
Dans le cadre de sa tournée européenne INERTIA Tour, Grandson était de passage à La Cigale ce lundi 23 février pour un concert d’exception !
Pinkshift
C’est d’abord le groupe PINKSHIFT qui a l’opportunité d’assurer la première partie de la soirée, se produisant ainsi pour la première fois en France.
Le groupe originaire de Baltimore offre une fusion énergique de punk rock moderne et de guitares grunge saturées. Malgré un début de set timide qui souffre d’un mixage sonore capricieux, le groupe trouve son rythme et la performance gagne en intensité au fil des morceaux. La chanteuse Ashrita Kumar, véritable moteur du groupe, partage une énergie communicative qui finit par emporter l’adhésion du public.
Pinkshit propose une setlist principalement centrée sur son dernier album Earthkeeper, paru en août 2025. Mais c’est surtout le morceau “Burn the Witch”, issu du premier disque, qui déclenche une véritable décharge électrique dans la fosse.
Entre deux morceaux, le groupe rappelle ses racines militantes avec un discours engagé contre la police de l’immigration ICE qui sévit aux Etats-Unis. Également fidèle à l’esprit riot grrrl, Ashrita Kumar propose un “girl mosh pit” qui ravit le public féminin.
Grandson
Depuis son dernier passage en France, GRANDSON a progressé du Trabendo à La Cigale, preuve de sa popularité croissante.
Entre les sets, la salle patiente au son de “Killing In The Name”, premier aperçu d’une atmosphère contestataire qui régnera toute la soirée. Au stand de merchandising, une part des bénéfices est reversée à l’association Utopia 56. Cette initiative de soutenir une structure caritative différente à chaque étape de la tournée souligne la sincérité de l’engagement de l’artiste.
Les concerts de grandson sont réputés pour être extrêmement énergiques, et cette date parisienne ne fait pas exception. L’artiste débute son set avec “AUTONOMOUS DELIVERY ROBOT”, une entrée en matière qui annonce un concert aussi engagé que physique.
Les amateurs de INERTIA sont ravis, puisque l’intégralité de l’album est interprété ce soir. Paru en octobre dernier, l’ensemble regorge de pépites qui prennent toute leur ampleur en live. L’explosif “BURY YOU” monte la tension d’un cran, et sur “BELLS OF WAR” c’est littéralement le chaos dans la fosse.
Avec une scénographie très simpliste et sans artifice, grandson (Jordan Benjamin) assure le show grâce à sa prestance scénique et ses flows millimétrés. Le chanteur est accompagné d’un groupe de trois musiciens d’une grande solidité. Le guitariste et le bassiste s’invitent d’ailleurs au centre d’un circle pit en fosse sur le morceau 6:00.
Protest music
A l’image de ses textes, grandson ponctue l’ensemble du set de prises de paroles engagées. Utilisant la musique comme véhicule de protestation, il joue notamment sa reprise très réussie de “Master Of War” (Bob Dylan), dont les mots résonnent toujours autant avec l’actualité, 60 ans après le morceau original.
L’artiste fait également une dédicace à son collaborateur Bob Vylan, récemment privé de tournée américaine pour avoir tenu des propos engagés, avant de lancer le percutant “WHO’S THE ENEMY”.
Après une ovation méritée du public, grandson se muni d’une guitare pour interpréter seul le morceau “Heather”. Un moment poignant qui touche particulièrement l’audience. Puis “Drones” remet tout le monde en jambe, et le tant attendu “Blood // Water” clôture le set avant un dernier rappel.
Tout au long du show, plusieurs fans s’invitent sur scène, jusqu’à l’investir complément sur le final explosif de “Stick Up”.
Seul bémol d’un concert pourtant réussi : des problèmes techniques récurrents viennent perturber le concert à plusieurs reprises. Dans l’ensemble, l’auditoire fait avec, et chante pour compenser les coupures de micro. Mais on regrette que ces accrocs soient venus parasiter l’intensité de moments clés, en particulier sur “Pull The Trigger”.
La Cigale a assisté à une belle démonstration de “protest art” musical, plus que nécessaire de nos jours. Porté par une énergie et une esthétique musicale propre, grandson est définitivement un artiste à expérimenter live.






