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JUDAS PRIEST @ Zénith (27/01/19)

C’est une légende et surtout un pionnier du heavy metal qui nous convie au Zénith De Paris ce dimanche. Malgré la pluie, la grêle et le RER, RockUrLife a bravé les épreuves pour assister à ce “Firepower Tour” de Judas Priest ! Dépourvu de ses deux guitaristes mythiques, le prêche sera t-il aussi pertinent qu’auparavant ? Rob Halford gardera t-il son titre de Metal God ?

Sur l’affiche de la tournée, aucune première partie n’avait l’air annoncée et ce n’est que quelques jours avant que le nom de DISCONNECTED est sorti du chapeau. C’est donc au groupe troyien mené par Ivan Pavlokovic que revient la lourde tâche d’ouvrir pour le Priest et proposer un metal résolument plus moderne et à des antipodes du heavy metal traditionnel des Anglais. De quoi ouvrir les esprits donc, et force est de constater que le pari est réussi tant le set est exécuté avec brio. Le sourire jusqu’aux oreilles, le quintette défend son album “White Colossus” d’une manière admirable en proposant un déluge de gros riffs et d’énergie à la croisée des chemins entre Architects et Gojira ! Gageons que cette belle carte de visite les révélera davantage et mènera ses membres vers le succès qu’ils méritent !

C’est une salle pas si fournie qui accueille désormais JUDAS PRIEST sous des applaudissements nourris et une certaine impatience de voir ou revoir ces icônes du metal. Il est 20h quand le grand rideau tombe et c’est le riff détonant de “Firepower” qui ouvre les hostilités précédé d’un cri bien aigu du maître de cérémonie. Le morceau est repris en chœur par l’assemblée et démontre que cet album acclamé à sa sortie possède une belle occasion d’être défendu en live. Le son en fosse est dosé comme il se doit tandis qu’en tribune, il est à déplorer un mixage moins heureux de la section rythmique.

En lieu et place de Glenn Tipton, qui souffre malheureusement de la maladie de Parkinson, nous retrouvons Andy Sneap, célèbre producteur du groupe qui seconde donc Richie Faulkner (décidément très à son aise) pour un duo qui n’égalera jamais l’original avec K.K Downing mais qui a le mérite de se trouver vraiment efficace en proposant un catalogue de riffs et soli des plus fournis ainsi qu’une certaine fraîcheur.

Soixante-huit ans et toujours fringuant, Rob Halford livre ce soir une prestation à la hauteur des attentes et démontre que les années n’ont sur lui qu’une infime emprise tant le bougre semble prendre plaisir à dégainer du nouveau matériel fichtrement bien intégré à une setlist de classiques IMPARABLES. Le public intergénérationnel présent ce soir pourra se vanter d’avoir assisté à un véritable best of du Priest avec, comme cerise sur le gâteau, un “Killing Machine” d’anthologie jamais joué depuis… 1978 ! Quel cadeau et quel riff !

Deux petits points noirs cependant. Sur cette tournée, peu d’artifices utilisés, si ce n’est un écran géant qui diffuse les pochettes d’albums ou les clips correspondant aux morceaux mais rien de pyrotechnique, ce qui aurait volontiers ajouté un peu de “puissance de feu” au set (vraiment onéreux pour les fans ayant déboursé jusqu’à 80€) certes compensé par la qualité de jeu et la variété des morceaux.

La durée de jeu est quant à elle discutable car même si 1h35 reste dans une bonne moyenne, on est en droit d’attendre un peu plus de l’un des plus anciens groupes de heavy metal qui, fort (ou rincé) de sa longévité, propose parfois le minimum garanti ou ne réinvente pas forcément la roue dans ses interventions peu nombreuses avec le public mais toujours très téléphonées.

Cela étant dit, nous ne bouderons jamais notre plaisir de voir Rob débarquer en moto sur “Hell Bent For Leather”, Scott Travis nous asséner le coup de grâce en martelant l’intro mythique de “Painkiller” et Ian Hill se déhancher en fond de scène, tout sourire, sans se demander si on entend réellement sa basse.

Assister à un tel concert de Judas Priest en 2019 est en soit déjà un événement et toujours un plaisir non dissimulé. Et comme indiqué en fin de set : “The Priest will be back!” Et vous ?

Setlist :

Firepower
Running Wild
Grinder
Sinner
The Ripper
Lightning Strike
Desert Plains
No Surrender
Turbo Lover
Killing Machine
The Green Manalishi (With The Two Prong Crown)
Night Comes Down
Guardians
Rising From Ruins
Freewheel Burning
You’ve Got Another Thing Comin’
Hell Bent For Leather
Painkiller
—-
The Hellion
Electric Eye
Metal Gods
Breaking The Law
Living After Midnight

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