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ICED EARTH @ Le Trabendo (15/01/14)

Le nouvel album fraichement dans les bacs, la bande à Jon Schaffer avait donné rendez-vous à son public européen, en ce tout début d’année 2014 !

Tandis que les dates débutent au compte-goutte en ce début d’année, une figure reconnue du metal américain était de passage dans la capitale. Avant d’entrer dans le vif du sujet, l’affiche du soir comportait également deux autres formations. La première est une jeune formation du nom d’ELM STREET. Ces jeunes australiens, qui sont à des milliers des kilomètres de chez eux, sont donc chargés de chauffer une foule plutôt fournie. Ben Batres (chant/guitare), Aaron Adie (guitare), Tomislav Perkovic (batterie) et Anthony Longordo (basse) prennent possession de la petite scène du Trabendo et s’élance pour une demi-heure. Evoluant dans une musique heavy metal tout à fait classique, le retour du public semble positif. Les T-shirts Megadeth et Manowar qu’arborent le groupe n’y sont sans doute pas pour rien également. Quelques passages speed, d’autres légèrement plus thrash mais l’ensemble que propose les australiens est concis. Néanmoins, les morceaux étant parfois plus élaborés, en terme de structure, il était assez facile de s’y perdre, sans doute car peu de monde connaissait ce groupe. Une belle énergie se dégage du quartet et Paris l’aura bien compris. Ben, qui tient la rythmique, donnera l’impression de forcer son chant, pour un résultat pas toujours parfait, assez étrange pour être noter. Une bande de jeune qui ne demande qu’à se faire plus amplement connaitre et qui véhicule un style voué à l’old school (allez donc voir les illustrations de leur merch), nul ne doute que cette tournée leur ouvrira quelques portes en Europe.

Un changement de set est de rigueur et ce sera ensuite à WARBRINGER de venir enflammer le pit. John Kevill (chant), John Laux (guitare), Adam Carroll (guitare), Ben Mottsman (basse) et Carlos Cruz (batterie) sont fins prêts à en découdre avec les français. John déboule sur scène, bières à la main, et fait ensuite face au public avec un sourire au coin des lèvres, avant de lancer “Living Weapon”. La puissance du combo californien ne tardera pas à faire des émules dans le pit. Les têtes se balancent et l’ambiance monte d’un ton. En proposant un son plus massif, la soirée monte en température. Disposant d’un temps de jeu assez réduit, le groupe piochera dans sa discographie et seulement deux titres du dernier album seront joués, fort dommage donc. Néanmoins, les titres tels que “Iron City” ou bien “Total War” vont tout souffler sur leur passage. Des rythmiques tranchantes, des soli bien ficelés, autant dire que Warbringer n’est pas là en tant que simple spectateur. La sortie de leur dernier album “Warbringer IV: Empires Collapse” conforte leur excellente place dans l’univers thrash metal américain, où la concurrence est rude. L’intensité ne retombera plus jamais et “Living In A Whirlwind” n’aidera clairement pas John a évacué sa colère de manière plus posée. “Towers Of The Serpent” va mettre fin à une prestation bien trop courte ! On en aurait bien repris une dose, mais le contrat est amplement rempli. Warbringer propose un thrash metal d’excellente qualité et mérite une date en tête d’affiche, rien que ça !

Tandis que le kit de Jon Dette, qui a récemment rejoint la tête d’affiche du soir, trône en plein milieu de la scène, un break d’une vingtaine de minutes s’impose afin de préparer la venue sur scène d’ICED EARTH. Fort de la sortie de son nouvel opus, les américains sont de retour dans la capitale pour l’unique date française de la tournée. Les lumières s’éteignent pour la dernière fois de la soirée et c’est alors que retentie l’introduction de “Plagues Of Babylon”, le titre éponyme du dernier album. Fort de ces huit minutes dont deux bonnes pour l’introduction, chacun des membres du groupe prend place petit à petit place sur scène. Après Jon Dette, viennent Luke Appleton (basse) et Troy Seele (guitare) suivi de Stu Block (chant) et Jon Schaffer (guitare). Tout aussi efficace en studio qu’en live, ce premier morceau de “Plagues Of Babylon” est parfait pour engager les premières minutes de ce show. Par la suite, comme on pouvait s’y attendre, c’est sur ce dernier opus que va se concentrer une bonne partie du set. Il faut dire que leur récente sortie fut bien accueillie par la critique et par les fans; Stu Block s’affirme être un excellent frontman et un très bon chanteur, il est donc naturel de mettre en avant le dernier album en date. “Democide”, “If I Could See You” suivront, tandis que “Dark Saga” s’intercalera en ce début de gig. Jon et son fidèle couvre-chef en impose beaucoup, interagit avec puissance et attire l’attention de la foule. Côté droit, Luke et Troy se démène également, mais se marchent quelque peu sur les pieds, la scène étant petite et le côté opposé étant le terrain de M’ssieur Schaffer. “Something Wicked This Way Comes” (1998) et “The Dark Saga” (1996) seront les deux autres efforts qui seront très bien représentés au cours du set, avec respectivement quatre et trois titres issus de ceux-ci. Succès garanti avec ce mix de la fin des années 90 et le dernier opus en date. “Among The Living” sonne extrêmement bien en live, surtout avec cette introduction décousue qui n’annonce que la montée en puissance du dit morceau. Malgré l’intensité et la bonne réaction de l’audience, Iced Earth ne pouvait s’empêcher de ralentir la cadence avec “Blessed Are You” et “Peacemaker” mais cela ne va durer que l’espace d’un instant. “Cthulhu” remettra en avant les capacités vocales de Stu, en particulier les cris aigues, qui impressionnent beaucoup, tant en studio qu’en live. Cependant, un élément entache quelque peu, sa prestation. En effet, en observant la manière dont chante Stu, il était facilement remarquable que celui-ci a tendance à beaucoup bouger les bras, en tenant le micro, ce qui souvent coupait certaines notes et autres bouts de phrases; d’où un rendu parfois bizarre et non achevé. Cette première partie de set se termine avec deux titres de plus de sept minutes, à savoir “The End?” et “A Question Of Heaven”. Pour le rappel, “Dystopia”, l’éponyme de l’album en question fait son apparition, suivi de “Watching Over Me”, radoucissant l’ambiance, une fois de plus; et qui sera un des moments forts de la communion entre la formation et les fans. Le refrain sera à chaque fois repris par le public et même terminé, le morceau va redémarrer, quelques fans ayant continué à chanter les paroles. La fin est proche et il ne reste plus qu’un morceau, le premier morceau, du premier album du combo : “Iced Earth”. Une fin en roue libre qui sera entaché de deux évènements très regrettables; en effet, deux fans, qui slammaient pour leur plus grand plaisir, se sont faits expulser de la salle… Allez comprendre… Cela est purement scandaleux et par la suite “on” se plaint des concerts où l’ambiance est “morte”. Bref, les dernières notes sonnent et le groupe conclue ainsi sa prestation.

Une salle bien remplie, des premières parties d’excellentes factures sur une affiche cohérente et enfin une tête d’affiche qui assure presque deux heures de show ! La soirée est donc très réussie et il faudra patienter jusqu’en juin prochain pour revoir la bande à Schaffer sur les scènes du Hellfest. 2014 démarre fort.

Setlist :

Plagues Of Babylon
Democide
Dark Saga
If I Could See You
Disciples Of The Lie
Jekyll & Hyde
Among The Living Dead
Red Baron/Blue Max
Blessed Are You
Peacemaker
Vengeance Is Mine
Cthulhu
My Own Savior
The End?
A Question Of Heaven
—-
Dystopia
Watching Over Me
Iced Earth