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JOE BONAMASSA @ Grand Rex (03/03/14)

Comment ça ?! Deux soirées placées sous la houlette du blues rock à Paris ? Au Grand Rex ?! Il n’y a plus de doute ! Joe Bonamassa prend ses quartiers pour deux charmantes soirées, dans l’une des plus charmantes enceintes parisiennes, pour y dompter ses multiples guitares, toujours entouré de musiciens hors pairs.

Après Steve Vai et Joe Satriani, RockUrLife se penche maintenant sur le cas d’un autre Joe, JOE BONAMASSA. Remplissant tour à tour les salles du monde entier, le guitariste est, depuis quelques années, véritablement ancré dans le paysage guitaristique mondial. L’importante “team Bonamassa” pose ses valises pour deux jours, dans la capitale, et donc plus particulièrement au Grand Rex. La foule est dense et les sièges vides se feront rares. Comme tout artiste, le stand merch proposait t-shirts, CDs et DVDs, sauf que ce lundi soir, c’était l’intégralité de la discographie qui était proposée en public; tout était en vente, assez rare pour être dit ! 20 heures, “Highway To Hell” version Hayseed Dixie débute et indique l’imminente arrivée des musiciens et de Joe, bien évidemment. L’ambiance est posée, le blues rock sera à l’honneur -fallait-il s’attendre à autre chose ? De vives applaudissements accompagnent leur arrivée sur scène, chaque musicien prend ses quartiers quant à Joe, il rejoint le centre de la scène, où trône entre sept et huit guitares. “Woke Up Dreaming” démarre et embarque l’audience du soir d’emblée. Cette première partie, entièrement acoustique pose les bases d’une ambiance très intimiste malgré l’imposante enceinte dans laquelle évolue la troupe. Parmi les neuf titres joués, cinq feront la part belle à d’autres artistes. En effet, “Seagull” (Bad Company) et “Jelly Roll” vont se succéder suivis plus tard par le trio “Jockey Full Of Bourbon” (Tom Waits) / “Stones In My Passway” (Robert Johnson) / “Ball Peen Hammer” (Chris Whitley). Le public fera part de son engouement au travers d’encouragements, sifflements, cris et applaudissements, étant tous assis. “Athens To Athens” viendra mettre fin, de manière très enjouée, à cette première partie de spectacle, mettant une fois de plus à l’honneur les différents artistes l’entourant tels que Gerry O’Connor (violon, banjo), Derek Sherinian (claviers), le souriant Lenny Castro (percussions) et l’intriguant Mats Wester qui tenait entre ses mais une nyckelharpa, un instrument traditionnel suédois. Cinquante minutes en acoustique vont maintenant laisser place à la partie électrique, où les guitares vont enfin pouvoir frémir avec plus de rage.


L’entracte, d’une durée de quinze minutes, passée, les lumières s’éteignent enfin à nouveau ! Pour cette seconde partie, Tal Bergma (batterie) et Carmine Rojas (basse) vont faire leur apparition, tout comme Derek et Lenny. Lancé sur “Dust Bowl”, Joe Bonamassa temporise ce début de set électrique. “Oh Beautiful” prend le relai et aura le don d’éblouir la salle et particulierement les premiers rangs. Pourquoi donc ? Tout simplement en raison d’un puissant show light, extrêmement clinquant, de quoi être gêné par moment, disons-le franchement. Ce début très mid tempo sera dynamisé par “Who’s Been Talking”, une cover de Howlin’ Wolf, qui verra les têtes hocher et les mains tapées jusqu’à que l’ambiance soit plus solennel avec “Midnight Blues” du défunt Gary Moore. Néanmoins, quelque chose nous tracasse. Pourquoi jouer autant de reprises lors de ses shows alors qu’il possède une discographie extrêmement fournie avec des compositions propres à lui ? Quarante pourcents de son set consiste en des reprises, bien exécutées il est vrai et agréable à écouter, mais n’est-ce pas excessif ? Bien heureusement, parmi les sept titres restants, six seront des créations de Joe. Ainsi, suite à “Driving Towards The Daylight” qui une fois de plus aura apaisé l’audience, “Slow Train” invitera le bluesy groove à s’emparer des âmes présentes. “Sloe Gin” de Tim Curry, continue le récital, tout en douceur et délicatesse durant plus de quatre cent quatre-vingt magnifiques secondes. “The Ballad Of John Henry” mènera Paris vers des senteurs musicales plus lourdes bien que le bottleneck vienne jouer les troubles fêtes. Le groupe salue alors la foule et se retire quelques instants avant d’entamer le rappel. Une partie du public, de l’orchestre, ira s’approcher de la scène, pour finir cette soirée au plus près des musiciens. Malheureusement, celui sera plus désagréable qu’autre chose… Pourquoi ? Après avoir passé plus de deux heures dans une enceinte, sans pouvoir mitrailler le groupe/artiste sur scène, les smartphones font leurs fracassante apparition sur ces premiers rangs et mitraillent la scène. Il est clair que cela les démangeait fortement, de ne pas pouvoir assister à leur concert au travers d’un écran ridiculement petit, en lieu est place de profiter et de vivre la musique jouée. “Django” et enfin “Mountain Time” marqueront la fin du concert. A l’occasion de ces derniers instants, l’ensemble des musiciens seront rassemblés sur scène, Gerry O’Connor et Mats Wester complétant l’extraordinaire équipe de Joe. Ce dernier titre résumera parfaitement la soirée et bien évidemment la musique qui fait de Joe Bonamassa le guitariste qu’il est aujourd’hui.


Bien que Joe Bonamassa ne soit pas très bavard sur scène, préférant privilégier son set et sa musique -malgré le nombre important de reprises-, on ne tiendra peu compte de ce détail car c’est avant tout un show bluesy auquel les fans étaient venus assister. Cependant, au vue des quatre derniers DVDs “Tour De Force”, on pouvait, légitimement, prétendre à plus de surprises de sa part.

Setlist :

Woke Up Dreaming
Seagull (Bad Company)
Jelly Roll (Charles Mingus)
Black Lung Heartache
Around The Bend
Jockey Full Of Bourbon (Tom Waits)
Stones In My Passway (Robert Johnson)
Ball Peen Hammer (Chris Whitley)
Athens To Athens

Dust Bowl
Oh Beautiful
Who’s Been Talking (Howlin’ Wolf)
Midnight Blues (Gary Moore)
Slow Train
Driving Towards The Daylight
Love Ain’t A Love Song
Sloe Gin (Tim Curry)
The Ballad Of John Henry
—–
Django
Mountain Time