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IDLES @ Le Trabendo (20/04/18)

En ce vendredi soir prématurément estival, les Anglais de Idles sont venus surchauffer la petite salle de La Villette armés de leur excellent premier album.

Alors que la plupart des spectateurs préfèrent profiter du beau temps à l’extérieur, le Trabendo accueille LICE. Les jeunes musiciens originaires de Bristol, qui ont déjà assuré les premières parties de gros noms comme The Fall ou encore Fat White Family, jouent pour la première fois en dehors du sol britannique. Leur court set révèle un groupe à suivre, grâce à l’alliance de solides compositions inspirées par divers courants du punk et d’une présence scénique déjà assurée.

 

 

A l’heure prévue sur le papier, Joe Talbot entre sur scène comme un boxeur dans le ring, vite suivi par ses camarades. Tous les cinq membres de IDLES trépignent déjà, leur excitation est redoutablement contagieuse. Après un salut et quelques réglages, le groupe enclenche finalement le mode bulldozer. La batterie claquante de Jon Beavis amorce “Heel/Heal” et c’est parti pour plus d’une heure de set survitaminé au cours duquel la quasi totalité de “Brutalism” est interprétée sans temps mort.

Voir Idles sur scène est un vrai plaisir pour qui souhaite ressentir pleinement la force irrésistible de sa musique, mais c’est aussi un sacré spectacle pour les yeux. Joe Talbot met littéralement en scène les paroles qu’il débite dans un état second, expressions faciales et gestuelle à l’appui. Nullement gênés par leurs instruments, les quatre autres musiciens investissent tout aussi bien les quelques mètres carrés qui leur sont réservés. Seul Adam Devonshire à la basse reste relativement à sa place, mais le guitariste Mark Bowen, dans sa belle salopette bleue, fait d’un des amplis l’un de ses perchoirs préférés, son comparse Lee Kiernan va jusqu’à jouer dans la foule, sans compter les moments où ils se retrouvent à jouer allongés par terre les uns sur les autres. La formation ira au bout de son attitude décalée et je-m’en-foutiste en reprenant “All I Want For Christmas Is You” dans une version complètement fausse mais pleine de bonne humeur.

 

 

Les Anglais prennent soin de nos oreilles et s’assurent également que tout va bien en fosse, en demandant à ce que chacun fasse attention à son voisin. Il faut dire que l’assemblée est particulièrement en forme pour l’occasion. Les pogos sont ininterrompus et toute la fosse a dû passer au moins une fois sur la scène pour parfaire sa technique de slam, y compris lors de l’interprétation de morceaux inédits. La formation profite en effet de cette tournée pour tester quatre morceaux qui figureront sur un deuxième album à venir cette année, et bonne nouvelle, celui-ci s’inscrira visiblement dans la lignée de “Brutalism”.

Il n’y aura pas de rappel, nous prévient Talbot, donc autant profiter des dernières minutes de défouloir offertes par “Rottweiler” et son final bruitiste au possible. Pendant que Bowen, complètement habité, présente ses camarades et remercie les spectateurs, le batteur se lance dans un solo costaud et Kiernan se retrouve sur les épaules de quelqu’un en malmenant sa guitare qu’il finit par jeter par terre, autant dire un final digne de la réputation live de la bande de Bristol.

 

 

Il est souvent vite fait de qualifier un concert d’intense. Peu de groupes savent cependant aussi bien donner un sens concret à ce terme fourre-tout qu’Idles. Sans artifices, avec leur énergie et leur talent certain pour la musique et l’esprit punk, les cinq musiciens ont véritablement retourné le Trabendo.

Setlist :

Heel/Heal
The Idles Chant
Date Night
Faith In The City
Mother
Samaritans
1049 Gotho
Divide & Conquer
I Am Scum
Benzocaine
White Privilege
Danny Nedelko
Exeter
Lovesong
Well Done
Rottweiler

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