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GUNS N’ ROSES @ Paris La Défense Arena (13/07/23)

Hormis une brève apparition au Hellfest l’an dernier, Guns N’ Roses n’a pas foulé les salles françaises depuis 2017. Adulés par certains, décriés par d’autres, chacun a sa propre expérience avec le légendaire groupe de hard rock. Le constat est indiscutable : un concert des Américains est toujours un événement. Entre une absence de six ans dans la capitale et leur récente prestation vivement critiquée au festival de Glastonbury, la question est sur toutes les lèvres : que reste-t-il de la splendeur et du passé sulfureux de Guns N’ Roses ? Une réponse à cette question s’imposait avec un passage à Paris !

GENERATION SEX

C’est à Paris La Défense Arena, plus grande salle fermée d’Europe avec sa capacité de 40 000 places, que Guns N’ Roses a décidé de se produire pour cette unique date en France. Bien que le concert n’affiche pas complet, l’Arena est bien remplie pour accueillir GENERATION SEX. Dès 18h, cette fusion des membres emblématiques de Sex Pistols et de Generation X offre un set mélangeant des titres des deux groupes. Un tour de chauffe énergique et honnête, mais qui, admettons-le, n’a fait que poindre l’impatience de retrouver les Guns N’ Roses. Les plus “matinaux” pourront au moins se targuer d’avoir vu Billy Idol en concert !

Un show aux dimensions hors norme

À 19h45, les sept musiciens de GUNS N’ ROSES investissent la gigantesque scène de Paris La Défense Arena. Menés par le trio d’origine, réuni depuis 2016, composé d’Axl Rose, de Slash et de Duff McKagan, les Américains entament le set avec énergie sur “It’s So Easy”. Rose, parcourant la scène de long en large, est très en voix malgré un son déséquilibré par un excès de basse. Avec un jeu de lumières sobre, des animations kitsch sur l’écran central et un escalier accueillant la batterie, la scénographie minimaliste invite à se concentrer sur l’essentiel : la musique. Les dimensions de l’Arena se font vite oublier grâce aux écrans à chaque extrémité de la scène. Ces derniers permettent de profiter de gros plans de chaque musicien en pleine action. Verte, rouge, noire, simple, double ou acoustique : Slash nous offre un défilé de ses plus belles guitares.

Entre le culte…

Sans surprise, le set s’articule principalement autour des albums mythiques Appetite For Destruction et Use Your Illusion I/II. Le poids des années, mêlé à l’inconstance vocale d’Axl Rose dans les aigus, ne restituent pas la grandeur d’âme des “Welcome To The Jungle”, “Double Talkin’ Jive” et autres “Rocket Queen”. Tâchons néanmoins d’essayer de voir le verre à moitié plein. L’esprit est là et chacun joue son rôle : Axl Rose est plus fougueux qu’il y a quelques années, Duff habite la scène de sa présence hors norme et Slash exécute ses solos en prenant des poses. Mais c’est bien sur le guitar hero que tous les regards sont rivés ce soir. Chemise ouverte sur son torse bronzé et en sueur, l’apparat autant que le talent du guitariste forcent l’admiration. À tel point qu’il éclipse parfois ses camarades au second plan, notamment Richard Fortus. Sans réelle complicité, mais dans la bonne humeur, les Américains revisitent leur répertoire, en incluant quelques raretés comme “Prostitute”.

…et l’hommage

Que serait un concert de Guns N’ Roses sans une série de reprises et d’hommages ? Si des titres tels que “Slither” de Velvet Revolver ou “Live And Let Die” peinent à toucher le public, les Californiens ont d’autres surprises dans leur besace. Grand moment de rock et de décadence quand Duff s’empare du micro pour reprendre “T.V. Eye” de The Stooges, rendant un bel hommage à son récent acolyte de scène, Iggy Pop. “Civil War”, superbement exécutée, prend une toute autre dimension lorsque l’écran se pare des couleurs du drapeau de l’Ukraine. Axl Rose n’a jamais nié le caractère politique et engagé du groupe. Et c’est tant mieux car le public, un peu timide ce soir-là, semble réceptif à cet hommage. “Knockin’ On Heaven’s Door” marque d’ailleurs l’un des rares moments de communion avec l’assemblée, Rose invitant enfin cette dernière à chanter. On en oublierait presque que c’est Bob Dylan qui l’a écrite en premier lieu !

Une dernière heure exceptionnelle

Déjà plus de deux heures de concert et un léger ventre mou commence à se faire sentir. Sans transition, Slash ponctue un solo de guitare plutôt anecdotique… sur les premières notes de “Sweet Child O’ Mine” ! Axl Rose a pu reprendre des forces pour assurer ce titre phare. L’audience n’a pas le temps de reprendre ses esprits qu’un piano fait son apparition sur scène pour “November Rain”. La pluie s’abat sur la scène de Paris La Défense Arena et le concert prend une autre tournure. Le chant de Rose est vraiment en place, Slash livre ses solos sous une pluie bleutée, le moment est proche du divin ! L’après rappel n’est pas en reste avec les ballades “Patience” et “Don’t Cry”, ainsi que le très rock “Coma” et sa section rythmique secouante. Axl Rose et sa bande assènent le coup de grâce avec le traditionnel “Paradise City”, clôturant un set de 3h30 !

Le verdict final

Peut-on reprocher à Guns N’ Roses d’avoir perdu sa fougue d’antan ? La réponse est non. Pour cette unique date en France, les Américains ont livré une prestation remarquable, tant sur la durée généreuse que sur la qualité d’exécution. L’énergie et l’enthousiasme déployés par les Californiens permettent d’oublier les problèmes de sons inhérents aux dimensions de l’Arena. Le culte est encore en vie et ce n’est pas le public, âgé de 7 à 77 ans, qui osera dire le contraire.

Guns N’ Roses Setlist Paris La Défense Arena, Nanterre, France, World Tour 2023