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FRANZ FERDINAND @ Zénith (27/02/18)

Tout semble rouler comme sur des roulettes pour le comeback du groupe de Glasgow. Après un concert intimiste au Point Ephémère en octobre dernier et la sortie d’un nouveau disque – “Always Ascending” début février chez Domino Records – plutôt bien reçu par les médias, le désormais quintette britannique entame fin février une tournée Européenne digne de ce nom, avec en guise d’ouverture un concert au Zénith De Paris, tel un cadeau au public français qui le soutient depuis tant d’années. Nombreux sont curieux de découvrir sur scène le nouveau Franz Ferdinand avec Dino Bardot à la guitare et Julian Corrie aux claviers/guitare, pour ce sixième Zénith en quatorze ans.

En plus du grand retour de Franz Ferdinand, ce concert du 27 février marque également celui de THE VACCINES sous les projecteurs français. Avec un nouvel album prévu pour fin mars – “Combat Sports” chez Columbia Records -, les Anglais enjoués offrent un set conséquent pour une première partie (quarante-cinq minutes et quatorze titres), adossés à un drap blanc presque glacial. Des nouveautés indie rock (l’ouverture “Nightclub”, “Your Love Is My Favorite Band”, “I Can’t Quit”) aux “golden oldies” comme appelés par le frontman Justin Young (“Wreckin’ Bar (Ra Ra Ra)”, “Post Break-Up Sex”, “If You Wanna”), la performance du quintette est efficace, galante, voire punk rock – notamment sur “Teenage Icon” – largement approuvée par la fosse. Du côté des lumières, l’ambiance colorée proposée ce soir se marie subtilement avec la setlist du groupe, avec des nuances très intenses et des effets rapides, dans la logique du dynamisme de The Vaccines. Alors que le chanteur tease du nouvel album “une collection de chansons “impétueuses, audacieuses et rock n’roll qui mixent mélancolie et euphorie”, c’est plutôt cette dernière que nous avons ressenti ce mardi soir, en plus d’une certaine forme redoutable.

 

 

21h15. Rideau et fin du suspense ambiant pour l’assemblée venue en nombre ce soir. Ecran géant en fond de scène projetant de la neige, vêtements chics pour certains, FRANZ FERDINAND met les petits plats dans les grands pour son important retour. Face à une fosse déchaînée, le leader Alex Kapranos garde son sang froid et débute un “Always Ascending” au style propre et à la performance visuellement forte. Si la nouvelle équipe semble au point au niveau musical, d’un point de vue scénique, le constat est différent : alors que Kapranos est hyperactif sur scène, le reste de la formation (à l’exception de Julian Corrie) est assez calme, très en retenue durant la majeure partie du set, dans un élan de concentration non pas religieux mais marquant. Après une introduction (s’il vous plait) en français plus que correct, le quintette ouvre le bal de son autoroute de best of et nouveautés, à la scénographie précise et de base divertissante. Ainsi, dès les premières notes de “The Dark Of The Matinée”, l’estrade prend une ambiance de stade, avec projection d’images live des musiciens, en bonus des quelques interactions de la formation avec le public.

 

 

Si les lights sont moins intenses que lors de The Vaccines, rapidement l’ambiance musicale l’est également. Alors que les anciennes chansons – “No You Girls”, “Do You Want To” dédiée à la première partie, “Walk Away”, “Michael” ou les incontournables “Take Me Out’ et “Ulysses” – sont chantées et appréciées volontiers de par leur passif, leurs interprétations paraissent au final un peu plates, non entièrement maîtrisées, manquant d’un petit quelque chose qui rendrait l’ensemble un peu plus spécial. Peut-être que ce sentiment de moleté est le résultat d’une setlist en grande partie composée de titres du nouveau “Always Ascending” (“Paper Cages” et sa frissonnante phrase d’outro “Step out of our paper cages”, “Lazy Boy”, “Glimpse Of Love”) et le rodage encore d’actualité du nouveau line up. Aussi, malgré de belles tentatives de Kapranos d’accaparation de l’audience à coup de son fameux saut jambes en l’air et visage sur le côté, le courant passe mais n’est pas aussi limpide qu’il aurait pu l’être, avec des longueurs maladroites et des axes à revoir. Il n’est jamais facile de continuer un projet avec des musiciens différents et il est certain qu’avec le temps, cette nouvelle facette de Franz Ferdinand fera l’unanimité comme d’antan. Surtout, il serait mentir de dire que l’atmosphère de cette soirée fût entièrement à revoir, au vu de la réactivité et de l’enthousiasme de l’auditoire présent, dont la sympathie générale permettra à tout un chacun de savourer ces 1h45 passées encore et d’en garder un souvenir non exceptionnel mais à fortiori sympathique.

 

 

Si l’on ne peut que saluer la carrière de FF depuis toutes ces années, la performance du Zénith fût un peu en demi-teinte, entre le bonheur d’entendre des classiques sur scène et une sensation de manque qui se maintiendra du début jusqu’à la fin.

Setlist :

Always Ascending
The Dark Of The Matinée
No You Girls
Paper Cages
Do You Want To
Lazy Boy
Glimpse Of Love
Walk Away
The Fallen
Finally
Michael
Slow Don’t Kill Me Slow
Take Me Out
Ulysses
—-
Feel The Love Go
Love Illumination
Huck And Jim
This Fire

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