
Ce soir, Paris accueille la dernière date du Back To Badlands Tour, une tournée anniversaire qui célèbre les dix ans de BADLANDS, premier album culte d’Halsey. Pour une artiste dont la carrière s’est bâtie entre esthétique dystopique, storytelling intime et ascension fulgurante, l’Olympia paraît presque trop modeste. Et pourtant : après six ans d’absence dans la capitale, c’est ici que la pop star américaine a choisi de renouer avec son public français. Autant dire que l’attente est électrique. D’autant plus que la soirée s’annonce exceptionnelle : aucune première partie, et plus de 2h30 de show ! En somme, le genre de soirée dont rêvent tous fans. RockUrLife est présent pour cet événement, et on vous raconte tout.
Mise en contexte
Avant même de mettre un pied dans la salle, la soirée démarre sur une note délicieusement rétro : on nous tend des lunettes 3D en carton, entièrement customisées dans l’esthétique visuelle d’Halsey. Un petit geste à l’ancienne, inattendu et surtout un souvenir gratuit qu’on glisse déjà précieusement dans la poche tout en se demandant à quoi elles pourront bien servir. À l’intérieur, l’attente est légère et festive. La foule bruisse d’excitation tandis qu’on découvre la scène : un écran géant trône au fond de la scène, encadré de led bars verticales qui courent jusqu’au plafond et forment une sorte de portail lumineux (pas encore allumé). Un large plateau surélevé attend les trois musiciens qui accompagneront Halsey ce soir, prêts à donner du relief au set. Un QR code s’affiche par moment à l’écran, invitant le public à rejoindre les réseaux de l’artiste. Et dans la fosse, impossible de manquer les fans hardcore : perruques bleu ou rose fluo, clin d’œil direct et assumé à l’iconique Badlands era. Une époque, une couleur, une communauté qui se retrouve pour vivre un moment de communion.
Une visite immersive des Badlands
Peu après 20h30, les lumières s’éteignent et nous basculons dans l’univers de Badlands TV, diffusé sur l’écran central. Le voyage commence avec “Gasoline”, puis l’incontournable “Castle”, qui transforme instantanément la fosse en trampoline géant, repris en chœur par tout le public. “Control” suit, et les visuels projetés (esthétiques dystopiques, glitches numériques, paysages désertiques stylisés) amplifient l’immersion dans l’univers sombre, brut et futuriste de l’album.
La première partie du concert est dense : plus de 25 chansons s’enchaînent quasiment sans pause. Halsey regroupe souvent plusieurs titres de BADLANDS, provoquant l’euphorie générale, comme “Strange Love”, “Haunting”, “New Americana” ou encore “Hurricane”. Elle navigue avec une aisance déconcertante entre pop mélodique et morceaux plus rock, plus agressifs, qu’elle interprète avec une énergie viscérale.
Proche de son public, elle parle beaucoup entre les titres, comme si elle s’adressait à des amis. Elle glisse même quelques mots en français. Elle nous confie qu’elle est en train de perdre sa voix, mais qu’elle donnera tout ce soir, qu’elle ne quittera pas la scène tant que la salle ne la poussera pas dehors. Certains morceaux révèlent en effet des notes plus difficiles à atteindre, sans que cela n’altère sa performance : elle reste constamment en mouvement, présente et habitée.
Le show est tellement captivant qu’il devient difficile d’isoler un moment en particulier. Les animations sur les écrans prolongent la narration, renforcent l’émotion et subliment chaque tableau.
Halsey propose également des versions revisitées, souvent plus rock, de certains titres emblématiques. On retient notamment “Closer”, accompagné d’une animation au style manga, ou encore plusieurs morceaux de son dernier album The Great Impersonator, comme “Dog Years” et “Ego”.
Après près d’une vingtaine de chansons, on nous invite à enfiler les lunettes 3D pour la suite du spectacle. Alors que “Colors, Pt. II” résonne, des feux d’artifice en 3D surgissent sur l’écran, avant que Halsey n’enchaîne sur “Colors”. Elle interprète ensuite des titres de sa période la plus récente. Parmi eux, “Lonely Is The Muse” marque particulièrement les esprits grâce à une mise en scène lumineuse et visuelle saisissante, nécessitant une dernière fois l’utilisation des lunettes 3D.
La première partie du concert s’achève enfin sur encore deux ou trois titres, dont le très apprécié “Young God”.
Un show très généreux et une fin un peu chaotique
Après une courte pause, Halsey réapparaît pour un encore annoncé comme aussi généreux qu’électrisant que le reste du set. Un moment attendu des fans, puisqu’ils sont invités à choisir eux‑mêmes les morceaux qui clôtureront la soirée. Pour l’occasion, l’artiste revient dans un hockey jersey “Badlands“, une pièce également disponible au merch, évidemment. L’idée est géniale sur le papier, mais dans la pratique, l’organisation se délite vite : débats interminables, désaccords, hésitations… le tout plonge cette dernière partie dans un joyeux chaos. Résultat : six chansons et demie finissent par être jouées, entrecoupées de longues discussions qui poussent même une partie du public à filer avant le bouquet final. On aurait aimé qu’Halsey joue certains titres en particulier, comme “Experiment On Me”. Elle aussi aurait adoré, mais nous rappelle que sa voix ne le permet pas ce soir. On retient pourtant plusieurs moments forts : le mashup “1121 x Die 4 Me”, “honey” qui enflamme instantanément la fosse, et surtout le retour de la B‑side “Alice Of The Upper Class”, ultra rock, rageuse, et taillée pour la scène.
Avant de quitter la scène, Halsey annonce son retour cet été en Europe pour une tournée des festivals avec un tout nouveau show. Rien n’est encore confirmé pour la France, mais on croise les doigts pour revoir très vite cette énergie brute et cette puissance scénique qui continuent de marquer chaque passage au fer rouge.






