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FRANK CARTER AND THE RATTLESNAKES @ Bataclan (24/02/24)

Dans la foulée de la sortie du très réussi Dark Rainbow le mois dernier, Frank Carter And The Rattlesnakes lance sa tournée mondiale afin d’en présenter les contours sur scène. Une date qui fera dire au groupe sur son compte Instagram à quel point “il est dur de mettre des mots sur ce que ce show représente pour nous”. RockUrLife était présent pour tenter de remplir cette mission, à l’occasion d’une soirée exceptionnelle au Bataclan.

The Mysterines

La longue file d’attente pour un vestiaire archi-complet nous confirme d’entrée que ce concert est très attendu. Cette affluence représente une belle opportunité pour THE MYSTERINES de séduire une salle comble. Pas de quoi effrayer les jeunes Anglais, revenant d’une tournée des stades en compagnie d’Arctic Monkeys. La formation nous vient de Liverpool, déterminée à rappeler que le berceau des Beatles fourmille toujours de créativité. Relativement statique, le groupe mise sur un son massif teinté de grunge pour embarquer le public. Soutenu par de jolis jeux de lumière, le quintette peut compter sur un atout de poids : le charisme de sa chanteuse.

Tout au long du set, Lia Metcalf fait la démonstration de sa superbe voix soul, rappelant celle de Brody Dalle (The Distillers) et le mysticisme de PJ Harvey. Il y a quelque chose d’assez hypnotique dans cette combinaison de basses maussades et de guitares lourdes. La prestation nous séduit notamment avec la dynamique “Hung Up” ou l’intense “Dangerous”. Les Britanniques profitent de cette tournée pour donner un avant-goût de leur prochain album. En attendant le 7 juin prochain, plusieurs extraits sont joués ce soir, dont le récent single “Stray”. Les Anglais reviendront en novembre à La Boule Noire confirmer cette première et intrigante impression.


Frank Carter And The Rattlesnakes

Le changement de plateau permet de se réchauffer les cordes vocales au son de Royal Blood ou encore Queens Of The Stone Age. L’audience connaît ses classiques et accueille comme il se doit l’un des fleurons du rock anglais, FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES. Oubliez le Frank torse nu dévoilant ses tatouages. C’est désormais un dandy qui nous fait face, arborant une rose épinglée à son plus beau costume. Joignant le chant à la tenue, le frontman commence son numéro de charme avec la doublette du nouvel album Dark Rainbow “Can I Take You Home” / “American Spirit”.

La formation nous avait indiqué en interview qu’intégrer les nouvelles compositions “avait été facile et très agréable“. Force est de constater qu’elles n’ont eu aucun mal à s’insérer dans la setlist, avec pas moins de huit d’entre elles jouées ce soir. Mieux, le passage en version live a pour effet de décupler l’intérêt porté à certains titres. “Superstar” se révèle par exemple totalement explosif, magnifié par une délicieuse théâtralité. Au point de d’ores et déjà postuler au statut de futur incontournable.

Il est frappant de constater le virage opéré par la bande. Alors que les précédents shows étaient l’occasion de multiplier les moshpits, ce concert montre que les Rattlesnakes se sont éloignés du hardcore des débuts pour évoluer en un groupe de rock plus sage mais également plus profond. Si “Self Love” commence à faire remuer les spectateurs, “Devil Inside Of Me” est l’étincelle qui fera décoller l’ambiance. Comme de coutume, personne n’est laissé pour compte, et surtout pas les spectatrices, qui sont invitées à intégrer un pogo 100% féminin sur “Wild Flowers”. Une bienveillance toujours aussi plaisante pour les deux sexes.

Le frontman multiplie les gestes d’affection et révèle qu’il attendait de jouer depuis très longtemps dans ce lieu spécial. Il interprétera tout spécialement la très rare “Paradise” pour l’occasion. Une belle attention qui ne fera en rien retomber l’ambiance, “My Town” faisant à son tour trembler le Bataclan. L’amour et le partage sont partout ce soir, montrant que les “Cupid’s Arrow” ne sont que dans la setlist. Même “Brambles”, peut-être le morceau le moins convaincant, est marqué par un sourire complice et une belle accolade entre le chanteur et son guitariste. De quoi nous mener tout naturellement à des “Happier Days”, prolongé d’une outro acoustique sur laquelle Frank s’applique à faire répéter le refrain. Tout un symbole, car le meilleur reste en effet à venir.

Un finish rempli d’émotion

Alors qu’on se dirige tranquillement vers le rappel, le show va prendre une dimension inoubliable avec l’interprétation de “End Of Suffering”. L’intensité des paroles, couplée à la présence de sa mère dans les gradins, submerge alors Frank d’émotions. Ce dernier ne peut achever le morceau sur sa déchirante conclusion (“your happiness will be the end of suffering“) et regagne les coulisses en larmes. Un moment d’une intensité rare, auquel répondra admirablement l’auditoire par une ovation ininterrompue jusqu’à la fin du rappel.

Le groupe revient finalement sur scène, avec une reconnaissance palpable. L’occasion de reprendre le chant ? Pas tout de suite, car le frontman repère un spectateur armé d’une pancarte et décide de l’inviter sur scène. Sortant de nulle part, le jeune homme prendra le micro sur “Crowbar”, pour mettre littéralement le feu à la salle. Non seulement le chant est parfaitement assuré, mais l’énergie déployée est absolument folle. Un moment tout simplement cathartique après toutes ces émotions, que ne fera certainement pas redescendre le long crowdsurfing du chanteur sur le classique “Lullaby”. Visiblement comblé, ce dernier déclarera que ce set était facilement le meilleur jamais joué. La salle laisse bruyamment éclater sa joie, le sol tremble, les gorges vibrent pour le plus grand plaisir des Anglais. La clameur se poursuit alors sur “I Hate You”, après que Frank ait précisé en souriant de ne pas le prendre personnellement. “One more?” Question purement rhétorique, mais alors que certains espéraient “Juggernaut”, c’est le single phare de Dark Rainbow “Man Of The Hour” qui permettra une dernière fois de confirmer la qualité des nouvelles compositions.


L’ultime ovation accompagnant l’étreinte des musiciens en dit long sur la générosité de ce concert qui laissera un souvenir impérissable aux fans présents. Les autres pourront se consoler en retrouvant Frank Carter & The Rattlesnakes au Hellfest ou encore à Rock En Seine. On a déjà hâte.

Frank Carter & The Rattlesnakes Setlist Le Bataclan, Paris, France, Dark Rainbow World Tour 2024

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