et son solo épique qui plait à l’ensemble de l’audience. “Life To Lifeless” nous fait revenir dix ans en arrière, comme si c’était hier, avec un Jesse Leach en très grande forme et avec de l’énergie à revendre. Killswitch nous charme avec ses titres fédérateurs et on est loin d’avoir fini de s’égosiller la voix. “No End In Sight” et “Take This Oath” montent le niveau d’un cran et on se rend vite compte que “Disarm The Descent” fait clairement l’unanimité. Le groupe est heureux d’être là, communiquant pas mal avec l’assemblée et c’est sans compter sur le “show” d’Adam Dutkiewicz. Le personnage est toujours aussi décalé, chambrant le public et avalant la moitié de sa biére tout en “growlant”, ce qui donne quelque chose d’assez comique. “The Arms Of Sorrow” et “This Is Absolution”, tubes en puissance du combo du Massachusetts, font en sorte que le public prenne la place de Jesse en reprenant les paroles. Il faut également le dire, Jesse n’est pas vraiment à l’aise sur les morceaux écrit par l’ancien chanteur, Howard Jones. Un poil trop haut et heavy dans les parties chantées ? Peut-être bien. Mais en ce qui concerne les parties hurlées, le gazier s’en sort bien mieux que son prédécesseur. Arrive ensuite “All That We Have”, une autre tuerie issu du dernier opus que le quintette se plait à joueur car c’est certainement la plus rapide et efficace que le groupe ait écrite et qui fait son effet en live. “Rose Of Sharyn” ponctue la soirée via un circle pit bien violent et qui permet encore et toujours à l’auditoire de chanter avec passion les lyrics du morceau. Le retour de Jesse au sein du combo leur permet de jouer des morceaux de “Alive Or Just Breathing” (2002) pour le plus grand plaisir des fanatiques de la premiére heure. “Numbered Days” et son “this time approches” scandé de toutes les forces par l’ensemble du public, met tout le monde d’accord, tandis que “Self Revolution” enfonce le clou et monte la chaleur d’un cran. “In Due Time”, single approuvé et validé de “Disarm The Descent” introduit les singles de fin de concert. A ce moment-là, Adam D. se permet de nous annoncer une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise est qu’il ne reste que deux morceaux, ce qui vaut quelques “ouuuh” de déceptions. Et la bonne est que sans nous, le public, Killswitch Engage n’est rien, que cette ferveur et ce soutien leur vont droit au coeur. Il confirmera même que ce concert est le meilleur que KsE aie joué dans la capitale. “My Curse” et “The End Of Heartache” terminent donc le travail malgré les quelques lacunes vocales de Jesse Leach que l’on oubliera vite après le concert. Après un pseudo au-revoir, la salle est plongée dans le noir mais l’audience n’est pas dupe : les lumières des amplis sont encore allumés et il manque LE titre référence de tout le répertoire de Killswitch Engage. Confirmation faite, les cinq bonhommes reviennent une ultime fois pour nous jouer leur “dernière sérénade” en guise de rappel. “My Last Serenade” est donc envoyée tout en puissance, faisant en sorte que la ferveur du public se décuple sur le refrain repris par les trois quart du Trabendo. Voilà, c’est fini, le bonheur était au rendez-vous mais un petit goût amer reste en bouche. Deux voir trois chansons en plus n’aurait pas fait de mal, surtout pour une tête d’affiche comme Killswitch Engage. Mais ce fût fortement bon !

 

Grandiose est certainement le mot qui convient le mieux au concert que vient de donner KsE. Une setlist homogène, taillée pour le live et pour ses fans, un groupe en très bonne forme et un Jesse Leach qui ne nous fait pas regretter Howard Jones, en live. Sans oublier la prestation correct de Heartist ainsi que la rouste infligée par Sylosis en guise de première partie. Sinon, Killswitch, revenez quand vous voulez, Paris vous attendra comme ce soir !

Setlist :

The Hell In Me
A Bid Farewell
Fixation On The Darkness
The New Awakening
Life To Lifeless
No End In Sight
Take This Oath
The Arms Of Sorrow
This Is Absolution
All We Have
Rose Of Sharyn
Numbered Days
Self Revolution
In Due Time
My Curse
The End Of Heartache
—-
My Last Serenade