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FRANK CARTER AND THE RATTLESNAKES @ Le Trabendo (13/03/18)

La carrière de Frank Carter n’a jamais été aussi fructueuse depuis que le Londonien tatoué est passé solo il y a trois ans déjà. Deux albums blindés de tubes et une activité épileptique sur les scènes du monde entier. C’est donc dans un Trabendo complet que Carter revient triomphant, un an et demi après sa Maroquinerie d’anthologie. Pour l’occasion, il est accompagné par les pop punkers de Woes et des Anglais de Demob Happy.

Nous pénétrons dans un Trabendo encore parsemé devant le set de WOES. Le groupe balance un pop punk joyeux et enlevé qui peine à trouver écho dans ce maigre public. Pourtant le groupe déploie une énergie vraiment positive et s’échine à profiter de ce moment le plus possible. Durant la petite demie heure qu’il lui est allouée, Woes envoie des chansons catchy à souhait et finit par s’en aller sous des applaudissements mérités.

L’ambiance se réchauffe considérablement à l’arrivée de DEMOB HAPPY sur scène. Le trio anglais a la chance de prendre place devant un public bien plus fourni que la formation l’ayant précédé. Servant un pub rock teinté d’influences très 70’s, Demob Happy contribue largement à ce que l’ambiance de cette soirée s’envole bien plus. Les chansons ont toujours un élément qui retient l’attention et qui encourage l’assemblée à réagir vivement aux sollicitations des musiciens. Le trio est très solide et déroule son set avec un professionnalisme étonnant pour une formation n’ayant qu’un seul album à son actif. Le groupe semble heureux de l’accueil que les Français lui réservent et rend parfaitement la pareille avec un set énergique et chaleureux.

 

 

Mais ne nous leurrons pas, la star de la soirée c’est FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES. Chaque personne présente dans la salle n’est là que pour lui et lorsque les lumières s’éteignent, on sent cette tension qui accompagne chaque entrée d’artiste prestigieux. Les Rattlesnakes entrent sous un tonnerre d’applaudissements avant que Carter, tout sourire, vienne prendre possession de la scène. Le groupe balance “Primary Explosive”, issue de “Blossom“, en ouverture avant de vraiment nous rentrer dans le lard avec “Fangs” et “Juggernaut”. Dix de set et le Trabendo est déjà un genoux à terre. Il va falloir tenir la distance car Carter, qui se tient debout sur la fosse sur la fin de “Juggernauts”, ne semble pas décidé à nous laisser du répit. Le son est excellent, puissant et clair à la fois. Evidemment, tous les yeux sont braqués vers Carter qui est d’une générosité rarement observée. Cependant, Dean Richardson n’est pas en reste et occupe une bonne place sur la scène, n’hésitant pas non plus à donner de sa personne pour échanger avec un public toujours plus réceptif.

 

 

Le set de Carter se déroule sans accroc, on sent que le groupe a écumé les routes ces dernières années tant sa complicité saute aux yeux. Carter anime parfaitement cette soirée, multipliant les interventions tantôt drôles, touchantes ou tout simplement engagées. Les textes de Carter sont toujours très personnels et intimes, c’est surement pour cette raison qu’il ressent le besoin de fournir quelques clés concernant le contexte entourant la chanson. Tout y passe donc : sa dépression avant de former la formation, le fait de rencontrer l’amour, Donald Trump. On ne pourra jamais lui reprocher un manque de sincérité. C’est justement après “Paradise” que la bande quitte la scène dans un noir qui ne trompera personne. Quelques instants suffisent à ce que le batteur de la formation revienne derrière son kit et nous gratifie d’un solo tout en groove et puissance, amorçant la sauvage “Snake Eyes”. Les Rattlesnakes reviennent plus forts que jamais, Richardson se permettant, lui aussi, de venir trôner sur la fosse dans un moment purement jubilatoire. Le Trabendo s’enflamme lorsque “Devil Inside Me” est annoncée, le tout avant de chanter, quasiment à la place de Frank Carter, chacune des paroles jouissives de “I Hate You” en guise de conclusion à cette mémorable soirée.

 

 

Si le doute n’est déjà plus permis depuis un bon bout de temps, Frank Carter et ses Rattlesnakes s’imposent comme de véritables valeurs sures de la scène rock internationale. Belle reconnaissance pour cet artiste entier et généreux qui offre une bouffée d’air frais dans le rock mondial devenu particulièrement paresseux ces dernières années. La triomphale tournée européenne qu’il conduit en ce moment en atteste, s’il continue sur sa lancée, on se demande qui pourra arrêter Frank Carter avant le sommet.

Setlist :

Primary Explosive
Fangs
Juggernaut
Vampires
Wild Flowers
Spray Paint Love
Acid Veins
Loss (Part 2)
God Is My Friend
Jackals
Trouble
Real Life
Paradise
—-
Snake Eyes
Lullaby
Devil Inside Me
I Hate You

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Nathan Le Solliec
LE MONDE OU RIEN