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FLEET FOXES @ Le Trianon (21/11/17)

Enfin de retour après six années d’absence avec un nouvel album, “Crack-Up”, les Américains auront mis la patience de leurs fans à rude épreuve. Pour l’occasion, le groupe jouait deux soirs de suite à guichets fermés au Trianon de Paris. RockUrLife vous raconte la deuxième soirée.

NICK HAKIM et ses musiciens se présentent d’abord devant un public encore clairsemé mais rapidement acquis à leur cause. Les compositions du New-Yorkais mêlent soul et R’N’B avec finesse, aidées en cela par de sacrées lignes de basse et une batterie groovy à souhait, et avec tout ça, on songe bien souvent aux univers de formations comme Unknown Mortal Orchestra. Certes plus réservé que la veille, limitant ses petites danses et ses envolées vocales au minimum, Nick Hakim est parvenu à faire inscrire son nom dans bien des têtes ce soir.

 

 

Changement d’ambiance sensible lorsque FLEET FOXES débarque sur la scène du Trianon. En guise de bonjour, Robin Pecknold, visiblement pas encore remis de l’accueil que leur a réservé le public parisien la veille, commence déjà à remercier les spectateurs pendant que les cinq autres musiciens prennent place. Pour les premiers titres, le groupe met en avant “Crack-Up”, un choix que la majorité de l’assemblée a visiblement du mal à assimiler. Non pas que l’interprétation de ces morceaux pose problème, mais l’ambiance contrastée et progressive qui est aussi celle du dernier album plonge tout le monde dans la contemplation, ou peut-être l’ennui pour ceux qui n’auraient pas eu l’idée de jeter une oreille sur ce pourtant excellent troisième effort studio.

 

 

Mais avec Fleet Foxes, les choses vont vite sur scène, parfois trop, entre accordages express et changements d’instruments avant même la fin des chansons. On a à peine le temps de se remettre de cet enchaînement que le set prend une tournure best of : après un petit tour par des extraits de l’acclamé “Helplessness Blues” qui mettent immédiatement toute l’audience dans le bain, c’est au tour de l’éponyme de 2008 de réveiller les cordes vocales. L’intemporelle “White Winter Hymnal”, les woh oh de “Ragged Wood” et le refrain entêtant “Your Protector” sont de sortie et il est facile de transformer les animations vidéo oniriques qui passent dans le fond de scène en visions de larges plaines à la végétation luxuriante et d’horizons montagneux. Une petite séquence “Crack-Up” contenant notamment le single “Fool’s Errand” se glisse avec succès cette fois, avant que “Blue Ridge Mountains” et autres “Mykonos” portent la soirée à son comble. Pendant que Morgan Henderson prépare la contrebasse et la clarinette basse, Robin Pecknold finit son thermos d’eau chaude et lance les arpèges de l’épique “The Shrine / An Argument”, qui se révèle être une expérience parfaitement intense sur scène.

 

 

Politesse oblige, mais possiblement sincère tant le musicien semble reconnaissant, Pecknold parle déjà du séjour de son groupe à Paris comme le “highlight of the tour”, formule qui se transforme pendant le rappel en “highlight of the year”. L’assemblée parisienne, dans laquelle on peut d’ailleurs repérer de nombreux étrangers, le lui rend bien et fournit chœurs et clappements de mains sur “Montezuma” et “Oliver James” pour lesquels Pecknold revient lors du rappel, avec pour seuls compagnons sa guitare acoustique et son incroyable voix. Les retrouvailles s’achèvent enfin avec le retour des autres musiciens sur scène, dans une superbe interprétation de “Helplessness Blues”.

 

 

Après plus d’une heure et demie de concert, les Fleet Foxes quittent enfin la scène du Trianon sous les applaudissements de l’assemblée qu’ils ont largement régalé au cours des deux soirées.

Setlist :

Arroyo Seco
Cassius, –
– Naiads
Grown Ocean
Battery Kinzie
White Winter Hymnal
Ragged Wood
Your Protector
The Cascades
Mearcstapa
On Another Ocean
Fool’s Errand
He Doesn’t Know Why
Blue Ridge Mountains
Tiger Mountain Peasant Song
Mykonos
Third Of May
The Shrine / An Argument
Crack-Up
—-
Montezuma
Oliver James
Helplessness Blues