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GHOST @ La Cigale (07/12/15)

Ce lundi soir marquait enfin le premier show de Ghost en tête d’affiche dans la capitale, cinq ans après son premier album. Et c’est presque un euphémisme de dire que Papa Emeritus III et ses Nameless Ghouls étaient attendus, le concert affichant complet depuis leur passage à Rock En Seine en août dernier !

DEAD SOUL accompagne ses six compatriotes masqués sur la tournée européenne. Plutôt posée, la musique du trio oscille entre électro et blues. Et même si elle n’a absolument rien de déplaisant, il est rapidement frustrant et lassant de voir le groupe user d’autant de bandes. Si bien qu’on ne sait même plus ce qui est joué et ce qui est enregistré. C’est d’autant plus dommageable qu’il y a quelque chose dans la voix chaude du chanteur et la musique du combo qui pourrait être intéressant. Si tout était véritablement joué… La configuration (avec deux batteurs !) visible dans le clip de “Kill The Past”, et en concert habituellement, aurait certainement fait passer cette première partie à un tout autre niveau. Dans tous les cas, cela aura fait une ambiance (de fond pour certains) non désagréable dans l’attente de la tête d’affiche. A revoir pour juger du show du groupe au complet.

La Cigale est pleine à craquer et bouillonne quand résonnent les premières notes du religieux “Miserere Mei, Deus”, puis celles de l’angoissant “Masked Ball”. Avant même que GHOST monte sur scène, on sent déjà toute la théâtralité du show à travers ces deux intros qui posent parfaitement l’atmosphère. Et quand les musiciens, au complet avec le retour de Alpha, et Papa Emeritus III investissent la scène au son de “Spirit”, les fans exultent. Le son est tout simplement excellent, il est rare de ne pas ressentir le besoin de mettre les bouchons. Le backdrop est superbe, les jeux de lumière hyper travaillés et beaux, et le jeu de scène des Suédois étudié au poil. Il serait même largement permis d’affirmer que Ghost a atteint la perfection scénique, même si on imagine aisément qu’il a les ressources pour pousser l’expérience encore plus loin dans le futur. Une expérience visuelle qui colle parfaitement à l’expérience sonore afin de créer bien plus qu’un “simple” concert. Les nouveaux masques des Nameless Ghouls sont magnifiques et d’une classe qui donne une autre dimension à leur prestance. D’autant plus que les musiciens sont impressionnants, à la fois dans la maîtrise de leurs instruments et des mélodies ou des riffs, mais aussi dans leurs mouvements sur scène. Contrairement à ce que certains pourraient penser, un show de Ghost est tout sauf statique. Et c’est bien simple, si le charisme scénique devait être incarné par une formation aujourd’hui, il le serait définitivement par Ghost.

La première partie du concert se termine sur l’enchaînement imparable “Cirice” / “Year Zero”, deux des meilleures compositions des albums respectifs, “Meliora” (2015) et “Infestissumam” (2013). Un des très grands moments de la soirée. Puis Papa Emeritus III quitte la scène afin de se débarrasser de la coiffe et de l’habit papaux, et d’enfiler son costume années 20 comme la veille lors de la session acoustique à l’Hôtel Richmond Opéra. Le combo nous servira notamment le très beau “He Is”, l’inquiétant “Mummy Dust” et son solo de clavier à la fois digne des années 80 et futuriste, mais aussi le sexuel “Jigolo Har Megiddo” en version acoustique. Le public hurlera ensuite les refrains du “Ghuleh/Zombie Queen”, avant que la formation nous laisse sur l’excellente reprise du “If You Have Ghosts” de Roky Erickson.

Un seul et unique rappel avec le sublime “Monstrance Clock” qui clôt, dans une belle communion entre un groupe et ses fans reprenant les “come together”, une prestation tout simplement magistrale.

Que dire de plus, à part que la soirée fut magnifique en tout point pour ce qui aura sans aucun doute été pour beaucoup le concert de cette année 2015. Un Ghost à son apogée et un public tout acquis à sa cause, un son excellent, une ambiance terrible, et un show d’une qualité musicale et visuelle remarquable. Ghost a atteint aujourd’hui, et à juste titre, un statut d’incontournable, et il y a fort à parier qu’il ne tournera plus longtemps dans des salles de cette taille. Pour notre plus grand plaisir, les musiciens seront de retour pour de nombreuses dates en France en février, ainsi qu’en juin à la première édition française du Download Festival et au Hellfest : à ne pas manquer !

Setlist :

Spirit
From The Pinnacle To The Pit
Ritual
Con Clavi Con Dio
Per Aspera Ad Inferi
Body And Blood
Devil Church
Cirice
Year Zero
Spöksonat
He Is
Absolution
Mummy Dust
Jigolo Har Megiddo
Ghuleh/Zombie Queen
If You Have Ghosts
—-
Monstrance Clock